SANGLIER Eugène, Charles, dit Fourny, dit Vincent

Né à Pont-à-Mousson (Meurthe) le 19 juin 1826 ; marié, père d’un enfant ; vannier, ex-courtier en vins déclaré en faillite le 24 septembre 1869.
Sanglier habitait, 18, rue de Passy à Paris, XVIe arr. Il se faisait parfois appeler Fourny du nom de jeune fille de sa mère.

Le 19 septembre 1870, il signa, avec Cazavan, Closmadeuc, Lacambre, Magnier, Constant Arnould, Amiel, Massard et d’autres, l’adresse des anciens proscrits et condamnés politiques blanquistes au Gouvernement de la Défense nationale : "Nous avons refoulé dans notre cœur les sentiments de défiance que devaient nous inspirer certains noms... Mais les Prussiens souillaient notre territoire... Qu’avez-vous fait de notre confiance, de celle du peuple ?... Incapables d’énergie, sachez vous retirer. Votre pusillanimité perd la République universelle ... Si jamais dans Paris des traîtres ou des timides élevaient la voix, comptez sur nous pour les réduire au silence. C’est le moment de vous rappeler que que l’audace est un rempart .“

Le 19 mars 1871, il fut arrêté à Passy alors qu’il tentait de convaincre les hommes des 24e et 72e bataillons de la Garde nationale acquis à l’Ordre de se ranger sous le drapeau du Comité central. Il fut quelques jours plus tard échangé contre le général Chanzy (témoignage d’Albert Delpit).

Membre de l’Internationale, il appartint, durant la Commune, à la commission municipale du XVIe arr. Il fit également partie, avec Eugène André, E. Dacosta, J. Manier et Rama, de la commission parisienne pour l’organisation de l’enseignement et il il signa à ce titre l’affiche du 6 mai annonçant la prochaine ouverture de l’école professionnelle de la rue Lhomond et celle du 21 mai annonçant cette ouverture pour le lendemain 22 mai.

Il exerça également les fonctions de capitaine commandant les Pupilles de la Commune.
Le 16e conseil de guerre le condamna par contumace, le 5 décembre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée.
Exilé en Belgique, où il arriva le 8 novembre 1873, il fit partie « de plusieurs sociétés de réfugiés » et s’occupait « beaucoup de la propagande des doctrines socialistes ». Fixé à Saint-Josse-ten-Noode, il fut gracié le 29 mai 1879.
ŒUVRE : Nos premiers pères, coup d’œil sur l’Ancien Testament (n’est pas à la Bibl. Nat.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article70586, notice SANGLIER Eugène, Charles, dit Fourny, dit Vincent , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 7 août 2015.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/864, n° 6594. — Arch. PPo., listes de contumaces. — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté n° 271597 (en 1880). — J.O. Commune, 6 mai 1871. — Murailles... 1871, op. cit., p. 438. — Albert Delpit, Huit jours d’histoire. Le commandement de l’amiral Saisset du 19 au 25 mars 1871, Paris Lachaud, 1871, p. 25. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971. – Notes de Michel Cordillot et Louis Bretonnière.

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