LARDEUX Joseph, Germain

Par Jean-Luc Pinol

Né le 24 septembre 1884 à Ruillé-Froid-Fonds (Mayenne), mort le 20 novembre 1971 à Saint-Gratien (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) ; employé des chemins de fer ; secrétaire intérimaire de la Fédération nationale des travailleurs des Chemins de fer pendant la grève de mai 1920.

Secrétaire de l’Union des syndicats du réseau État depuis le 29 avril 1920 (il avait succédé à Paul Le Guen, majoritaire), Joseph Lardeux était employé en qualité d’ouvrier à l’atelier du petit entretien de la gare d’Argenteuil-triage. Il était également secrétaire de la section socialiste d’Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise).
Alors que les dirigeants de la Fédération des cheminots, Gaston Monmousseau, Lévêque, Lucien Midol et Henri Sirolle, pour échapper à l’exécution des mandats d’arrêt lancées contre eux, avaient pris la fuite, Joseph Lardeux fut désigné le 6 mai 1920 comme secrétaire intérimaire de la Fédération avec Adonis Bruge. Minoritaire, il sollicita auprès de la CGT, le 14 mai, le concours des autres fédérations. Bien que désapprouvant leur forme et leur contenu, il ne put empêcher la communication des lettres de Lucien Midol et de militants détenus à la Santé qui s’en prenaient de manière très critique à l’attitude de la CGT. Lardeux estima, après l’échec du mouvement, que minoritaires comme majoritaires avaient une part de responsabilité.
L’action de Lardeux pendant la grève de mai 1920 est décrite sur le mode épique par un rapport de police : « Orateur remarquable, doué d’une voix puissante, il s’était déjà fait remarquer non seulement dans la région d’Argenteuil, mais encore à Paris où son autorité commençait à s’affirmer dans les milieux socialistes et syndicalistes. Comme secrétaire suppléant de la Fédération, il fit preuve d’une grande énergie et d’une activité sans pareille. Constamment en route et en automobile (sic), il allait chaque jour de meeting en meeting prêchant inlassablement la résistance à outrance, et l’action révolutionnaire, non seulement aux cheminots mais aussi aux autres corporations en grève. Pendant toute cette période d’agitation, il fut l’âme de la rébellion. »
La grève générale terminée, Lardeux, qui avait été révoqué par réseau de l’État, trouva très vite un emploi comme inspecteur d’assurances. Le 27 juin 1920, le conseil fédéral désigna Marcel Bidegaray par 34 voix contre 19 à Lardeux, comme secrétaire fédéral intérimaire.
En 1922, Lardeux était installé à Saint-Gratien (Seine-et-Oise). Il est décrit comme « un homme intelligent, instruit, d’une excellente éducation et assez estimé ». Fondateur du Parti communiste à Saint-Gratien, son activité militante était moindre en 1922. Propriétaire du logement qu’il occupait depuis longtemps, il venait de l’acquérir pour 60 000 F, il était accusé d’être un « bourgeois aisé ». Et le rapport de conclure : « Malgré ces attaques et son effacement relatif et volontaire, Lardeux n’en reste pas moins un membre du Parti communiste influent et des plus en vue. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article5581, notice LARDEUX Joseph, Germain par Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 20 avril 2012.

Par Jean-Luc Pinol

SOURCES : Arch. Nat. F7/13662, F7/13663, F7/13675 et F7/13676, rapport du 9 mars 1922. — Arch. Dép. Seine-et-Oise, 16 M 46. — A. Kriegel, Aux origines..., op. cit. — G. Ribeill, Les cheminots en guerre 1914-1920, CERTES-ENPC, 1988, p. 275, 334. — Notes de G. Ribeill.

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