CHOUTEAU Henri

Né à Paris le 16 février 1834 ; peintre en bâtiment ; blanquiste ; adhérent de l’AIT ; communard.

Il était marié, père d’un enfant ; capitaine major ; membre du Comité central de la Garde nationale ; membre de l’Association Internationale des Travailleurs, section du Cercle des Études sociales (cf. Dict., t. IV, p. 53).
Henri Chouteau fut condamné une première fois, le 12 février 1852, à Paris, pour colportage d’écrits subversifs. Le 7 novembre 1866, il fut arrêté à la réunion du Café de la Renaissance organisée en vue de régler l’affaire Protot (celui-ci était intervenu, malgré Blanqui, au congrès de l’Internationale tenu à Genève en septembre précédent). Il ne fut toutefois pas condamné — Voir Ed. Levraud.
L’année suivante, c’est chez lui, et aussi chez Las, que se tinrent les réunions au cours desquelles furent élaborés les statuts du groupement « Commune révolutionnaire des ouvriers français » qui voulait établir, par la révolution populaire, une République démocratique, sociale, matérialiste et athée. Les statuts furent enfouis dans la cave de Chouteau, mais aisément découverts par la police grâce à son indicateur Godichet. Douze prévenus : Acollas, Adel, Chouteau, Genouille, Godichet, Goraud, Hayot, Hermann, Las, Meili, Naquet et Verlière, comparurent devant la 6e Chambre du tribunal correctionnel de la Seine les 20-23 décembre 1867. Henri Chouteau fut condamné à quinze mois de prison, 500 f. d’amende, cinq ans de privation de ses droits civiques.

D’après Testut (cf. L’Internationale, p. 106), Henri Chouteau représenta, avec Delvincourt, Franquin, Mézière, Raynard et Rivière, la chambre syndicale des lithographes adhérente à l’Internationale (cf. t. IV, p. 74) à la réunion du 18 mars 1870 au cours de laquelle fut élaboré le projet de statuts de la Fédération parisienne adopté un mois plus tard, le 19 avril.
Son dernier domicile connu avant 1871 était, 8, rue Guénégaud, à Paris, VIe arr.
En septembre 1870, il faisait partie du Comité central républicain provisoire des 20 arrondissements de Paris (cf. l’ouvrage qui porte ce titre de J. Dautry et L. Scheler).
Dissident blanquiste, Henri Chouteau fit partie de la nouvelle commission provisoire de la Garde nationale, 3 mars 1871 (et non 1870), puis du Comité central lui-même, élu le 15 mars. Il y représentait, avec Ferrat, le VIe arrondissement et appartint, avec Avoine fils, à la commission de la Cavalerie.
Le 26 mars 1871, aux élections pour la Commune, Henri Chouteau obtint 2.128 voix sur 9.499 votants (cf. J. O. Commune, 31 mars). Il n’était pas candidat.
Par contumace, le 9e conseil de guerre le condamna, le 29 novembre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique.

Après la défaite de la Commune, Henri Chouteau avait pu gagner Londres où il fut un des dirigeants de la Société des réfugiés de la Commune (cf. Arch. Eudes, IFHS, et Voir Traînard). Il appartint également à la section fédéraliste française de 1871 (cf. Dict., t. IV, p. 78) et il fut affilié à la loge maçonnique révolutionnaire « la Fédération » fondée par Vésinier et Landeck en mai 1872.
Henri Chouteau bénéficia, le 27 novembre 1879, de la remise de sa peine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article55528, notice CHOUTEAU Henri, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 9 février 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/854, n° 1746. — Arch. PPo., listes de contumaces. — J. O. Commune, 19 mai 1871. — Procès-Verbaux de la Commune de 1871, t. II, p. 439. — M. Dommanget, Blanqui et l’opposition révolutionnaire..., op. cit. — André Combes, « Les Philadelphes et autres loges de Communards... », Chroniques d’histoire maçonnique n° 35, 1985. — Notes de M. Cordillot.

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