DELBOY Alfred [DELBOY Pierre, Alfred]

Né à Lima (Pérou) le 1er juin 1842, mort à Seyches (Lot-et-Garonne) le 18 mai 1919 ; avocat ; membre de la section de Bordeaux de l’Association internationale des Travailleurs.

Alfred Delboy (appelé Delboin dans Enquête parlementaire..., p. 443) fit ses études au lycée de Bordeaux et au collège de Libourne. Étudiant en droit à la Faculté de Paris, il fut, avec Armaingaut et Paul Lafargue, un des trois délégués de Bordeaux au congrès des étudiants tenu à Liège du 29 octobre au 1er novembre 1865.
Inscrit au barreau de Bordeaux en novembre 1866, il devint membre du Conseil municipal en juillet 1869. Réélu l’année suivante, il fut candidat une troisième fois (élections du 30 avril 1871). Il fit alors partie des 21 candidats de l’Internationale figurant sur une liste comprenant en outre 15 membres du Comité d’émancipation communale, toute la liste « adoptant dans son entier le programme de la Commune de Paris ». Voir Pachy. Il fut élu le 7 mai.
Par l’intermédiaire d’Assi, il fut en rapports avec la Commune de Paris qu’il tint au courant (Cf. lettre du 20 mars 1871, Arch. PPo., B a/438, pièce 3993, copie Testut) de l’action commune en faveur du mouvement parisien décidée par la section de l’Internationale et le Comité de propagande républicaine. Il fit partie du Comité provisoire d’organisation du « Congrès pacificateur des villes républicaines » qui devait se tenir à Bordeaux le 15 mai 1871 et qui fut interdit. (Arch. Nat., C 2882, Bordeaux).

Jusqu’à sa dissolution en juin 1874, Alfred Delboy demeura membre du Conseil municipal. Il quitta alors le barreau de Bordeaux pour celui de Paris (novembre 1874) « à la suite d’une condamnation politique, provoquée par ses idées avancées » (cf. Sources : biographie Feret). Il était accusé en février 1873 de prêter encore son concours à l’Internationale (lettre de la préfecture de police de Paris au préfet de la Gironde, Archives départementales). Entre temps — fin 1871 — le 6e canton de Bordeaux l’avait envoyé siéger au conseil général ; il était alors, avec Martinet et Pachy, un des chefs du Comité central de propagande républicaine. Traduit devant la cour d’assises de la Gironde, les 6 et 7 mars 1872, il fut condamné à quatre mois de prison et 500 f d’amende pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement. Les électeurs de Bordeaux lui renouvelèrent son mandat de conseiller général jusqu’en 1913.
À partir de 1876, Alfred Delboy s’occupa avant tout de la question des transports et, en particulier, des canaux destinés à relier nos grands fleuves ; il fut successivement collaborateur de la Gironde, de la Tribune de la Gironde, de l’Avenir maçonnique, de la Victoire (il fut un des fondateurs de ces trois derniers journaux) ; il collabora également à la Voie ferrée.
Membre de la société d’ethnographie de France, il a publié des brochures et des mémoires. En 1881, la Ligue centrale des transports à bon marché le choisit pour l’un de ses vice-présidents. En 1882, il fut chargé par le Gouvernement français d’une mission diplomatique en Espagne.
En 1913, il fut nommé juge de paix à La Rochelle. Il se retira ensuite à Seyches où il mourut.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article57031, notice DELBOY Alfred [DELBOY Pierre, Alfred], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 2 avril 2019.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. PPo., (Testut B a/438 et 439). — Arch. Dép. Gironde, série M, Police générale 1868-1875. — Biographie E. Feret, p. 177 (Statistique générale [...] du département de la Gironde, Paris, 1889). — Des hommes et des activités autour d’un demi-siècle, J. et B. Guérin, éditions BEB 1957. — Jacques Girault, La Commune et Bordeaux, Paris, Éditions sociales, 1971.

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