RUBAUD Louis

Imprimeur sur étoffes ; délégué par la section de Neuville-sur-Saône (Rhône) au 2e congrès de l’Association Internationale des Travailleurs tenu à Lausanne du 2 au 8 septembre 1867.

Rubaud suivit avec assiduité les séances du congrès et répondit à treize appels sur les quinze qui furent faits. Avec Ailloud de Vienne (Isère), Palix et Schettel de Lyon et Chassin de Villefranche-sur-Saône, il déposa une protestation, votée à l’unanimité par le congrès, contre les agissements de la police de Tournon (Ardèche) à l’égard du Lyonnais Richard A. venu organiser une section dans cette ville. Il fit également partie de la commission de cinq membres chargée de mettre au point une adresse collective au Congrès de la Paix réuni à Genève.
Rubaud avait rédigé un rapport en vue du congrès, et les vœux qu’il émit sont révélateurs de son idéologie, du moins en 1867. Il pensait alors que l’époque était « essentiellement vouée aux problèmes pacifiques et intelligents » et que « les efforts violents » ne pouvaient « utilement aboutir ». Des liens étroits doivent unir tous les travailleurs du monde et ces liens ne seront établis qu’« en constituant un capital ouvrier pouvant se mettre en opposition au capital privilégié » ; capital ouvrier formé « par tous les membres adhérents à l’Association Internationale, par des efforts individuels et égaux pour tous ses membres [...] se traduisant par une cotisation fixe, mensuelle et uniforme, et ne pouvant être élevée ou abaissée que par un congrès ». Rubaud, qui déplorait que l’« éloignement des travaux intellectuels de ce siècle » qui est le sien et celui de ses camarades, ne leur permette pas de répondre aux questions posées par le Bureau de Paris, souhaitait que l’AIT « cherche à faire la lumière par tous les moyens utiles parmi tous les travailleurs par l’instruction, et cela par la création d’un organe que l’on appellerait le Moniteur de l’Association Internationale ». Dans cet ordre d’idées, il préconisait également que l’Association « organise par la voix de la fraternité bien entendue l’instruction mutuelle par tous ses membres ». Tout programme ne saurait être réalisé, selon Rubaud, que par les membres de l’Association qui ne peuvent être « que des travailleurs, c’est-à-dire des ouvriers manuels ».
Deux ans plus tard, une longue grève des imprimeurs sur étoffes de Neuville-sur-Saône connut finalement un échec en dépit des secours financiers qui lui parvinrent de France et même de l’étranger. Nous ignorons la part qu’y prit Rubaud.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article70386, notice RUBAUD Louis, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 7 août 2013.

SOURCES : Procès-verbaux du Congrès de l’AIT réuni à Lausanne du 2 au 8 septembre 1867. — Testut, Le livre bleu de l’Internationale, pp. 43 à 45. — Testut, l’Internationale, pp. 73-74.

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