MIRAVETTE Simon

Par Guy Herbreteau

Né le 19 juin 1920 à Lumbreras, province de Murcia (Espagne) ; menuisier puis visiteur ; secrétaire du secteur fédéral CGT des cheminots de Tarbes (Hautes-Pyrénées) ; membre de la commission administrative de la Fédération des cheminots (1953-1975) ; membre du bureau, puis du comité fédéral du PCF des Hautes-Pyrénées (1953-1985).

Né dans une famille de six enfants, fils d’un petit commerçant qui tenait un bureau de tabac, Simon Miravette connut une enfance dure en Espagne, qui rappelle à bien des égards le roman Jacquou le Croquant. Un souvenir d’enfance en particulier vient à l’appui de cette appréciation : « Le comte du coin m’a tué un petit chien prétextant qu’il l’avait mordu alors qu’il était à cheval. Il est descendu et s’est fait frictionner les jambes par ma mère. » Un autre souvenir fait comprendre à quel point la vie était difficile pour ce jeune garçon d’origine populaire : « Dès que tu pouvais marcher tu allais au travail. À quatre ans, je gardais les oies, à six ans les moutons, à sept et huit ans je commençais à labourer. J’allais aussi avec mon père chercher le vin à Jamilla, trois ou quatre jours de marche à charrette tractée par des mulets. On couchait sur la paille avec les mulets. » En 1928, les parents émigrèrent et furent recrutés à Quillan (Aude). Après deux années scolaires, en 1930, Simon Miravette entra lui-même à l’usine pour y travailler pendant les vacances ; en fait, il ne la quitta plus.
Travaillant comme ouvrier chapelier à l’usine Thibet de Quillan, comme ses parents, il compléta les temps partiels par de petits métiers. Syndiqué depuis 1934, il fut collecteur du syndicat de la chapellerie à Quillan (Aude) jusqu’à la dissolution de la CGT en 1940. Ajourné du service militaire, il fit les Chantiers de jeunesse. Désigné pour aller travailler en Allemagne dans le cadre du Service de travail obligatoire (STO), il revint en permission et, réfractaire, ne repartit pas.
C’est suite aux conseils d’un oncle qui était cheminot à Béziers (Hérault) qu’il entra au chemin de fer. De plus, ayant dénoncé son ancien patron qui avait collaboré avec les Allemands pendant la guerre, Simon Miravette avait connu des difficultés à l’usine. En avril 1945, il embaucha à la SNCF comme ouvrier menuisier à Carcassonne (Aude). Il passa l’examen de visiteur en gare de Béziers et fut reçu troisième sur trois cents candidats. Mais en raison de son activité syndicale, il ne fut nommé visiteur que plusieurs années plus tard, après avoir été muté, en 1949, à Tarbes.
Dès son entrée à la SNCF, il s’engagea dans l’action syndicale. Membre du bureau du syndicat des cheminots, il devint responsable de la ST MT et diffuseur de la Vie ouvrière. Arrivé à Tarbes, il devint membre du conseil syndical. En 1951, il remplaça Jean Marty comme secrétaire du syndicat, puis devint en 1953 secrétaire du secteur fédéral de Tarbes en remplacement de Louis Bazerque. À ce titre, il fit partie du bureau de l’Union Sud-Ouest et de la commission administrative de la Fédération des cheminots de février 1953 à juin 1975. Il siégea au bureau de l’Union départementale CGT des Hautes-Pyrénées de 1957 à 1962 au moins.
Adhérent du PCF depuis avril 1945, il fut membre du comité fédéral de l’Aude puis, dès son arrivée à Tarbes, responsable du parti chez les cheminots et membre du bureau fédéral des Hautes-Pyrénées de 1953 à 1985.
Militant associatif dans les instances sportives, Simon Miravette devint en 1950 responsable du Tarbes Cheminots Sports Section Tennis de table, un des premiers clubs adhérents à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Depuis 1953, il est président du comité départemental FSGT des Hautes-Pyrénées. En 2001, il est toujours président du Foyer laïque de Tarbes Nord-Ouest. Joueur et entraîneur des jeunes, il affirme avoir réduit son activité pour des raisons de santé.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article6776, notice MIRAVETTE Simon par Guy Herbreteau, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 février 2012.

Par Guy Herbreteau

SOURCES : Comités fédéraux du PCF. — Renseignements communiqués par Simon Miravette.

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