VERDURE Augustin Joseph

Par Gilles Pichavant

Né le 5 mars 1825 à Remilly-Wirquin (Pas de Calais), mort le 28 avril 1873 en déportation en Nouvelle-Calédonie ; instituteur à Saint-Quentin (Pas-de-Calais), cordonnier, comptable à Paris ; socialiste ; adhérent de l’AIT ; maire du XIe arrondissement de Paris en 1871 ; franc-maçon.

En 1851, Augustin Verdure était instituteur à Saint Quentin (Pas-de-Calais). Il fut destitué par l’administration impériale dans le cadre d’une cabale menée contre lui, sous prétexte qu’il était ambitieux et républicain. Le conseil municipal, unanime, démissionna pour protester contre cet acte de l’administration.

Alors qu’il était révoqué, quelques parents continuèrent de lui confier leurs enfants. Il fut alors poursuivi pour ouverture illicite d’une école. Le tribunal de Saint-Omer l’acquitta, mais celui de Douai le condamna. Il dut cesser son activité d’instituteur et devint cordonnier, puis émigra à Paris. Il fut membre d’une société de consommation et d’une société de crédit mutuel.
Il adhéra à l’Association internationale des travailleurs, milita dans les clubs. Devenu franc-maçon, il fut président d’une loge en 1871. Il fut caissier de La Marseillaise, le journal de Rochefort, où il fut aussi rédacteur de comptes rendus relatifs à des sociétés ouvrières. Dans le numéro du 23 juillet 1870, il écrivit un article favorable à l’émancipation des femmes.
Il fit des voyages en province, est-ce pour le compte du journal, ou pour celui de l’AIT, car le commissaire d’Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) le signale comme s’étant déplacé dans cette ville, « à l’occasion des sociétés corporatives » pour rencontrer les militants locaux de l’Internationale (voir Louis Fossard).

En 1870, il fut porte drapeau du 194e bataillon de la Garde nationale pendant le siège de Paris. Après l’armistice il souhaita se rapprocher de sa région d’origine, et y fit des démarches pour trouver un emploi. Lors de son procès, il déclara être à Lille, et donc pas à Paris, le 18 mars 1871.

Augustin Verdure fut élu conseiller municipal dans le 11e arrondissement lors des élections du 26 mars 1871, par 18000 voix, soit les trois quarts des électeurs. Il déclara, lors de son procès, ne pas y avoir été candidat. Il fut élu maire du 11e arrondissement de Paris, dont il démissionna le 15 mai. Il siégea à la commission de l’enseignement de la Commune de Paris.

Il devait apporter son concours au concert prévu le 25 mai 1871 au grand amphithéâtre de la Sorbonne par le 119e bataillon de la Garde nationale, sous la présidence de Dominique Régère, membre de la Commune, et de Blin, colonel de la Ve légion, au bénéfice des blessés, prisonniers, veuves et orphelins de la Ve légion. Voir Agar.

Arrêté lors de la semaine sanglante, Augustin Verdure comparu, le 17 août 1871, devant le 3e conseil de guerre siégeant à Versailles, en compagnie de 16 autres prévenus de la Commune : Théophile Ferré, Adolphe Assi, Raoul Urbain, Alfred Billioray, François Jourde, Alexis Trinquet, Louis Champy, Dominique Régère, Charles Luillier, Paul-Émile Bartoul, Paschal Grousset, Ferrat, Baptiste Descamps, Victor Clément, Gustave Courbet, Ulysse Parent. Il fut défendu par les avocats Me Hubert Vallereau et Me Manchon. Un 18e prévenu, Maxime Lisbonne, malade, ne fut pas jugé ce jour là.

Augustin Verdure fut déclaré coupable d’attentat contre le gouvernement, d’excitation à la guerre civile, de levée de troupes armées, sans ordre ni autorisation de l’autorité légitime, d’usurpation de titre et de fonction. Les accusations d’incendie, d’assassinat, d’arrestation arbitraire, et séquestration de personnes ne furent pas retenues contre lui. Des circonstances atténuantes furent admises en sa faveur.

Il fut condamné à la déportation. Détenu au fort Boyard, il fut embarqué à bord de la Guerrière qui arriva à Nouméa le 2 novembre 1872. Il mourut fin avril 1873 à la presqu’île Ducos. Son enterrement civil fut suivi par plusieurs centaines de proscrits.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article72452, notice VERDURE Augustin Joseph par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 28 mai 2019.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Murailles... 1871, op. cit., p. 565. — Procès des membres de la Commune. Compte rendu "in extenso" des débats du conseil de guerre... Avec les portraits des accusés Éditeur : De Laporte (Bordeaux), 1871. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55000644 — Arch. Dép. de Seine-Maritime, cote 2U2704, dossier "Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871" ; lettre du commissaire central d’Elbeuf au préfet de Seine-Inférieure. — Le Rappel, 16 août 1873. — Notes de Louis Bretonnière et de Julien Chuzeville.

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