COLMIA dit FRANQUIN Jules, Joseph, Étienne

Né à Gap (Hautes-Alpes) le 22 novembre 1838 ; ouvrier imprimeur, lithographe ; militant de l’Internationale ; communard.

Fils de François Colmia dit Franquin, entrepreneur de travaux publics, et de Marie Antoinette Bonnet, Jules Franquin adhéra à l’Internationale en août 1869 avec la société de Résistance des imprimeurs lithographes (cf. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome IV, Paris, Éditions ouvrières, p. 74) qui le délégua au congrès de Bâle pour notifier son entrée dans l’association. Il fit partie de la 5e commission chargée d’étudier « l’action des sociétés de résistance sur l’émancipation des travailleurs ». Il se prononça pour la propriété collective du sol (53 voix pour, 8 contre, 10 abstentions) : « Il y a aujourd’hui nécessité de faire entrer le sol dans la propriété collective. » Sur la question de l’abolition de l’héritage, il s’abstint et répondit « non » à la proposition présentée par le Conseil général de limiter le droit de tester.
Il participa par la suite à la fondation de la Fédération des chambres syndicales ouvrières.

Fin avril 1870, la police de l’Empire, qui préparait le plébiscite du 8 mai, arrêta les principaux dirigeants de l’Internationale sous la double inculpation de complot et de société secrète. Robin, qui rédigea une protestation, et ses camarades du Conseil fédéral parisien de l’Internationale, qui la signèrent, s’élevèrent publiquement contre cette accusation et revendiquèrent pour l’Internationale le droit d’être la « conspiration permanente de tous les opprimés et de tous les exploités ». Voir Berthomieu.

Trésorier du Conseil fédéral parisien de l’Internationale, Franquin fut inculpé dans le troisième procès de l’Internationale. Le 8 juillet, il fut renvoyé de la prévention d’avoir appartenu à une société secrète, mais convaincu d’avoir, à Paris, fait partie de l’AIT non autorisée, et condamné à deux mois de prison, 25 f d’amende, la durée de la contrainte par corps étant fixée à quatre mois. Ce même mois de juillet, il signa le manifeste contre la guerre adressé aux travailleurs de tous pays (cf. t. IV, p. 45).

Le 12 janvier 1871, au cours d’une séance du Conseil fédéral de l’Internationale, il fut désigné avec Bachruch, Frankel, H. Goullé, Laporte, Pindy, Theisz, Varlin, Verdure pour faire partie de la commission de rédaction de la partie qui devait être réservée à l’AIT dans la Lutte à outrance ; mais ce journal disparut avant que cela ne se concrétise (cf. Les Séances officielles de l’Internationale à Paris pendant le Siège et pendant la Commune.)

Garde national du IVe arr., Franquin fut délégué de son bataillon, le 212e. Il fut élu, par les autres délégués, membre de la commission chargée de faire procéder aux élections du 26 mars dans l’arrondissement. Voir Bizard.
Durant la Commune de Paris, Franquin, qui était toujours trésorier du Conseil fédéral, eut, en cette qualité, à participer à la réunion du 20 mai convoquée par ce Conseil aux fins de se prononcer sur l’attitude des Internationaux membres de la Commune qui, le 15 mai, avaient signé la Déclaration de la minorité condamnant le Comité de salut public. Le communiqué publié à l’issue de cette réunion, et qui parut au Journal officiel du 24, approuvait leur attitude.
Franquin appartenait, à cette époque, à la commission communale du IVe arrondissement. Il comparut, le 19 avril 1872, devant le 3e conseil de guerre, qui le condamna à cinq ans de détention.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article55845, notice COLMIA dit FRANQUIN Jules, Joseph, Étienne, version mise en ligne le 25 novembre 2015, dernière modification le 25 août 2019.

ŒUVRE : Manifeste antiplébiscitaire des Sections parisiennes fédérées de l’Internationale et de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières. À tous les travailleurs français. Citoyens ! [signé] pour l’AIT : A. Combault, Reymond, Germain Casse, Berthomieu, Lafargue, E. Lefèvre, J. Johannard, J. Franquin ; pour la Chambre : A. Theisz, Camélinat, etc..., Paris, Impr. E. Voitelain et Cie, s. d. [1870] in-8°, 2 pp., Bibl. Nat., Lb 56/2648. — République Française. Citoyens, Au moment où le sol de la France est envahi par la Prusse et ses vassales... [Signé] pour la Fédération des sections parisiennes de l’AIT : Bestetti, Frankel Léon, Franquin, Hamet, Malon, Tolain, etc..., Paris, Berthélemy et Cie, s. d. [1870], in-fol. 2 pp., Bibl. Nat., Lb 57/647.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Min. Guerre (Internationale). — Arch. PPo., B a/434, B a/439, B a/441. — IVe congrès de l’Internationale. Cf. L’Internationale (J. Freymond), op. cit. — Procès-Verbaux de la Commune de 1871, op. cit. — Arch. Dép. Hautes-Alpes, État civil en ligne cote 2 E 65/42/2, vue 140. — Note de Louis Bretonnière.

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