GAUSSERON Henri [GAUSSERON Bernard, Marie, Henri.]

Né le 20 octobre 1845 à La Mothe-Saint-Héraye (Deux-Sèvres), mort en 1913 à Machonville-Rouxmesnil (Seine-Inférieure) ; avocat, professeur ; communard ; militant blanquiste.

Né de Jean-Bernard (1821 - 1896), receveur à cheval pour les contributions indirectes, et de Marie Delphine Richard (1822 - 1887), son pseudonyme vient de son lieu de naissance, dans les Deux-Sèvres : la Mothe Saint-Hérail, où son père s’était retiré avant de le suivre à Paris.

Henri Gausseron « se parait du titre d’avocat" dit la police. Communard, commissaire de police du quartier de la Sorbonne, Ve arr., en mars 1871, Henri Gausseron fut nommé juge d’instruction attaché au parquet du procureur de la Commune (cf. J.O. Commune, 16 mai). Le 17e conseil de guerre le condamna par contumace, le 30 décembre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Il se réfugia tout d’abord en Belgique, mais en fut expulsé par mesure administrative. Il se rendit alors à Londres.

Dans une lettre du 23 août à ses parents — sans doute en 1872 — il écrivait : « S’il vous faut un bouquet de fête, je n’en aurai peut-être pas de plus agréable à vous offrir que la communication de la résolution que j’ai rapportée de Bruxelles : je suis décidé à rompre officiellement les derniers liens qui m’attachent au groupe révolutionnaire d’action dont je fais partie, et — sans rien renier de mon passé ni rien faire qui puisse autoriser un soupçon à cet égard — à me tenir absolument en dehors de tout ce qui se fera en faveur d’une politique dans laquelle — aussi bien que dans toute autre — je ne veux plus en rien tremper. Puisse cette assurance et la joie morale qui en résultera augmenter vos forces physiques. »

Plusieurs années plus tard, le 26 mai 1879, il écrivait encore, à propos du manifeste blanquiste : « Aux Communeux », déclaration athée, communiste, révolutionnaire, publié à Londres en juin 1874 :

« J’étais ici, à Ayr, quand ce manifeste a paru. Je suis absolument étranger à son inspiration et à sa rédaction. Je n’en ai même eu connaissance qu’après qu’il eut été imprimé et publié. Peu de temps après, j’ai cru devoir me retirer formellement, par voie de démission écrite, du groupe au nom duquel ce manifeste a paru, et je me suis, depuis lors, tenu isolé, toujours et complètement, dans la petite ville d’Écosse où je suis encore et où j’ai pu me faire une situation honorable et honorée. »

Gausseron fut gracié le 5 juin 1879, après avoir été professeur à Londres et marchand de livres anciens à Edimbourg et à Glasgow. De retour en France, Gausseron fut professeur au lycée Jeanson-de-Sailly. Il vivait toujours en 1885.

Professeur d’ anglais au lycée Janson de Sailly, il traduisit notamment en 1885 un ouvrage anglais,
Le Vicaire de Wakefield de Goldsmith Oliver, en 1902 un ouvrage d’Armstrong Walter sur Sir Henry Raeburn, toujours en 1902, une Histoire de la coca, la plante divine des Incas, par le Dr W. Golden Mortimer, et, en 1904, un ouvrage de Dobson William sur William Hogarth. Parmi les ouvrages à caractère pédagogique, notons "e Thème anglais aux examens et aux concours d’admission aux écoles spéciales, réédité quatre fois jusqu’en 1923, et La Version anglaise aux examens et aux concours, réédité trois fois jusqu’en 1941. Amateur de livres, il rédigea en 1901 un ouvrage au titre curieux : Bouquiniana. Notes et notules d’un bibliologue. Mais cet angliciste, basé au 55bis de la rue de l’Assomption à Paris, aux tendances blanquistes, a aussi été un débatteur et philosophe. Aussi le voit-on en mai 1896 dans une "Causerie littéraire", où il parle d’"un instituteur peint par lui-même", et en février 1897 dans la "Causerie de la Semaine" organisée par les Echos de la Semaine de la librairie Ollendorf, au 28bis de la rue de Richelieu, où il aborde "Le Progrès et ses Précurseurs". Moraliste, il publia en 1896 sous son pseudonyme "les Keepsakes" et les Annuaires illustrés de l’Epoque Romantique, et quelques autres ouvrages sur la morale familière. Retraité au 1er octobre 1908 après plus de trente ans d’enseignement, il mourut en 1913 à Machonville-Rouxmesnil, en Seine-Inférieure.

Son épouse était Louise Berthe Marguerie Béguin, fille d’Alexandre Charles Béguin, professeur de mathématiques, et de Louise Frédérique [Salomon]-Cohen. Cette dernière, pianiste renommée à son époque, mourut, semble-t-il, à Paris en février 1896.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article60042, notice GAUSSERON Henri [GAUSSERON Bernard, Marie, Henri.] , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 12 mai 2013.

ŒUVRE : Un Français au Sénégal, Abel Jeandet publié en 1913 par les éditions Champion à Paris. Ce livre a été commandé à Gausseron par Mme Jeandet mère, contrat du 1er décembre 1905, en mémoire de son fils assassiné au Sénégal en 1890. Préface de Maurice Barrès et avant-propos de Charles Le Goffic.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/864, n° 6554 et 822. — Arch. Min. Guerre, 17e conseil, n° 697. — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté, n° 250277 (en 1880). Le journal des Instituteurs, 1896, 1897. — Jules Delalain, Annuaire de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts, 1887. — Eric Berthoud, Lettres de Paul Lacroix au Ménage Bachelin (1869 - 1883), 1972. — Genealogie.com. — Search.ancestry.fr. — Notes de Daniel Cahen.

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