LAURENT Fernand, Maurice, Marie

Par Louis Botella, Marie-Louise Goergen

Né le 3 septembre 1913 à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 9 septembre 1988 à Paris (XVIIe arr.) ; contrôleur technique au service Matériel et Traction ; membre du bureau de la Fédération CGT des Cheminots (1944-1947) ; secrétaire général du Comité d’action syndicaliste (CAS) puis de la Fédération syndicaliste des cheminots (FSC) de 1947 à 1948 ; secrétaire général adjoint (1948-1950) puis secrétaire général de la Fédération FO des cheminots (1950-1963) ; membre du comité exécutif de la Fédération internationale des transports (ITF) de 1954 à 1965 ; président de la Fédération générale des retraités (1972-1988).

Fils d’un sergent-fourrier au 7e Régiment colonial, Fernand Laurent fut adopté par la Nation le 23 mars 1926. Il entra aux chemins de fer (Réseau Etat), fut contrôleur technique au service des approvisionnements du Service régional MT de l’Ouest, puis dessinateur dans le même service.

Fernand Laurent milita à la CGT et accéda au bureau exécutif de la Fédération légale le 23 janvier 1944. Il fut membre du bureau fédéral de la Fédération CGT des cheminots de 1944 à 1947, année au cours de laquelle son mandat ne fut pas renouvelé. Il en fut de même pour René Clerc. Fernand Laurent fut un des premiers signataires, courant juillet 1947, de l’appel lancé par le Comité d’action syndicaliste (CAS) en faveur de la création d’une nouvelle organisation syndicale. Le congrès constitutif du CAS eut lieu le 27 juillet 1947 à Paris et porta Fernand Laurent au poste de secrétaire général.

Le 26 novembre 1947, il signa avec Robert Speyser (Syndicat du personnel d’inspection et de direction), André Paillieux (CFTC) et Raymond Beaulaton (Confédération nationale du travail) une déclaration condamnant la grève politique. Le 7 décembre 1947, le CAS se transforma en Fédération syndicaliste des cheminots (FSC) ; il maintint Fernand Laurent à sa tête. La FSC le désigna, ainsi que Roger Bodeau, René Buteau, Jean Descombes et Marcelle Méhudin, pour la représenter au sein du comité de coordination FO-FSC, placé sous la présidence de Léon Jouhaux* et mis en place le 16 janvier 1948 pour étudier les modalités d’une fusion entre les deux organisations.

Lors du congrès de fusion FO-FSC, qui se tint du 1er au 3 mars 1948 à Paris, le conseil national de la nouvelle Fédération FO des cheminots le désigna comme secrétaire général adjoint. En octobre 1950, lors du départ à la retraite de René Clerc, il devint secrétaire général et le resta jusqu’en 1963. Lors du IIIe congrès confédéral de Force ouvrière (octobre 1952), il fut élu président de la commission confédérale de délimitation, chargée de régler les conflits entre les fédérations sur leur champ d’intervention.

Lors du congrès de 1954 de l’ITF (Fédération internationale des travailleurs des transports), tenu en juillet 1954 à Londres, Pierre Ferri-Pisani*, président de la Fédération FO des Inscrits Maritimes, ne demanda pas le renouvellement de son mandat de membre du conseil général de l’ITF (le "parlement" de cette internationale entre deux congrès) et de membre de son comité exécutif.
Statutairement un siège fut réservé d’office à la France (en fait à Force Ouvrière, alors seule organisation française affiliée à l’ITF). Deux candidatures FO furent présentées, celle de Jean Philipps, probablement soutenu par Pierre Ferri-Pisani, et l’autre celle de Fernand Laurent, secrétaire général de la Fédération Syndicaliste FO des cheminots et opposant notoire et vigoureux aux prises de position du comité de vigilance méditerranéen de l’ITF, mis en place et animé par P. Ferri-Pisani. La délégation française n’ayant pas pu se mettre d’accord sur un nom (le Japon fut également dans la même situation), ce fut le congrès de l’ITF qui trancha : Fernand Laurent fut élu avec 156 voix contre 81 pour Jean Philipps. Signe certain que l’aura du comité de vigilance méditerranéen avait pâli au sein de l’ITF.

Au cours du même congrès, Fernand Laurent devint membre du comité exécutif, puis il entra en juillet 1962 à Helsinki à son comité directeur. Il conserva ces mandats jusqu’au congrès de 1965, tenu à Copenhague.

Le 23 janvier 1963, il adressa à Robert Bothereau, secrétaire général de la confédération CGT-FO, une lettre dans laquelle il lui fit part de sa décision de quitter ses fonctions de secrétaire général de la Fédération des cheminots. Robert Degris, secrétaire général adjoint, fut informé le 25 février et le secrétariat fédéral le 18 mars. D’un commun accord, la démission devint effective le 4 avril 1963. Le conseil national, réuni les 16 et 17 mai, prit acte de cette démission et chargea Robert Degris d’assumer la fonction de secrétaire général.

À sa retraite, Fernand Laurent prit progressivement des fonctions au sein de la Fédération générale des retraités (FGR). Le 29 octobre 1968, Robert Degris soumit au bureau fédéral, au nom du secrétariat fédéral, un texte dans lequel il était indiqué « que Fernand Laurent s’est de lui-même exclu de la fédération en adhérant et en prenant des responsabilités à la Fédération générale des retraités, membre d’une confédération rivale de la CGT-FO pour les anciens travailleurs ». Ce texte fut adopté à l’unanimité.

Fernand Laurent fut élu président de la FGR en 1972, fonction qu’il conserva jusqu’à son décès en 1988.

Il s’était marié avec Marthe Gaulthier ,en 1936, à Saintes (Charente-Inférieure).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article5649, notice LAURENT Fernand, Maurice, Marie par Louis Botella, Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Louis Botella, Marie-Louise Goergen

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Arch. Fédération CGT-FO des cheminots. — Le Rail syndicaliste, 1947-1964. — Force ouvrière. — Pressebericht de l’ITF, 16 juillet 1954. — Arch. de la Fondation Friedrich Ebert. — Rapports et comptes rendus des congrès de l’ITF, Arch. de la Fondation Friedrich Ebert. — Georges Ribeill, « Autour des grèves de 1947, les scissions de l’après-guerre au sein de la Fédération CGT (CAS, FO, FAC, FgMC) », Revue d’histoire des chemins de fer, n° 3, Mouvement social et syndicalisme cheminot, automne 1990, p. 95-113. — Notes de Jean-Pierre Bonnet, Noël Mazet, Georges Ribeill et Pierre Vincent. — État civil.

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