MASSEN Ernest.

Né à Chaumont (Haute-Marne) le 10 mars 1834 ; marié, père de deux enfants ; employé des postes ; chef du personnel et secrétaire général à la direction générale des Postes sous la Commune, « affilié à la franc-maçonnerie et à l’Internationale » — Voir Thirifocq E.

Massen entra dans l’administration des postes en 1855, exerça à Chaumont et Marseille, mais, en 1858, fut révoqué « pour mauvais vouloir persistant dans ses fonctions » (opinions politiques ?). Par la suite, il résida deux ans à Alger et à Constantine comme clerc d’huissier. Puis on le retrouve employé de commerce à Toulouse et personnage assez influent dans une compagnie de publicité agricole et industrielle. Il travailla finalement au dépôt des Petites-Voitures, mairie du XIXe arr., à Paris.
En 1869, il se livrait à une propagande en faveur de Rochefort, dans le quartier des Écoles, et y connut Millière, des rédacteurs de la Marseillaise, etc. À la fin de l’Empire, il se disait publiciste.
Durant le Siège, il ne fut pas mobilisé parce que réformé ; mais il participa à des réunions de clubs et, après l’armistice, fit le voyage de Chaumont ; s’y livra-t-il à la propagande pour l’Internationale ? Le 19 mars, Assi, camarade de Loge maçonnique, le prit à l’Hôtel de Ville comme secrétaire particulier. Il aida Theisz à organiser les postes et le remplaça pratiquement, son chef étant assidu aux séances de la Commune.
Pourtant, il ne fut pas inquiété après mai 1871, mais seulement en 1873, en partie pour des activités postérieures à la Commune. Il se présenta alors devant le 3e conseil de guerre comme un employé qui avait dû, sous la Commune, gagner sa vie et que ses collègues avaient élu chef du personnel. Après mai 1871, il travailla sans être inquiété à la mairie de la Villette, reconstituant l’état civil, les listes électorales, examinant le cas des Alsaciens-Lorrains. Il patronna au moins une coopérative qui se fédéra avec une autre association de la Boulangerie ; il appartint à une commission d’initiative qui envoya des délégués à l’exposition de Vienne, en 1873.
Sur un autre plan, il soutint des candidats aux élections, dont Clemenceau, médecin de sa famille. Peu de temps avant son arrestation, qui eut lieu le 30 décembre 1874, il collaborait au Travailleur de Lyon. Le 3e conseil de guerre le condamna, le 8 février 1875, à cinq ans de prison, peine réduite d’un an le 9 mars 1877 et remise totalement le 2 avril 1878.
C’est dans une lettre écrite à Theisz pendant la Commune, lettre qui ne figure pas au dossier des Archives nationales, que Massen affirmait ses qualités de membre de l’Internationale et de secrétaire d’Assi. Le 14 février 1875, s’adressant au président de la Commission des Grâces, Massen nia catégoriquement ces faits : « Jamais, écrivit-il, je n’ai été le secrétaire d’Assi et jamais à aucun titre je n’ai été membre de l’Internationale » ; et son avocat, en marge de la lettre, tenta l’explication suivante : « Il avait pris ces qualités pour obtenir ce qu’il demandait à Theisz. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article65685, notice MASSEN Ernest. , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 26 juillet 2009.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/814, n° 1701. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil. — Arch. PPo., B a/1 279.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément