LEROY (veuve), née Spinoy Marie, Alexandrine

Née le 4 juin 1850 à Rouen (Seine-Inférieure) ; communarde, déportée en Nouvelle-Calédonie.

Elle était la fille de Jean Louis Pierre et de Scolastique Adam (mariés à Bruxelles le 6 septembre 1845), demi-sœur d’Adolphe Spinoy (voir ce nom). Elle se maria à Alexandre Leroy, à Rouen, le 10 octobre 1866 ; il décéda le 5 décembre 1867 à Boussois. Le commissaire de police de Rouen la signala « comme ayant un caractère extravagant, fantasque, qu’a dû surexciter encore la passion des romans feuilletons ; intelligente et femme d’énergie, elle avait vécu dans l’inconduite avant son mariage et avait été simultanément, depuis son veuvage, la maîtresse de plusieurs individus dont les lettres sont au dossier » (rapport à la commission des grâces, 7 mai 1872). Résumant ce rapport en l’aggravant, on accusa la veuve Leroy de s’être livrée à la prostitution. Elle avait été condamnée à Paris, le 23 septembre 1868, à un mois de prison pour vol.

Pendant le Ier Siège, elle fit la connaissance au club de Pré-aux-Clercs d’Urbain qui devint membre de la Commune et elle fut sa maîtresse.
Pendant la Commune, « elle fit opérer des perquisitions et des réquisitions. Douée d’énergie pour le mal, on peut la considérer comme l’auteur principal des illégalités commises dans le VIIe arrondissement » (rapport de police). Elle appartint au « Comité des dames » qui s’occupa des orphelinats de la Garde nationale durant la Commune (Cf. Murailles..., op. cit., p. 397) — Voir femme Chauvet — et particulièrement de celui du VIIe arr.
Elle fut condamnée, le 18 septembre 1872, par le 3e conseil de guerre, à la déportation simple. Arrivée en Nouvelle-Calédonie le 8 décembre 1873, autorisée à résider au chef-lieu, elle fut renvoyée pour inconduite et internée sur sa demande à la presqu’île Ducos où elle travailla comme couturière. Le 11 décembre 1874, elle épousa le déporté Mair ou Jean-Jacques Nair ; depuis « elle n’a donné lieu à aucune plainte ». On dit d’elle en 1880 : « Bonne conduite, bonne moralité, vit en bonne intelligence avec son mari, déporté gracié » ; après la mort de Jean-Jacques Nair en février 1877, elle se remaria le 7 février 1878 avec Isidore Duvergier. Elle était employée comme comptable chez un charcutier à Nouméa. Sa peine fut commuée, le 15 novembre 1879, en cinq ans de bannissement ; elle rentra par le Navarin.
Elle mourut à Paris (Xe arr.) le 11 janvier 1933.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article64373, notice LEROY (veuve), née Spinoy Marie, Alexandrine, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 11 octobre 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/743, n° 2824 et H colonies 101 (sous le nom de Spinoy). — Notes de Jean-Pierre Bonnet.

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit., p. 317. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 174.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément