LETOURNEAU Charles

Né le 23 septembre 1831 à Auray (Morbihan), mort le 21 février 1902 à Paris 6e arr.

Né en 1831 dans une famille bretonne très pauvre Charles Letourneau rêvait d’aller exercer à Paris. Dans un premier temps, « sans fortune et marié à une cousine pauvre », il n’y parvint point. Toutefois un héritage inespéré le tira d’embarras. Ceci ne le réconcilia toutefois pas avec une civilisation moderne qu’il accusait d’être « de plus en plus une civilisation mercantile, où position sociale, droit à une profession, genre de vie, mariage, même la durée de l’existence, tout en un mot est question d’argent. »
Républicain et socialiste (Franc-maçon il allait fonder la loge « le Matérialisme scientifique »), profondément influencé par le fouriérisme, ouvert au féminisme, il resta à son poste durant la Commune de Paris. Par arrêté du délégué au ministère de la guerre, le docteur Letourneau fut nommé, le 27 avril 1871, chirurgien major du 71e bataillon de la Garde nationale (J.O. Commune, 28 avril), puis, le 18 mai, chirurgien principal d’état-major à l’École militaire (J.O. Commune, 20 mai). Au lendemain de la Semaine sanglante, il fut contraint de s’exiler en Italie. Il s’installa à Florence de 1872 à 1878.
De retour en France après l’amnistie, il donna des cours à l’école d’Anthropologie de Paris. Parmi ses élèves figurait la toute jeune Madeleine Pelletier, qu’il prit sous sa protection (il lui fit obtenir une bourse d’étude lorsqu’elle se retrouva sans ressources) et guida dans ses lectures, lui faisant notamment découvrir Le Capital de Marx.
Charles Letourneau est l’auteur d’un ouvrage sur La Condition de la femme dans les diverses races et civilisations, paru en 1903.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article64480, notice LETOURNEAU Charles, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 14 janvier 2018.

SOURCE : Charles Sowerwine, Claude Maignien, Madeleine Pelletier, une féministe dans l’arène politique, Paris, L’Atelier, 1992. — Etat civil. — Notes de M. Cordillot.

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