MÉHUDIN Marcelle, Blanche

Par Louis Botella et Marie-Louise Goergen

Née le 15 février 1900 à Paris (VIe arr.), morte le 1er juin 1992 à Maison-Laffite (Yvelines) ; employée puis chef de bureau adjoint aux Services centraux ; secrétaire de la Fédération FO des cheminots (1948-1951).

Fille naturelle d’Alice Méhudin, employée de commerce, Marcelle Méhudin, titulaire du brevet supérieur, entra aux chemins de fer le 2 novembre 1917 comme mineure auxiliaire. Elle fut commissionnée le 1er avril 1921 et elle effectua toute sa carrière au sein des Services centraux (titres et comptabilité, personnel). Elle prit sa retraite le 1er mars 1959 comme chef de bureau adjoint (cadre).
Elle milita à la CGT au sein de son établissement et fut élue déléguée du personnel au service des titres et de la comptabilité. Lors du premier congrès d’après guerre de la Fédération CGT des Cheminots, tenu du 5 au 9 août 1945, elle fut élue secrétaire de la STN Bureaux et siégea à ce titre au sein du bureau fédéral.
Elle fut l’un des signataires avec René Clerc, Fernand Laurent et Jean Bosmel, de l’appel de la minorité fédérale adressé aux syndicats pour leur demander de voter contre le rapport présenté par la majorité pour le congrès fédéral du début juillet 1947. Elle fut également, à la suite de ce congrès, l’un des signataires de l’appel lancé par le Comité d’action syndicaliste (CAS) en faveur de la création d’une nouvelle organisation syndicale. Le CAS vit le jour le 27 juillet à Paris. Elle fut élue secrétaire général administratif du CAS, auquel elle prêta son appartement pour l’indication de son siège légal.
Lors de la transformation, le 7 décembre, du CAS en Fédération syndicaliste des cheminots (FSC), elle conserva sa fonction. Elle fut désignée par la FSC pour la représenter au sein du comité de coordination FO-FSC, créé le 16 janvier 1948, présidé par Léon Jouhaux et chargé de fixer les modalités de la fusion envisagée entre les deux organisations. Elle fut chargée de présenter le rapport sur les statuts lors du congrès d’unification et constitutif de la nouvelle fédération FO, qui eut lieu du 1er au 3 mars 1948. Au cours des débats âpres et houleux sur cette question, elle exprima le souhait de voir le sigle FO disparaître du titre de la nouvelle organisation. Lors de l’élection par le conseil national des secrétaires fédéraux, elle obtint 35 voix sur 44 suffrages exprimés. Elle eut en charge les secteurs suivants : secrétariat administratif, documentation, suivi de la commission de reclassement mis en place par la SNCF pour examiner la situation de certains grades.
Elle participa également au congrès constitutif, en avril 1948, de la confédération Force ouvrière.
Lors de la réunion du bureau fédéral, le 22 décembre 1948, elle fut la seule des membres de cette instance à trouver des circonstances atténuantes au comportement de Camille Lacueille, secrétaire général de l’Union Sud-Ouest, mis sur la sellette depuis quelques semaines en raison de ses « activités fractionnelles ». Un congrès extraordinaire de cette union, tenu le 26 juin 1949, le démit de ses fonctions.
Le 14 décembre 1949, à la suite de la demande de la présidence de la SNCF adressée aux fédérations représentées au sein du conseil d’administration de l’entreprise de désigner une(e) suppléant(e) au titulaire, le bureau fédéral désigna Marcelle Méhudin, arrivée en tête avec 9 voix sur 30 suffrages exprimés, pour occuper cette fonction.
À la suite du congrès fédéral de mars 1950, une légère modification intervint dans la répartition de ses tâches. Elle s’occupa alors du suivi des travaux de la commission de la convention collective, assura la liaison avec l’Union des Secondaires et le secrétariat administratif de celle des Wagons-Lits.
Lors de la réunion du secrétariat fédéral, le 21 mai 1951, elle sollicita sa remise en service à la SNCF avec effet du 15 octobre 1951. Pour quelles raisons ? Différends avec ses collègues ? Lassitude et envie de faire autre chose ?
Elle fut adhérente ou sympathisante du Parti socialiste SFIO.
Marcelle Méhudin était la belle-fille d’Henri De Kerdelleau, membre du bureau fédéral des cheminots CGT au titre de l’Union Sud-Est, avant la Seconde Guerre mondiale. Elle se maria en juillet 1974 à Paris (IXe arr.) avec Charles Parmentier, ingénieur commercial de la SNCF en retraite.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article6575, notice MÉHUDIN Marcelle, Blanche par Louis Botella et Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 8 mai 2012.

Par Louis Botella et Marie-Louise Goergen

SOURCES : Arch. SNCF de Béziers. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Arch. Fédération CGT-FO des cheminots. — Le Rail syndicaliste, 1947-1948 (photo dans le n° de juillet 1947). — Comptes rendus des congrès fédéraux CGT, 1945 et 1947. — Comptes rendus des congrès confédéraux FO de 1950 et de 1952. — Georges Ribeill, « Autour des grèves de 1947... », op. cit. — Notes de Jean-Pierre Bonnet, de Noël Mazet, de Georges Ribeill et de Pierre Vincent. — État civil.

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