PAGNERRE Gustave, Félix (parfois PAGNIÈRE)

Né à Etrépagny (Eure) le 2 mars 1824 ; feuillagiste ; membre de l’Internationale.

Pagnerre fut arrêté, lors du coup d’État du 2 décembre 1851, et désigné, le 10 janvier 1852, pour la transportation à Cayenne ; sans doute la peine ne fut-elle pas appliquée.
Il fut élu délégué des travailleurs parisiens de son corps de métier à l’Exposition universelle de 1867. Cela lui valut d’être membre de la Commission ouvrière fondée à cette occasion. Les autres membres de la délégation étaient Schibleur, Cochu et Bayeux (voir ces noms). Il habitait alors 11, rue de la Fidélité.

Pagnerre adhéra à l’Internationale avec la chambre syndicale des feuillagistes à laquelle il appartenait (8 février 1870 ; Dict., t. IV, p. 74).
Fin avril 1870, la police de l’Empire, qui préparait le plébiscite du 8 mai, arrêta les principaux dirigeants de l’Internationale sous la double inculpation de complot et de société secrète. Robin, qui rédigea une protestation, et ses camarades du Conseil fédéral parisien de l’Internationale qui la signèrent s’élevèrent publiquement contre cette accusation et revendiquèrent pour l’Internationale le droit d’être la « conspiration permanente de tous les opprimés et de tous les exploités » (La Marseillaise, 2 mai 1870) — voir Berthomieu.
Pagnerre fut impliqué dans le troisième procès de l’Internationale. Le 8 juillet 1870, il fut renvoyé de la prévention d’avoir appartenu à une société secrète, mais convaincu d’avoir, à Paris, fait partie de l’AIT non autorisée et condamné à deux mois de prison, 25 f d’amende, et, le cas échéant, quatre mois de contrainte par corps. Voir Eugène Varlin.
Membre également de la section de l’Est de l’Association Internationale des Travailleurs, Pagnerre signa le manifeste contre la guerre adressé aux travailleurs de tous pays, en juillet 1870 (cf. Dict., t. IV, p. 52). Il aurait, selon lui, démissionné de l’Internationale, en février 1871.
Le 28 août 1870, Pagnerre était écroué à la maison correctionnelle de Beauvais (Oise). Il en fut libéré le 5 septembre.
Avec ses amis du Comité central des vingt arrondissements auquel il appartenait, il présenta, le 15 septembre, les mesures d’urgence que le gouvernement de la Défense nationale aurait dû, selon les signataires, se hâter « de transformer en décrets pour le salut de la patrie et de la République ». Ces mesures intéressaient la sécurité publique, les subsistances et les logements, la défense de Paris et des départements. Voir Chassin Ch.-L.
D’après l’Enquête parlementaire..., op. cit., Pagnerre se rendit, le 25 avril 1871, pendant la Commune, à Etrépagny et à Vesly (Eure), pour présider deux réunions secrètes de l’Internationale, puis regagna Paris. On peut douter, sinon de la réalité du voyage, du moins de son but. D’après le dossier (Min. Guerre), garde au 153e bataillon fédéré, membre du Comité central (?), il fut délégué en avril par la Commune dans son département d’origine. Après la défaite de la Commune, Pagnerre fut arrêté à Etrépagny où il était revenu. Il fut condamné par contumace, le 15 avril 1872, par le 3e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article67406, notice PAGNERRE Gustave, Félix (parfois PAGNIÈRE), version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 11 mars 2019.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, 3e conseil, n° 389. — Arch. PPo B a/441 et listes de contumaces. — Enquête parlementaire..., op. cit., p. 128. — Troisième procès de l’AIT à Paris, op. cit., — J. Dautry, L. Scheler, Le Comité central républicain..., op. cit. — Eugène Tartaret, Commission ouvrière de 1867. 2e recueil des procès-verbaux des assemblées générales des délégués et des membres des bureaux électoraux, Paris, Imp. Lefebvre, 1869, 364 p. — Notes de R. Skoutelsky.

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