MARÉ Émile, Eugène

Par Jean-Claude Guillon

Né le 23 juillet 1894 à Aurions-Idernes (Pyrénées-Atlantiques), mort le 12 mars 1986 à Tours (Indre-et-Loire) ; cheminot ouvrier-ajusteur ; résistant ; syndicaliste CGT et communiste d’Indre-et-Loire.

Fils d’un sabotier et d’une ménagère, Émile Maré fit des études primaires puis, demeurant à Tours (Indre-et-Loire) dans le quartier Beaujardin, fut ouvrier ajusteur aux ateliers de la gare de Tours. Mobilisé le 5 septembre 1914 au 2e Génie à Montpellier (Hérault), puis au 2e Régiment mixte des zouaves tirailleurs de Constantine, il obtint la croix de guerre 1914-1918. Comme il l’écrivit plus tard, les horreurs de cette guerre le transformèrent en combattant de la paix.
À la fin des années 1930, il fut secrétaire adjoint de la section de Tours du Parti communiste. Le 12 juin 1940, il fut interné à Magnac-Laval (Haute-Vienne), hospitalisé fin septembre à Bellac (Haute-Vienne), d’où il s’enfuit pour revenir à Tours. Ayant retrouvé du travail aux chemins de fer, sous un autre nom, il fut à nouveau arrêté du 2 au 4 mai 1942, après un attentat contre des installations électriques, et mis en résidence surveillée.
Après la réunification de la CGT, le 17 avril 1943, Émile Maré fut chargé de reconstruire le syndicat des cheminots. Responsable du Front national auprès des cheminots, il participa notamment au sabotage du matériel. Le 11 novembre 1943, il organisa un arrêt de travail d’une heure (de 11 heures à midi) aux ateliers de Tours. Arrêté le lendemain, il fut torturé puis déporté à Mauthausen (Autriche), dont il revint le 2 mai 1945. Il bénéficia d’un séjour dans un centre de repos avant de reprendre le travail.
Retraité en 1949 et résidant à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), Émile Maré consacra son activité militante au syndicat des retraités cheminots et à la Fondation nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP).
Il fut titulaire de nombreuses décorations, dont la médaille militaire et la croix de guerre, et fut décoré chevalier de la Légion d’honneur.
Marié en juillet 1922 à Bordeaux (Gironde) avec Rosalie Sans, Émile Maré se remaria en juin 1953 à Tours avec Lucie Prévost. Divorcé en 1957, il eut comme compagne Marianne Seguin (veuve de Hilaire Seguin, mort en déportation), militante de l’Union des femmes françaises (UFF) et du Mouvement de la paix, conseillère municipale, décédée deux semaines avant lui.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article6342, notice MARÉ Émile, Eugène par Jean-Claude Guillon, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 13 avril 2012.

Par Jean-Claude Guillon

SOURCES : La Voix du peuple de Touraine. — Cahiers d’histoire sociale de l’Institut régional CGT d’histoire sociale du Centre, n° 13, juin 1992, p. 28. — Témoignages de Émile Maré sur son activité résistante. — État civil.

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