HARANG [parfois HARENG]

Par Gilles Pichavant

Fileur de laine à Elbeuf (Seine-inférieure, Seine-Maritime) ; secrétaire de l’Union corporative et fédérative des fileurs d’Elbeuf ; Membre de la Fédération rouennaise de l’Internationale

Harang fut le secrétaire de l’Union corporative et fédérative des fileurs d’Elbeuf à la fin du second empire, et au début de la 3e République. Cette organisation fut constituée à la veille de la grève des ouvriers fileurs d’Elbeuf à l’automne 1869. Elle bénéficia d’un soutien financier important de la part des différents groupes de l’Internationale, par l’intermédiaire d’Émile Aubry secrétaire-correspondant de la section de Rouen et de la Fédération rouennaise de l’Internationale. La police estima ce soutien de l’ordre de vingt-mille francs. Ce soutien politique et financier contribua fortement au renforcement de l’AIT dans le secteur d’Elbeuf à la veille de la guerre de 1870.

Harang fut membre important du groupe elbeuvien de l’internationale animé par Eugène Piéton, Fossard, et Régnier, dans lequel il faisait partie des « individualités assez ardentes », d’après la police, avec Deparnay, Mangeot, et Diot.

La police dit que « ces ouvriers avaient depuis longtemps des penchants socialistes, qui se seraient développés par les publications que leur envoyaient l’École socialiste, et aussi par la propagande que faisaient auprès d’eux le sieur Verdure, membre de la commune, dans ses voyages à Elbeuf, à l’occasion des sociétés corporatives. »

En mai 1870, il fut membre du Comité anti plébiscitaire d’Elbeuf. En août 1870, il fut candidat aux élections municipales d’Elbeuf. Lors du 1er tour, le 10 août, il obtint 527 voix sur 2325 votants (6340 inscrits.) Lors du second tour, le 17 août, il obtint 432 voix sur 1870 votants.

Harang protesta contre l’arrestation d’Émile Aubry, secrétaire-correspondant de la Fédération (L’Internationale, 15 mai 1870). (Voir aussi E. Vaughan)

En juillet 1871, la police dit de Harang qu’il était « passionné, de mœurs communaliste", mais qu’il n’était pas de taille à jouer son rôle », après le départ de Régnier pour la Commune de Paris, et l’arrestation de Fossard.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article61484, notice HARANG [parfois HARENG] par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 19 juin 2015.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. de Seine-Maritime, cote 2U2704, dossier "Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871" ; lettre du commissaire central d’Elbeuf au préfet de Seine-Inférieure. — Czeslav Cechura, Les Elbeuviens pendant la Commune de Paris, in Bulletin de la Société de l’Histoire d’Elbeuf, n° 51, Mai 2009.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément