BEDON Christiane

Par Pierre Vincent

Née le 22 juin 1946 à Antigny (Vendée) ; employée puis agent de maîtrise ; secrétaire du comité central d’entreprise de la SNCF (1985-1993) ; membre de la direction fédérale (1976-2000) et secrétaire générale adjointe de la Fédération CGT des cheminots (1993-2000).

Issue d’un milieu ouvrier-petit artisan, sans attache particulière avec le monde ferroviaire, rien, a priori, ne disposait Christiane Bedon à entrer à la SNCF. Elle indiqua à Gilles Smadja, dans son ouvrage Trains de lutte, qu’elle « n’a suivi aucune filière familiale. Son itinéraire ? Classique, dit-elle. La Vendée, des études secondaires au lycée, un Bac qui ne vient pas, et les vingt ans qui arrivent. Classique encore : une série de concours, et la première place qui se présente est la bonne. Direction Paris, pour un premier travail d’employée de bureau au chemin de fer. » (p. 161) Christiane Bedon évoque rarement le drame qui la frappa, un mari qui se tua dans un accident de voiture, la laissant avec un enfant qui n’était pas encore né à ce moment-là. Il lui fallut faire face, oser et entreprendre, et elle rejoignit Paris avec son fils en bas-âge.

Le 3 mars 1966, elle devint employée stagiaire au service régional de l’Exploitation à Paris-Saint-Lazare. Elle restera dans cette filière et terminera sa carrière professionnelle comme chef de secteur administratif.

Elle participa aux luttes de mai 1968 mais réfléchit avant de s’engager. Marquée aussi par la guerre du Viet-Nam, elle choisit de s’engager d’abord au PCF. Un camarade lui ayant fait remarquer qu’il fallait également adhérer à la CGT, elle y adhéra en 1970.

Les responsabilités ne tardèrent pas au sein du syndicat de Paris-Saint-Lazare et dans les structures spécifiques au personnel administratif. En 1975, elle accéda au collectif national Administratifs. Elle fut élue à la commission exécutive fédérale au congrès de 1976 en tant que responsable de ce collectif. Au congrès suivant, en novembre 1979, elle accéda au bureau fédéral et au secrétariat avec une mission des plus délicates, l’organisation du travail fédéral notamment.

Christiane Bedon devint en 1985 secrétaire du comité central d’entreprise (CCE-SNCF) en restant membre du bureau fédéral. Elle garda cette fonction jusqu’en 1993. Le challenge était de taille ; dans une profession où l’accès des femmes à des postes de grande responsabilité n’était guère la norme, elle sut faire preuve d’un mélange de fermeté et de doigté. Elle vit un dirigeant de la SNCF prendre à son actif le fait d’avoir une femme à la tête du CCE, tentant ainsi de faire oublier qu’au sein des instances dirigeantes de la SNCF, la présence des femmes était à la portion congrue.

Au congrès de novembre 1993, Christiane Bedon fut élue secrétaire générale adjointe de la Fédération aux côtés de Bernard Thibault, devenu secrétaire général (en remplacement de Georges Lanoue) à ce même congrès. Lorsque le 46e congrès confédéral de Strasbourg de début 1999 élut Bernard Thibault secrétaire général de la CGT, elle assura l’intérim en attendant que Didier Le Reste soit élu secrétaire général fédéral au congrès de mai 2000. Lors de ce congrès, Christiane Bedon quitta ses responsabilités de secrétaire générale adjointe de la Fédération.

Par la suite, elle rejoignit l’Institut d’histoire sociale CGT des cheminots, dont elle devint la vice-présidente. Elle avait participé à sa mise en place au titre de la direction fédérale depuis l’installation de cette structure après le congrès de 1997.

Christiane Bedon fut décorée chevalier de l’ordre national du Mérite et chevalier de la Légion d’honneur.

Veuve de son premier époux, elle partagea sa vie avec Jean-Claude Roulet, qu’elle épousa ensuite. Lui aussi était cheminot, militant de la CGT et du PCF à Paris-Saint-Lazare, amateur et auteur de poésies.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article673, notice BEDON Christiane par Pierre Vincent, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 23 décembre 2008.

Par Pierre Vincent

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — La Tribune des cheminots. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Gilles Smadja, Train de luttes, Paris, Messidor, 1987, p. 161-171. — Notes de Jean-Pierre Bonnet. — Renseignements communiqués par Christiane Bedon.

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