MEZIRARD Louis

Né le 14 décembre 1813 à Corbeil (Seine-et-Oise) ; cheminot à Paris PO ; révolutionnaire modéré.

Son père était conseiller municipal et capitaine de la garde nationale depuis 1830. En Juin 1848, il était conducteur au chemin de fer d’Orléans à Paris et son influence sur les ouvriers de la gare était assez grande pour qu’il évitât que, avec leur aide, les insurgés ne mettent en déroute les gardes nationaux de Corbeil, venus à Paris sans munitions. Il ramena les gardes à Corbeil où il empêcha aussi les ouvriers d’incendier le château du papetier Darblay. Cependant, les opinions révolutionnaires qu’il manifestait au Club de la barrière des Deux-Moulins remontaient à 1831 où, comme clerc de notaire, il avait été poursuivi, en avril, pour provocation à crime et délit. Et, quand il quitta le chemin de fer pour se faire commissionnaire en liquides, il devint bientôt le commis d’un révolutionnaire actif, négociant en vins, 84, rue de l’Hôtel-de-Ville. Et c’est aux organisations ouvrières qu’il s’adressa pour faciliter le placement de ses vins. En décembre 1851, il parcourait la rue de Charonne où il était concierge du n° 97 (ancienne Ecole de commerce et propriété de Ledru-Rollin), en compagnie de quatre ou cinq représentants et, la pioche sur l’épaule, il gagna la rue des Boulets où l’on tentait de bâtir une barricade. Arrêté, il obtint sa libération à la suite d’une révision.

Pendant le Siège de Paris, il sert comme garde à la 5ème compagnie du 104e bataillon de la Garde nationale et est membre du comité d’armement du XIVe ; il participe aux combats autour de Paris du 19 janvier, délégué de sa compagnie, il est élu chef de bataillon le 19 mars par 237 voix sur 298 votants, il est au côté du général Duval tout au long des combats de Châtillon et est fait prisonnier le 4 avril 1871 par les troupes de Versailles, emprisonné à Belle-Ile, il est condamné le 6 février 1872 par le 12ème Conseil de guerre à 1 an de prison et 10 ans de privation des droits pour participation à l’insurrection. Il reprend une activité de concierge et décède le 12 janvier 1880 à Paris (14e). Sa veuve demande et obtient une pension de réversion au titre de la loi de réparation nationale du 30 juillet 1881 sur l’indemnisation des victimes du coup d’Etat de 1851

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article6692, notice MEZIRARD Louis, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 7 février 2018.

SOURCES : Arch. Min Guerre, B 100. — SHD 8 J 12e Conseil 191 ; CARAN. F 15 4082, dossier 84. — Notes de PH. Zaidman.

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