CLÉMENT Victor

Né à Poligny (Jura) le 3 décembre 1824, selon un extrait des registres de l’état-civil, du 22 août 1961 (les P. V. Commune indiquent Poligny ou Arbois) ; ouvrier teinturier dans un atelier de Grenelle ; élu membre de la Commune de Paris.

Victor Clément habitait Paris depuis 1865 environ. Mutuelliste, il fréquenta les réunions publiques à la fin de l’Empire, mais pour y traiter seulement, prétendit-il, de questions économiques. Il ne prit aucune part aux échauffourées populaires qui précédèrent le 18 mars 1871, et il n’avait été condamné jusque là qu’à 40 jours de prison, en 1850, à Lons-le-Saunier (Jura) pour usage d’un passeport altéré.
Le 26 mars il fut élu dans le XVe arrondissement en tête de tous les candidats, avant J. Vallès et Langevin, avec 5.025 voix sur 6.467 votants (19.681 inscrits). Il fut élu membre de la commission des Finances les 29 mars et 21 avril. Il appuya, le 2 avril, le décret de séparation de l’Église et de l’État, de suppression du budget des Cultes et de nationalisation des biens des congrégations religieuses. Le 8, il se prononça, avec Theisz et Ostyn, contre les arrestations « à outrance ». Avec Miot et Gambon, il fut chargé, le 23 avril, de visiter les prisons pour recevoir éventuellement les réclamations des détenus, et, le lendemain, il fut désigné comme membre du Conseil de révision des jugements de la Cour martiale avec Dereure, Longuet, Léo Melliet et Vallès (au cours de la séance de la Commune du 23 avril, il avait accusé Rossel de partialité comme président de la cour martiale). Il vota contre le Comité de Salut public et voulut démissionner, puis y renonça. Il signa le manifeste de la minorité. Voir Jourde.
Il ne semble pas qu’il ait appartenu à l’Internationale, en dépit de l’affirmation de Dubreuilh (Histoire socialiste sous la direction de J. Jaurès, p. 308).
Arrêté le 10 juin, il comparut le 2 septembre 1871 devant le 3e conseil de guerre qui le condamna à trois ans de prison pour usurpation de fonctions. De nombreuses attestations avaient été produites en sa faveur. Urbain a loué sa grande modération et déclaré : « Je ne crois pas d’homme plus digne d’estime ; [...] sa sincérité m’a toujours paru très entière. » Tout ceci ne peut suffire à expliquer la mansuétude dont il a bénéficié.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article55648, notice CLÉMENT Victor, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 13 février 2019.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, 3e conseil. — Procès-verbaux de la Commune de 1871, op. cit.

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