RALLI Zamfir, dit Z. K. Arbore ou Arbure

Par Notice complétée par Marianne Enckell et Adrian Tataran

Né à Cernăuţi (Bucovine, Autriche-Hongrie) le 4 novembre 1848 ; mort à Bucarest (Roumanie) le 2 avril 1933.

Descendant d’une ancienne famille boyarde de Moldavie, il commença ses études à l’académie médico-chiruricale de Moscou. Il fut emprisonné pour la première fois suite à la vague de répression déclenchée par l’attentat de Karakozoff contre le tsar Alexandre II, en 1866. Il essaya de poursuivre ses études à Saint-Pétersbourg, s’impliqua par la suite dans le mouvement révolutionnaire russe, connut Netchaïev et fut de nouveau arrêté en 1869. Emprisonné dans la fameuse forteresse de Pierre et Paul, il fut libéré sous caution en 1871 et en profita pour s’enfuir en Suisse.

Arrivé à Zurich, il prit rapidement contact avec Bakounine.
Il s’inscrivit en médecine à l’Université de Zurich. Il participa les 15-16 septembre 1872, sous le pseudonyme de Rouleff, comme délégué de la section slave de Zurich. au Congrès jurassien de Saint-Imier, puis il se fit ouvrier typographe à l’imprimerie russe installée en février 1873 à Zurich et qu’il contribua à financer. Il était plutôt connu à l’époque comme Z. Ralli (d’après le nom de son père).
Il devint secrétaire de Bakounine et prit en charge l’organisation des transports de littérature révolutionnaire en Russie par la frontière roumaine. Il est considéré aussi un des initiateurs du mouvement socialiste roumain, dont les débuts furent de cette manière plutôt anarchistes. Arbure fut un des fondateurs de l’imprimerie des révolutionnaires russes de Zurich, où il travaillait comme typographe et rédacteur.
À la fin de l’année 1873 il rompit avec Bakounine, dont il dénonçait les tendances centralistes et autoritaires. Il arriva à Genève et continua son intense activité publicistique et de propagande par l’écrit, dans une nouvelle typographie où étaient imprimées des brochures et des revues comme Rabotnik, parue en 1875, la brochure adressée aux révolutionnaires russes, en 1873, ou une histoire de la Commune écrite par Ralli pendant la même période.
Il fut un des 54 « proscrits de la Commune » qui signèrent l’adresse Au citoyen Garibaldi, 4 pages imprimées, Genève, 27 janvier 1875. (Archives Claris IFHS). Il figure sur une liste de proscrits envoyée le 4 avril 1879 par le Conseil d’État de Genève au Conseil fédéral (Berne).
Arrêté par la police suisse en 1874 sous soupçon d’avoir organisé un attentat contre un espion russe, il réussit de nouveau à sortir de prison grâce à l’intervention de Kropotkine, qui lui paya la caution. Fin 1876, il collabora également à l’almanach socialiste pour 1877 intitulé La Commune avec Elisée Reclus, A. Arnould, P. Brousse, et d’autres. En 1878, il publia à Genève la revue Obscina avec Nicolas Joukovsky. Il se lia d’une profonde et durable amitié avec Elisée Reclus, qui lui rend visite à Bucarest, après son installation définitive en Roumanie.

Fin 1876, il collabora également à l’almanach socialiste pour 1877 intitulé La Commune avec Elisée Reclus, A. Arnould, P. Brousse, et autres. En 1878, il publia à Genève la revue Obscina avec Nicolas Joukovsky.
Pendant la guerre russo-turque de 1877-1878, il décide da s’impliquer et d’organiser la propagande révolutionnaire et la distribution des publications subversives aux troupes russes stationnées sur le territoire roumain. Arbure resta dans le pays et y continua son activité. Il reçut la citoyenneté en 1881 et passa le reste de sa vie en Roumanie, où il écrivt et fit paraître plusieurs livres de mémoires détaillant ses années en Russie et notamment l’activité de la jeunesse nihiliste de l’époque, son exil suisse, ainsi que sa relation avec Bakounine et Netchaïev. Il mena aussi une intense activité de publiciste, en collaborant à plusieurs revues, Românul, Telegraful român, Lumea nouă, Dacia viitoare. Il continua aussi à publier des brochures comme Darwinismul social (1893) et des articles politiques ou théoriques qui témoignent en grande partie une vision anti-impérialiste, fédéraliste, révolutionnaire, opposée à l’antisémitisme et fortement marquée par sa jeunesse nihiliste. À part son activité politique il rédigea et publia un dictionnaire roumain-bulgare (1909), une grammaire russe (1902) et deux monographies très appréciées à l’époque, Basarabia în sec. XIX (1898) et Dicţionarul geografic al Basarabiei (1904). Il continua également à suivre les évolutions politiques en Russie. Il se déclarait solidaire avec les marins de Potemkine, essaya d’envoyer des pistolets aux révolutionnaires russes en 1905 et on le trouve également en compagnie de Trotski, qu’il reçut chez lui quand celui-ci arriva à Bucarest.
Sous son nom de Zamfir Arbore (le nom de sa grand-mère) il fut élu en 1920 sénateur pour la Bessarabie (après la Grande Guerre la province faisait partie de la Roumanie) et enseigna à l’Ecole supérieure de guerre.
C’est grâce à sa fille Ecaterina Arbore, agente du Komintern à Moscou (qui avait fui la Roumanie à cause de son activité militante et finit executée par l’ordre de Staline en 1937), qu’il a pu y publier en 1931 quelques chapitres de ses souvenirs sur Bakounine et Netchaiev, sous son ancien nom de Z. K. Ralli.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article69246, notice RALLI Zamfir, dit Z. K. Arbore ou Arbure par Notice complétée par Marianne Enckell et Adrian Tataran, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 1er mars 2017.

Par Notice complétée par Marianne Enckell et Adrian Tataran

ŒUVRE : Zamfir C. Arbure, În exil. Din amintirile mele, Craiova : Institutul de editură Ralian și Ignat Samitca, 1896. — Zamfir C. Arbure, Temniţă şi exil, ed.III, Bucureşti : I. Brănişteanu, 1923 — Z. C. Arbure : Nihiliștii (Din amintirile mele), București : Editura Librăriei Socecu, 1896

SOURCES : Max Nettlau, Bibliographie de l‘anarchie, Genève : Mégariotis Reprints, 1978 — George Woodcock, Anarchism : A History Of Libertarian Ideas And Movements, Cleveland : The World Publishing Company, 1962. — Maria Lidia & Martin Veith, Zamfir C. Arbure : Memoirs of an Anarchist in Romania, http://www.syndikalismusforschung.info/zamfireng.htm — Mihai Dim. Sturdza, Familiile boierești din Moldova și Tara Românească. Enciclopedie istorică, genealogică și biografică, vol.I, București, Ed. Simetria, 2004. — J. Guillaume, L’Internationale, op. cit. — Bakounine, Œuvres complètes, Paris, Champ libre, vol. 5 — F. Venturi, Les Intellectuels, le peuple et la révolution : histoire du populisme russe au XIXe siècle, Gallimard 1972 — Notes de M. Cordillot.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément