ROCHAT Charles, Michel, dit Alphonse, Philippe

Né à Paris le 1er mai 1844 ; comptable ; célibataire ; secrétaire de la Commission exécutive durant la Commune ; membre du Conseil fédéral de l’Association Internationale des Travailleurs ; secrétaire de la section du Cercle des Études sociales en 1871 ; membre du Conseil général de l’Internationale en 1871-1872.

Du 11 janvier au 16 mars 1869, Rochat fut détenu à Sainte-Pélagie pour cause politique. Fin avril 1870, alors que la police de l’Empire préparait le plébiscite du 8 mai en arrêtant les principaux dirigeants de l’Internationale sous la double inculpation de complot et de société secrète, Rochat s’éleva publiquement avec ses camarades du Conseil fédéral parisien contre cette accusation, en revendiquant pour l’Internationale le droit d’être la « conspiration permanente de tous les opprimés et de tous les exploités » (cf. La Marseillaise, 2 mai 1870). En septembre de la même année, il était membre, avec Johannard, Serraillier, Briosne, du Comité républicain du IIe arr. (cf. J. Dautry, L. Scheler, Le Comité central républicain des vingt arrondissements de Paris, Paris, 1960) et, en février 1871, il fit partie de la commission chargée d’élaborer les nouveaux statuts du Conseil fédéral de l’Internationale (Voir Theisz pour les conclusions du rapport élaboré le 15 mars suivant). Le 22 février, au cours d’une séance du Conseil fédéral, il intervint, demandant « qu’on oblige en quelque sorte les internationaux à adhérer aux sociétés de résistance. C’est là, dit-il, un devoir primordial pour tout socialiste et il est absolument indispensable de constituer solidement toutes les sociétés corporatives. Car là seulement est notre vraie force pour l’avenir ».
Rochat, qui habitait à Paris, rue Saint-Denis (n° 282, 330, 380 ?), fut capitaine d’artillerie pendant la Commune et secrétaire de la commission exécutive. Il commanda en mai cinq pièces d’artillerie à la porte Maillot, trois jours avant l’arrivée des troupes de Versailles.
Par contumace, le 4e conseil de guerre le condamna, le 18 février 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique.
Rochat fit alors partie du Conseil général de l’Internationale (cf. lettre de Marx à Bolte, 25 août 1871). Il assista à la Conférence de Londres (17-23 septembre 1871) dont il fut le secrétaire pour la langue française, sans y être délégué, et il y remplit, avec Constant Martin, les fonctions de secrétaire-greffier. Il devint, le 2 octobre suivant, secrétaire-correspondant du Conseil général pour la Hollande et signa comme tel les Résolutions de la Conférence de Londres.
Selon un rapport figurant aux Arch. Nat., Rochat « aurait été expulsé de Naples en 1872 à cause de la propagande révolutionnaire à laquelle il se livrait », mais il y a peut-être erreur. À Londres, il ne put trouver d’occupation régulière et arriva le 24 mai 1872 en Belgique où il travailla dans une usine de produits réfractaires à Quaregnon (Hainaut). En 1879, marié, père de famille, il était accablé de difficultés matérielles sans perdre de vue pour autant le mouvement ouvrier. Il habitait alors Saint-Ghislain-lez-Mons où il s’était marié. Il fut gracié le 5 juin de cette même année.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article69930, notice ROCHAT Charles, Michel, dit Alphonse, Philippe , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 2 avril 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/860, n° 3921. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil (n° 897). — Arch. PPo., listes de contumaces. — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté, n° 252692 (en 1880). — M. Molnar, Le Déclin de la première Internationale. La conférence de Londres, 1871, Genève, Droz, 1963. — Archives Bakounine...,I->, vol. I, 2e partie. — M. Vuilleumier, « la Correspondance du peintre Gustave Jeanneret », Le Mouvement Social, n° 51, avril-juin 1965. — Les Séances officielles de l’Internationale à Paris pendant le Siège et pendant la Commune, Paris 1872 — Correspondance F. Engels-K. Marx et divers publiée par F.A. Sorge dans œuvres complètes de F. Engels, Paris, Costes, t. I, 1950. — Lissagaray, Histoire de la Commune, Paris 1892.

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