MINET Jules, Léon, Charles

Né à Paris le 18 janvier 1835 ; peintre sur porcelaine ; marié, père d’un enfant ; délégué au ministère des Travaux publics sous la Commune de Paris (Travail et Echange) ; secrétaire de la section de l’Internationale « Hôpital Saint-Louis », dont les réunions se tenaient, 9, passage Saint-Joseph, deux fois par semaine ; membre de la Chambre syndicale des ouvriers de la céramique adhérente de l’Internationale.

Délégué des peintres et décorateurs sur porcelaine parisiens à l’Exposition universelle de 1867, Minet fit partie à ce titre de la Commission ouvrière fondée à cette occasion (voir Bédigie).
Il habita en dernier lieu, 29, rue des Trois-Bornes, et 14, passage des Trois-Couronnes, à Paris, XIe arr. Lors des élections générales de mai 1869, il présenta, en compagnie de dix-neuf autres citoyens, membres comme lui de l’Internationale, un programme d’inspiration républicaine et socialiste (Testut, L’Internationale, op. cit., pp. 21-23). Il collaborait à La Voix du Peuple, organe des chambres syndicales (6 février-28 août 1869).
En mars 1870, il fut délégué avec Gillot, par la Société civile de crédit mutuel et de solidarité des ouvriers de la céramique de Paris, adhérente de l’Internationale, auprès de la corporation des porcelainiers de Limoges, Mehun-sur-Yèvre, Bourges, etc... pour aider ceux-ci à se constituer en association (Cf. Testut, L’Internationale, op. cit., p. 181).
Le 12 janvier 1871, à la séance du Conseil fédéral de l’Internationale, il fut désigné avec Bachruch, Frankel, Pindy, H. Goullé, Franquin, Varlin, Laporte, Theisz et Verdure pour faire partie de la commission de rédaction de la Lutte à outrance qui venait de fusionner avec La République des Travailleurs, organe des sections de l’Internationale des Batignolles et des Ternes (cf. Les Séances officielles de l’Internationale à Paris pendant le Siège et pendant la Commune, op. cit.). Il fut au nombre des 43 socialistes révolutionnaires présentés aux élections du 8 février par l’Internationale, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et la Délégation des vingt arrondissements de Paris. Il ne fut pas élu.
Avec Delahaye, Faron, Jacquier, Lemel, Martin L. et Petit, il fit partie de la commission exécutive de la commission d’enquête et d’organisation du travail créée sous la Commune et qui tenta de grouper toutes les corporations ouvrières de Paris.
Le 3e conseil de guerre le condamna par contumace, le 12 mars 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée.
Réfugié à Bruxelles, puis à Strasbourg à partir de janvier 1873. De cette ville où il vivait avec sa femme et sa fille, il écrivit à l’ambassadeur de France à Berlin, en avril 1879, pour lui expliquer dans quelle misère il se trouvait, travaillant à domicile, « les jambes complètement paralysées ». Il demandait un secours de façon à pouvoir rapatrier ses meubles avec lui. Considéré comme « ouvrier honnête », il était l’objet de « très bons renseignements ».
Il fut gracié le 8 mai 1879.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article66342, notice MINET Jules, Léon, Charles , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 8 octobre 2018.

ŒUVRE : Les délégations ouvrières du département de la Seine au gouvernement de la défense nationale. Signé : E. Tartaret, Minet, L. Lévy, Boulanger, etc... le 6 septembre 1870, Paris ; Impr. Lefebvre, s.d., in-8°, 1 p. recto, Bibl. Nat., Lb 57/3756.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/849 et 858, n° 3120. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil (n° 782). — Arch. PPo., listes de contumaces. — Eugène Tartaret, Commission ouvrière de 1867. Recueil des procès-verbaux des assemblées générales des délégués et des membres des bureaux électoraux, Paris, Imp. Augros, 1868, X-320 p. — L. Descaves, Philémon..., op. cit., p. 269. — G. Beaubiat, « L’Internationale à Limoges », articles du Socialiste du Centre, 2 et 6 juin 1907. — J.O. Commune, 17 mai. — Notes de R. Skoutelsky.

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