FENOUILLAS Jean, Philippe, dit Philippe

Né le 12 octobre 1830 à Bordeaux (Gironde) ; ancien courtier en vins et vendeur de fonds de commerce ; élu membre de la Commune de Paris ; exécuté le 22 janvier 1873.

Établir ses antécédents parut difficile au tribunal ; Jean Fenouillas avait changé de domicile, de profession « et même parfois de nom ». La commission des grâces toutefois renonça à l’accusation soutenue devant le 5e conseil et selon laquelle il aurait été associé à une femme gérant une maison de prostitution : « l’inexactitude de ce fait paraît certaine » ; il n’avait pas non plus fait faillite. Il était marié, sans enfant. Son changement de nom datait de 1865 : sa femme ayant intenté un procès en séparation, il voulait éviter de lui payer une pension alimentaire. Il travaillait à ce moment à Paris dans un magasin d’habillement et habitait 25 rue de la Forge-Royale, XIe arr. En 1867, il fut frappé sous son nom véritable d’une amende de 50 F pour injures envers un employé de chemin de fer ; de 1866 à 1868 il se fit courtier en vins puis vendeur de fonds de commerce ; en mars 1870 il prit la gérance d’un établissement de marchand de vins-traiteur.

Puis ce fut la guerre ; durant le Siège de Paris, il était caporal-fourrier au 206e bataillon de la Garde nationale, délégué au conseil de famille et finalement sergent au bataillon du XIe arrondissement. Avec Lonclas, il fonda le comité fameux de la rue d’Aligre à la limite des XIe et XIIe arrondissements ; sa popularité lui valut une nomination du Comité central à la tête du 56e bataillon le 14 mars 1871, et, le 23, il fut délégué à la mairie de Bercy.
Le 16 avril, il fut élu membre de la Commune par 3 483 voix du XIIe arrondissement ; il assista aux séances, y vota pour le Comité de salut public, mais œuvra surtout comme « maire du XIIe » ; il abandonna même dans ce but le commandement effectif de son bataillon. Outre les « actes ordinaires du fonctionnement administratif », il fit opérer des perquisitions chez les religieuses à la maison de secours du passage Corbes, participa avec Pontillon et Lenôtre à une perquisition dirigée contre les pères du couvent de Picpus ; treize pères furent envoyés à Mazas, quatre furent fusillés rue Haxo ; il fit occuper en mai l’hospice Sainte-Eugénie et donna l’ordre de renvoyer à la Garde nationale active les hommes guéris à l’ambulance de la rue de Reuilly, XIIe arr.

Les Prussiens l’arrêtèrent le 28 mai ; envoyé à Brest sur les pontons et reprenant là son nom de Fenouillas, il fut traduit devant le 5e conseil et condamné à mort le 1er juillet 1872. Conduit sur le plateau de Satory le 22 janvier 1873, il tomba en criant : « Vive la République sociale ! Vive la Commune ! ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article59002, notice FENOUILLAS Jean, Philippe, dit Philippe, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 29 mai 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/761. — Arch. Min. Guerre, 5e conseil (dossiers n° 569-570). — Procès-verbaux de la Commune, op. cit. — Vérecque, Dictionnaire du socialisme.

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit., p. 406. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 137.

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