FRANÇOIS Eugène

Né à Longeville-en-Barrois (Meuse) le 28 mai 1820, mort à Anvers (Belgique) le 5 octobre 1888 ; il habitait à Paris, 63, rue Legendre, XVIIe arr., en 1871 ; adhérent de l’AIT ? ; communard.

Il était marié, père de trois enfants. François aurait fait faillite dans un commerce de mercerie à Paris, après ou avant d’avoir été marchand de caoutchouc vulcanisé, 84, rue Quincampoix, IIIe arr. Peu avant la guerre de 1870, il devint boulanger, 63, rue Legendre où il habitait.
Sous-lieutenant au 90e bataillon de la Garde nationale pendant le premier Siège, il devint, sous la Commune de Paris, lieutenant, puis capitaine au même bataillon. Voir Jaclard.
Avec Bozier Et., Davoust, Faillet, Joignaux, B. Lecamp, E. Léger, Éloi Leseure, Masson, Michel, Jules Sassin et Sévin, il fit partie du comité d’initiative du XVIIe arr. de Paris qui patronna les candidatures de A. Combault et A. Dupont aux élections du 26 mars 1871 parce que ces deux noms résumaient « le mieux l’idée de la Révolution communale » (cf. Murailles... 1871, op. cit., p. 105). Combault appartenait à l’Internationale. Il ne fut élu ni le 26 mars, ni le 16 avril. A. Dupont fut élu membre de la Commune le 16 avril.
« Ami intime de Viard », membre de la Commune, délégué aux Subsistances, « qui subissait son influence, il se fit nommer par lui secrétaire général de la délégation du Commerce, puis président du syndicat de la boulangerie des Batignolles ».
Un rapport de police affirme : « Il a fait construire plusieurs barricades dans le quartier des Batignolles, menaçant de faire fusiller ceux qui refuseraient de travailler à la construction de ces barricades. »
Après la défaite, sa femme vendit le fonds de boulangerie et alla retrouver son mari qui s’était réfugié en Belgique. Par contumace, le 3e conseil de guerre le condamna, le 27 octobre 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Eugène François arriva en Belgique le 10 septembre 1871 et se fixa tout d’abord à Schaerbeek, commune périphérique de Bruxelles. Il paraît avoir été en possession d’une somme d’argent importante — la vente de son fonds de boulangerie peut l’expliquer sans qu’il soit besoin d’accorder foi à une rumeur qui l’accusa d’avoir détourné, de concert avec Viard et Demissolz, d’importantes sommes durant les derniers jours de la Commune. Quoi qu’il en soit, Eugène François acheta un journal commercial, Le Moniteur des ventes et locations de maisons, hôtels, terrains, campagnes... En septembre 1873, il ouvrit un restaurant à Laeken, mais fit faillite en 1874. L’année suivante, il était enquêteur dans un bureau de renseignements commerciaux.
Il mourut à Anvers le 5 octobre 1888 et fut enterré civilement. Selon son dossier de recours en grâce, il avait appartenu à l’Internationale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article59533, notice FRANÇOIS Eugène, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 22 juin 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/852, n° 704 et BB 27. — Arch. Dép. Meuse, 71 M 16. — Archives générales royaume de Belgique, 4e section, police des étrangers, n° 243.717. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971.

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