COLLOT Adolphe

Né le 12 novembre 1830 à Montargis (Loiret), il demeura à Paris, 14, rue Ernestine, et 20, rue Muller, XVIIIe arr. ; menuisier, outilleur en bois, journaliste républicain ; membre de la Commission ouvrière de 1867 ; adhérent de l’AIT ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Il était marié, père de deux enfants nés vers 1856 et 1858.
Vice-président du bureau électoral des outilleurs en bois parisiens constitué pour la désignation de leurs représentants à l’Exposition universelle de 1867, il fut lui-même élu délégué. Les autres membres de la délégation étaient Grenet, Ménault et Ferrault.
Membre de la Commission ouvrière fondée à cette occasion, il fit partie de son bureau. Dans le cadre de ses travaux il présenta des statistiques sur les femmes travaillant dans diverses industries. Il habitait alors 14, rue Ernestine, à La Chapelle.
Adolphe Collot cessa de travailler comme « ouvrier mécanicien » (sic) dans les derniers temps de l’Empire. À cette époque, son nom figure dans La Marseillaise au bas des articles consacrés aux associations ou réunions ouvrières. Il s’affilia à l’Internationale en mars 1870, selon ses propres déclarations au cours du procès qu’il encourut pour appartenance à cette association (cf. Troisième procès de l’AIT à Paris, p. 190). Mais ceci ne s’accorde pas avec le fait que, lors des élections générales de mai 1869, il avait présenté, en compagnie de dix-neuf autres citoyens qui se réclamaient, comme lui, de l’Internationale, un programme d’inspiration républicaine et socialiste (cf. Testut, L’Internationale, pp. 21-23).
Le 8 juillet 1870, il fut condamné à deux mois de prison et 25 f d’amende pour affiliation à une société secrète, l’AIT. Après expiration de sa peine, il reçut un équipement de garde national et remplit à la mairie du XVIIIe arrondissement (Montmartre) les fonctions de distributeur de vivres, bois et charbons aux indigents du quartier.
Sous la Commune de Paris, Adolphe Collot fut envoyé en province. Dans la première quinzaine d’avril 1871, il partit pour Sens (Yonne). Jusqu’à la mi-mai, il se déplaça : Montargis (Loiret), Gron et Villeneuve-l’Archevêque (Yonne), Troyes (Aube) Il revint alors à Paris, mais en repartit le 18 mai pour Nevers (Nièvre), Vierzon (Cher), Sens où il se trouvait le 27 mai. Lors de son premier passage à Sens, le 28 avril, il écrivit à M. Cord’homme, conseiller général à Rouen, et joignit à sa lettre trois exemplaires du Programme de la Commune pour être distribués (Cord’homme sera condamné à deux ans de prison pour avoir fait l’apologie du 18 mars). Adolphe Collot revint à Paris après la chute de la Commune ; il y fut arrêté à une date non précisée.
Le 6e conseil de guerre le condamna, le 24 août 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il arriva à Nouméa le 28 septembre 1873. Sa peine fut commuée, le 15 janvier 1879, en déportation simple. Grâce entière fut accordée à Adolphe Collot le 20 avril suivant.
D’après une lettre de sa femme — 12 juin 1876 — au président de la République, Adolphe Collot reçut une médaille d’argent à l’Exposition de Nouméa (pour deux meubles). La demande de grâce fut « très vivement » recommandée par Clemenceau qui certifia que Collot était un « ouvrier laborieux et honnête ». Clemenceau apostilla encore deux autres lettres de la femme du condamné et, le 20 mars 1879, écrivit au ministre pour recommander son ami, Adolphe Collot.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article55840, notice COLLOT Adolphe, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 19 février 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/783, n° 12.157 (rapport à la Commission des grâces, 22 janvier 1873), BB 27 et H colonies 76. — Arch. PPo., B a/434 et listes de contumaces. — Eugène Tartaret, Commission ouvrière de 1867. Recueil des procès-verbaux des assemblées générales des délégués et des membres des bureaux électoraux, Paris, Imp. Augros, 1868, X-320 p. — Notes de R. Skoutelsky et de L. Bretonnière.

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