Née à Saint-Petersbourg (Russie) le 18 octobre 1844, morte à Paris le 12 octobre 1887 ; blanquiste ; membre de la section russe de l’AIT en Suisse ; combattante de la Commune de Paris.

Korvin-Krukovskaja Anna Vassilievna naquit à Saint-Petersbourg (Russie) le 18 octobre 1844 ; fille du lieutenant général d’artillerie Krukovskoj descendant d’une vieille famille de l’aristocratie russo-lithuanienne, Anna eut pour sœur cadette Sonia qui devint une éminente mathématicienne. Elle-même voulut écrire et, en 1864, Dostoevskij publia une de ses nouvelles, Le Rêve. L’année suivante, il la demanda également en mariage. Mais Anna refusa avec beaucoup de gentillesse, et une amitié sincère perdura entre eux.
Sa sœur et elle décidèrent alors de partir à Paris. Très réticent, leur père se laissa finalement convaincre parce que Sonia avait contracté un mariage blanc avec V. O. Kowalevsky. À Paris, Anna fréquenta les milieux blanquistes où elle rencontra Jaclard qui allait devenir son mari. Elle le suivit à Genève où il dut s’exiler. Là, elle fit partie du groupe russe adhérent de l’Internationale qui se constitua au printemps de 1870. En septembre, elle revint à Paris où elle habita, avec Jaclard, 16, rue Biot, XVIIe arr.
Elle ne s’y fixa pas définitivement et y revint le 13 février 1871, venant de Strasbourg, en même temps que Jaclard.
Durant la Commune, elle appartint au Comité de Vigilance des citoyennes du XVIIIe arr. et fut déléguée aux hôpitaux et ambulances où elle soigna les blessés. Elle fut membre également de la commission « instituée pour organiser et surveiller l’enseignement dans les écoles de filles », qui comprenait les « citoyennes » Jaclard, André Léo, Périer, Noémie Reclus, Sapia (J.O. Commune, 22 mai 1871).
Du 22 juillet au 5 octobre, sa mère habita, 18, boulevard Saint-Michel, et fit des démarches pour aider sa fille et son gendre.
Par contumace, le 5e conseil de guerre la condamna, le 29 décembre 1871, aux travaux forcés à perpétuité pour « complicité de soustraction frauduleuse de divers effets au préjudice de M. de Polignac ». Elle n’avait subi auparavant aucune condamnation.
Jaclard et sa femme gagnèrent la Suisse puis, en 1874, la Russie. Ils vinrent en Suisse avant d’être, l’un et l’autre, graciés en 1879, Mme Jaclard le 5 juin. Ils revinrent habiter Paris l’année suivante.
Anna Jaclard mourut à Paris le 12 octobre 1887 et fut enterrée le 13 au cimetière de Neuilly.

œUVRE : C’est elle qui, probablement, a traduit en russe le texte de l’Adresse inaugurale de la première Internationale. (Cf. La Première Internationale, vol. III, A. Colin, Paris 1963). Elle est également l’auteure de deux textes publiés par Dostoievskij, et signés d’un pseudonyme.
Durant la Commune, elle aurait collaboré à la rédaction de La Sociale, 31 mars-17 mai.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Nat., BB 24/862, n° 5156. — Arch. Min. Guerre, 5e conseil, n° 152. — Arch. PPo., B a/1123 (dossier Jaclard). — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit. — M. Molnar, Le Déclin de la Première Internationale..., op. cit. — E. Thomas, Les « Pétroleuses », op. cit. — Woodford Mc Clellan, Revolutionary Exiles. The Russians in the First International and the Paris Commune, Londres, Cass, 1979. — Notes de Jean-Pierre Bonnet et Michel Cordillot

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