RÉGNIER Antoine, Arnoux

Né le 13 juillet 1816 à Lyon (Rhône) ; demeurant à Paris, 78, rue Sedaine (XIe arr.) ; marié, père de deux enfants en 1872 ; membre de l’Internationale.

Ouvrier tisserand, Régnier, vers février 1869, laissa sa femme et son fils à Paris et se fixa à Elbeuf (Seine-Inférieure). Dans cette ville, au dire du premier président de la Cour de Rouen (29 juillet 1871, cf. Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, p. 126), « les progrès [de l’Internationale] ne commencèrent à devenir vraiment dangereux qu’à une époque où vint un nommé Régnier, qui sut, par sa facilité d’élocution, attirer à lui la classe ouvrière. Il parvint à fonder un cercle fédéré qui fut inauguré le 24 février 1870 ». À la même époque, les membres d’une « corporation d’ouvriers » de Louviers (Eure) lui demandèrent d’assurer la présidence de leur association adhérente de l’Internationale et qui était en proie à des dissensions intestines (cf. Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, p. 127). Voir Vaughan E.

L’activité de Régnier lui valut d’être condamné, le 31 août 1870, par le tribunal correctionnel de Rouen — ainsi que Creuzot, Jullien P. et Piéton

— À trois mois de prison et 100 F d’amende (Aubry É. eut six mois de prison et 500 F d’amende) pour affiliation à l’Internationale (d’après O. Testut, l’Internationale, op. cit., p. 181, et Arch. PPo., B /439). Le commissaire de police d’Elbœuf le caractérisait alors ainsi : « Intelligent, rusé. Il a un commencement d’instruction convenable. Il exerçait une influence dangereuse sur les ouvriers qui se groupaient en grand nombre autour de lui. »

Fin mars 1871, Régnier revint à Paris et, le 6 avril, fut incorporé dans la 12e compagnie du 180e bataillon où son fils était déjà enrôlé et, le 9, suivit sa compagnie à Vincennes. Quelques jours plus tard, il fut délégué à la mairie de son arr. pour répartir des subsides aux familles des fédérés nécessiteux et, de ce fait, accomplit de fréquents voyages entre Vincennes et Paris. Le 2 mai, il fut arrêté à la gare de La Varenne-Saint-Hilaire et accusé d’être un espion au service de la Commune.

Le 15e conseil de guerre le condamna, le 20 février 1872, à la déportation simple. Le 23 septembre 1878, le gouverneur de Nouméa écrivait à son sujet : « Bonne conduite, bonnes mœurs, fréquente les déportés qui professent des idées politiques avancées. » Il bénéficia de la remise de sa peine le 14 février 1878 et de l’obligation de résider le 15 janvier suivant. Il rentra par le Calvados.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article69450, notice RÉGNIER Antoine, Arnoux, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 18 juin 2015.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/745. Rapport du 26 juin 1872 à la Commission des grâces. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871.

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