REYMOND Joseph, Roch

Né à Peyrins (Basses-Alpes) le 22 avril 1824 — il existe un Peyrins dans la Drôme, mais non dans les Basses-Alpes. Des recherches faites en avril 1879 ont d’ailleurs permis de constater qu’au greffe du tribunal civil de Castellane (Basses-Alpes), il n’y avait ni condamnation ni acte de naissance applicables. Reymond J.-R. est dit marié, père d’un enfant. Il est dit également qu’il vécut en concubinage avec une nommée Zoé Bonneau dont il eut deux enfants.
Ouvrier lithographe, Reymond s’était toujours occupé de « menées politiques » et « aurait été proscrit en 1851 ». Il habitait, en 1871, 60, rue Saint-Sabin, XIe arr. Il habita également, 73, rue du Four-Saint-Germain, VIe arr.
Reymond travaillait comme lithographe à Marseille vers 1850. À Paris, il fut employé pendant une dizaine d’années, 3, rue Garancière, VIe arr., par un fabricant d’estampes religieuses. Il était vice-président de la Société de résistance des imprimeurs-lithographes — Voir Dict., t. IV, p. 74 — rue Pernety, n° 9, à Paris, XIVe arr., et fut, à ce titre, délégué au congrès de l’Internationale à Lausanne, en 1867. Il fut assidu aux séances — il ne manqua qu’un appel sur quinze — et fit partie de la commission de cinq membres chargée d’étudier la septième question de l’ordre du jour : « La privation des libertés politiques n’est-elle pas un obstacle à l’émancipation sociale des travailleurs, et l’une des principales causes des perturbations sociales (chômage) ? Quels sont les moyens de hâter ce rétablissement des libertés politiques ? Ne serait-ce pas la revendication par tous les travailleurs du droit illimité de réunion et de la liberté illimitée de la presse ? »
Incorporé au 83e (ou 85e) bataillon de la garde nationale pendant le Siège, puis membre de la commission municipale du VIe arr. et contrôleur des boucheries municipales de l’arr., il conserva cette fonction durant la Commune.
Le 3e conseil de guerre le condamna par contumace, le 17 avril 1874, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il n’avait encouru auparavant aucune condamnation.
Il ne résida jamais à Genève, semble-t-il (recherches de M. Vuilleumier), mais on le confondit parfois avec Rémond Jean, Joseph — Voir ce nom. Arrivé en Belgique à une date indéterminée, il se fixa à Bruxelles le 5 juillet 1874.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article69611, notice REYMOND Joseph, Roch , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 26 juillet 2009.

ŒUVRE : Rapport du Congrès international de Lausanne 1867, 4 p. lithographiées, par l’Association d’ouvriers lithographes Guillaumin et Cie, Paris, s.d. (on trouve ce rapport à Arch. PPo., B a/438, pièce 3515).
Un Reymond — est-ce lui ? signa le Manifeste antiplébiscitaire des Sections parisiennes fédérées de l’Internationale et de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières. À tous les travailleurs français. Citoyens ! (Signé) pour l’AIT : Combault A., Reymond, Germain Casse, Berthomieu, Lafargue, Lefèvre E., Johannard J., Franquin J. ; pour la Chambre : Theisz A., Camélinat, etc... Paris. Impr. E. Voitelain et Cie, s.d. (1870) in-8° 2 pp., Bibl. Nat., Lb 56/2648.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/859 B, n° 3267. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil, n° 1632. — Arch. PPo., listes de contumaces. — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté n° 280091 (en 1880). — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971. — Notes de M. Cordillot.

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