MERCIER Pierre, Antoine

Par Yves Le Maner

Né le 4 septembre 1873 à Somain (Nord), mort le 22 novembre 1931 à Somain (Nord) ; mécanicien cheminot ; maire socialiste, puis communiste de Villers-Campeau (aujourd’hui Somain, Nord) ; conseiller général.

Mécanicien à la Compagnie des chemins de fer du Nord, Pierre Mercier adhéra au Parti socialiste SFIO et à la CGT dès avant la Première Guerre mondiale. Élu maire de Villers-Campeau (aujourd’hui Somain, Nord) à la tête de la liste socialiste (poste qu’il occupa jusqu’à sa mort), il emporta la même année le siège de conseiller général du canton de Marchiennes. Nommé secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Somain en 1919, il fut l’un des premiers à faire campagne pour l’adhésion à la IIIe Internationale dans le Douaisis. Délégué du syndicat des cheminots de Douai-Somain au Ve congrès de l’Union départementale CGT du Nord tenu à Lille le 26 juin 1921, il fut l’un des principaux défenseurs de la motion minoritaire.
En décembre 1921, il assista au Ie congrès national de la CGTU qui eut lieu à Paris. Après avoir affilié son syndicat à la nouvelle confédération, Pierre Mercier abandonna le secrétariat du syndicat des cheminots de Somain à la fin de l’année 1922 pour se consacrer à son mandat de conseiller général qui venait de lui être renouvelé.
Très populaire auprès des militants de la base, il était considéré comme l’un des principaux dirigeants du rayon de Somain. Réélu au conseil général en 1928, il fut exclu du Parti communiste en 1929 pour « opportunisme politique ». Un article paru dans L’Enchaîné du 29 octobre 1929 donnait comme motifs « officiels » de cette exclusion le refus opposé par Mercier à une résiliation de son mandat qui expirait en 1934 ainsi que son télégramme de condoléances au gouvernement allemand à l’occasion de la mort de Stresemann. L’article concluait : « [le Parti] imposera à tous ses adhérents la discipline de fer qui doit être le propre d’un parti bolchevik. » En fait, cette affaire s’inscrivait dans le contexte général de la crise qui opposait un certain nombre des militants de la première heure aux conceptions politiques de la direction du PC.
Après le décès de Pierre Mercier, le siège de conseiller général du canton de Marchiennes échut à Victor Brachelet*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article6623, notice MERCIER Pierre, Antoine par Yves Le Maner, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 29 mars 2017.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 58/4, M 154/191, M 595/38 B et M 595/44. — J. Fontaine, Mémoire de Maîtrise, Lille III, 1974, op. cit. — État civil.

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