GÉRARDIN Eugène [GÉRARDIN François, Eugène.]

Né le 26 mars 1827 à Herbigny, arr. de Rethel (Ardennes) ; ouvrier peintre en bâtiment ; marié, père d’un enfant ; militant de l’Internationale ; élu membre de la Commune de Paris, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Après le deuxième congrès de l’Internationale tenu à Lausanne en septembre 1867, le Bureau de Paris de l’Internationale renouvela sa commission. Elle comprit quinze membres ; Eugène Gérardin fut un des nouveaux élus et, avec Camélinat et Murat, fut un des trois secrétaires-correspondants — Voir Tolain. Les quinze membres de la commission démissionnèrent le 19 février 1868 après que des poursuites eurent été engagées contre eux. Le 20 mars, Eugène Gérardin fut condamné avec chacun de ses camarades à 100 F d’amende, la durée de la contrainte par corps étant fixée à trente jours. La condamnation fut confirmée en appel, le 29 avril, en cassation le 12 novembre. Eugène Gérardin affirma par la suite avoir quitté alors l’association.

Membre du comité républicain du IVe arr., il fut, en tant que délégué des vingt arrondissements, un des signataires de l’Affiche rouge du 6 janvier 1871, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer « la trahison » du gouvernement du 4 septembre et pour mettre en avant trois mots d’ordre : réquisition générale, rationnement gratuit, attaque en masse. Elle se terminait par ces mots : « Place au peuple ! Place à la Commune ! »

Eugène Gérardin fut élu à la Commune le 26 mars par le IVe arr. avec 8 104 voix sur 13 910 votants. Lefrançais, dans ses Souvenirs d’un révolutionnaire, l’a vu « ouvrier laborieux, intelligent, mais peu expansif et dont on ne sait au juste la pensée » (p. 399) ; les témoignages de Clère, Les Hommes de la Commune et même de Delion, Les Membres de la Commune et du Comité central, lui sont favorables. Il appartint, du 29 mars au 21 avril, à la Commission « Travail et Échange », puis, à nouveau, à partir du 12 mai. Il vota, le 1er mai, contre le Comité de Salut public et, le 15 mai, signa la déclaration de la minorité : « La Commune de Paris a abdiqué son pouvoir entre les mains d’une dictature à laquelle elle a donné le nom de Salut public. » — Voir Jourde.
Gérardin demeura dans sa mairie jusqu’au 23 mai. Replié ensuite sur le XIe arr., il combattit avec les fédérés, le 27, puis se rendit aux Prussiens qui le livrèrent. « Il ne paraît pas avoir pris part aux opérations militaires de l’insurrection et il semble même s’être opposé à toute mesure de violence ». Membre de la société « Agis comme tu penses », association de libres penseurs, il avait écarté de son arrondissement les enseignants congréganistes, mais il est établi qu’il contribua à faire mettre en liberté le curé de Saint-Eustache et deux vicaires de Saint-Merri.
Le 16e conseil de guerre le condamna, le 25 janvier 1872, à la déportation simple. Sa grâce fut rejetée le 14 mai et il fut envoyé à l’île des Pins. Il bénéficia de l’amnistie le 15 janvier 1879.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article60250, notice GÉRARDIN Eugène [GÉRARDIN François, Eugène.], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 14 juillet 2019.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Nat., BB 24/741, n° 2275. — Procès de l’Association Internationale des Travailleurs. 1re et 2e commission du Bureau de Paris. — Procès-verbaux de la Commune de 1871, op. cit.

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