LEGAY Charles, Auguste, Émile

Par Didier Bigorgne

Né le 29 octobre 1919 à Villers-Semeuse (Ardennes), mort le 6 novembre 1981 à Villers-Semeuse ; menuisier puis employé de bureau, cheminot ; résistant FTPF et déporté ; militant syndicaliste CGT ; membre du secrétariat de la fédération PCF des Ardennes (1947-1949).

Charles Legay
Charles Legay

Charles Legay était le fils de Paul René Legay, menuisier à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, et de Marie Rose Poursain, ouvrière d’usine. Après l’obtention du certificat d’études primaires, il entra comme apprenti aux ateliers de Mohon (Ardennes) de la Compagnie des chemins de fer de l’Est le 22 septembre 1934. Il y exerça son métier de menuisier à partir de 1937. Sans doute influencé par le militantisme de son père qui était membre du Parti communiste et de la CGTU, il adhéra aux Jeunesses communistes, puis à la CGT.

Il effectua son service militaire dans la marine nationale. Il fut incorporé le 1er septembre 1939 au dépôt des équipages de la Flotte à Cherbourg (Manche). Du 13 septembre 1940 au 1er septembre 1941, il servit dans les Patrouilles de l’Océan avant de rejoindre le dépôt de Toulon (Var). Il y demeura, avec le grade de quartier maître, jusqu’à sa démobilisation le 10 août 1942.

Charles Legay revint alors à Villers-Semeuse et reprit son métier de cheminot au dépôt de Mohon. Il s’engagea dans le mouvement de résistance FTPF des Ardennes et fut arrêté par les nazis en décembre 1942. Il fut d’abord emprisonné à Charleville, puis interné au camp de Royal-Lieu près de Compiègne (Oise) avant d’être déporté à Buchenwald (Allemagne) jusqu’au 3 mai 1945.

À son retour de captivité, Charles Legay fonda une famille. Le 6 octobre 1945, il épousa, dans sa ville natale, Yvette Louise Lallement, ouvrière d’usine, avec qui il eut quatre enfants, trois garçons et une fille. Il reprit aussi son activité militante au Parti communiste. D’abord secrétaire de la section de Villers-Semeuse, il entra au comité fédéral des Ardennes lors de la 8e conférence fédérale des 27 et 28 avril 1946. Il fut élu secrétaire fédéral à l’organisation par la 9e conférence fédérale des 14 et 15 juin 1947, puis réélu secrétaire fédéral à la propagande par la 10e conférence fédérale des 5 et 6 juin 1948 ; il occupa cette responsabilité jusqu’en février 1949. Il continua néanmoins de siéger au comité fédéral jusqu’au 1er juillet 1956. Aux élections municipales d’octobre 1947, il fut élu conseiller municipal de Villers-Semeuse sur la liste présentée par son parti qui remporta une victoire totale. Il ne se représenta pas en 1953. Par contre, son épouse qui était membre de l’Union des femmes françaises, fut élue sur la liste du Parti communiste ; elle fut réélue au scrutin municipal de 1959. Charles Legay retrouva finalement son siège lors de l’élection municipale complémentaire du 29 octobre 1961. Il fut candidat sur la liste communiste qui affronta sans succès celle du maire sortant Louis Jolly qui avait rompu avec le PCF.

Avec le syndicat CGT des cheminots, il participa aux grèves d’octobre 1948 qui paralysèrent les centres ferroviaires ardennais de Charleville, Mohon, Lumes et Amagne. Il fit partie des quarante-huit cheminots inculpés d’entrave à la liberté du travail qui furent traduits devant le tribunal correctionnel de Charleville le 1er juin 1949. Le jugement rendu le 29 juin condamna vingt-et-un grévistes ; vingt-sept, dont Charles Legay, furent acquittés au bénéfice du doute. Après le conflit, Charles Legay fut muté au dépôt SNCF de Lumes-triage. Son activité professionnelle se résuma dès lors à un va-et-vient permanent entre les dépôts de Lumes et de Mohon.

Charles Legay était membre de la Fondation nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP). Il s’y distingua par ses prises de position. Le 6 avril 1949, il fut condamné à vingt mille francs d’amende par le tribunal correctionnel de Charleville pour avoir publié en novembre 1948 dans le journal communiste Liberté un article qui critiquait la répression contre la Résistance et la classe ouvrière. À l’occasion des cérémonies commémoratives du vingtième anniversaire de la Libération, il signa un appel en faveur d’une politique de désarmement et d’amitié entre les peuples.

Pensionné à 100 % des suites de sa captivité, Charles Legay partit prématurément à la retraite en 1963. Il put alors se consacrer à ses deux passions, le football et les animaux. Il fut d’abord arbitre de football du district des Ardennes jusqu’en 1970, puis vice-président de la Société protectrice des animaux des Ardennes et directeur du refuge de Cliron de 1971 à 1975.
Charles Legay fut inhumé à Villers-Semeuse. Sur sa stèle figurent les symboles du Parti communiste et les reproductions de ses décorations, la Légion d’honneur, la médaille de la Résistance et la Croix de guerre 1939-1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article5819, notice LEGAY Charles, Auguste, Émile par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 16 juillet 2011.

Par Didier Bigorgne

Charles Legay
Charles Legay

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes, 1 M 15 ; 3 M 8 et 9. — Liberté, 1946-1949. — L’Humanité-Dimanche, n° 688, 29 octobre 1961. — L’Ardennais, 2 juin 1949 et 30 juin 1949. — Renseignements et documents fournis par Guy Legay, fils de l’intéressé.

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