GUILLEMIN Xavier

Par Claude Pennetier

Né le 21 août 1864 à l’île Maurice, mort le 2 mars 1948 à Boulon (Calvados) ; ouvrier sans spécialité puis comptable ; militant socialiste puis communiste, syndicaliste et coopérateur ; maire de Villejuif (1925-1926).

Xavier Guillemin vint à Paris à l’âge de dix-huit ans ; il s’installa dans le XIIIe arr., et adhéra au groupe d’études sociales de Plaisance affilié au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (allemaniste). Il fut initié à la coopération par Allemane et Hamelin et devint membre, en 1893, de « l’Avenir de Plaisance » ; il en fut élu administrateur avec Hamelin et demeura quatre ans secrétaire. En 1895, il compta parmi les fondateurs de la Verrerie ouvrière et, en 1900, de la Bourse des coopératives socialistes dont il fut élu secrétaire. Accusé de malversations, il ne fut pas réélu en 1910. Une commission chargée d’examiner sa gestion, au congrès de Calais en 1911, le lava de cette accusation, mais retint contre lui celle de négligence. Il fut alors employé quelque temps au Magasin de Gros. Il s’adonna également à la coopération de production et il fut un temps directeur de la coopérative des ouvriers et ouvrières de sacs en papier. Maurice Dommanget l’a vu ainsi : « C’était un étrange et curieux personnage que Guillemin, sorte de bohème du travail et de la littérature, car il avait fait tous les métiers et s’essayait à versifier. Doté d’une faconde de commis-voyageur et tenant du camelot, il en imposait à beaucoup, suscitant chez d’autres l’animosité par son débraillé, sa trivialité et son esprit d’intrigue. Capable de tout et de se mettre à tout, il n’en était pas moins convaincu et sincère, dévoué corps et âme à la Bourse dont il a porté les coopératives de seize à près de cinq cents. »

En 1900, il avait été délégué au congrès socialiste de la salle Wagram par la Bourse des coopératives socialistes et par la coopérative parisienne « La Famille ». Un Guillemin figura l’année suivante au congrès socialiste de Lyon. Il faisait partie de la délégation du Pas-de-Calais et de celle de la Seine.

Guillemin anima la section du POF puis du Parti socialiste SFIO de Bicêtre. Élu conseiller municipal en 1912, il adhéra au Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920). Les communistes quittèrent le conseil municipal de Bicêtre en 1923. Guillemin s’installa dans la commune voisine, Villejuif, en 1924. Il dirigea avec succès la liste communiste aux élections municipales de mai 1925. L’assemblée municipale l’élut maire mais, dès janvier 1926, il donna sa démission « pour raisons de santé ». Il se retira chez sa fille à Boulon (Calvados) où il fit de la propagande communiste et se présenta aux élections cantonales.

Guillemin avait collaboré à de nombreux journaux et revues socialistes : La Revue socialiste, La Petite République, l’Humanité, et rédigé le Bulletin des coopératives socialistes. Il est l’auteur de quelques chansons humanitaires.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73155, notice GUILLEMIN Xavier par Claude Pennetier, version mise en ligne le 5 août 2009, dernière modification le 27 octobre 2009.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Les Dialogues des coopérateurs, 15 p. — Coopération ouvrière et pratique.

SOURCES : J. Gaumont, Histoire de la coopération, op. cit., t. II. — Chevalerie du Travail, op. cit., p. 162. — Arch. Dép. Seine, DM3, versement 10451/76/1. — Arch. Com. Villejuif. — S. Roujeau, L’implantation du Parti communiste français à Villejuif pendant l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1973.

ICONOGRAPHIE : J. Gaumont, Histoire de la coopération, op. cit., t. II. — Brizon et Poisson, La Coopération, op. cit., p. 231.

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