CHOL Guillaume, Jean-Marie

Né le 21 mars 1830 (ou 1829 ?) à Saint-Germain-en-Gier (Rhône) ou Givors (Rhône) ; cordonnier (coupeur d’habits en 1871) ; membre de l’Internationale ; participant à la Commune de Lyon.

Le 23 novembre 1852, Guillaume Chol était inscrit à Genève, registre des étrangers, avec la mention « soi-disant réfugié français ». Le 25 juin 1853, il reprenait ses papiers et annonçait son départ pour la France. Il fut condamné, le 11 août 1853, par le 2e conseil de guerre séant à Lyon, à six mois de prison pour insoumission.
Le 21 septembre 1854, il revenait à Genève après avoir déserté du 10e bataillon de chasseurs à pied en garnison à Grenoble. Il semble être alors resté dans le canton de Genève. Il vécut à la campagne, puis en ville jusqu’en 1862, exerçant son métier de cordonnier. Il se maria (fin 1857 ou début 1858) et eut deux enfants (1858 et 1861). Le 7 mars 1859, il était arrêté à Lausanne pour manque de papiers et vagabondage.
À partir de 1862, on perd sa trace. Il semble avoir abandonné sa femme et ses deux enfants. En 1868, on inscrit en regard de son nom : « n’habite pas le canton ». Dans les archives du syndicat des typographes, section de Genève, figure une lettre datée de Genève, 15 avril 1869, et signée Guillaume Chol, secrétaire de la section des cordonniers (AIT), nouvellement formée. Dans cette lettre, Guillaume Chol explique pourquoi sa section a dû faire imprimer ses livrets dans une imprimerie que les typographes en grève avaient mise à l’index. Cette même année, il dut revenir en France, puisqu’il est dit avoir été l’organisateur d’une grande grève des ouvriers coupeurs en chaussures (Arch. Mun. Lyon, I 2/55, pièce 75).
Guillaume Chol fit alors partie de la Commission d’initiative chargée de la réorganisation de l’Internationale à Lyon, et, le 25 janvier 1870, il fut désigné avec G. Blanc, Palix, Placet et A. Richard pour s’occuper des questions de rédaction et de correspondance.
Tous les membres de la Commission d’initiative étaient révocables et rééligibles, mais Chol ainsi que G. Blanc, Bourseau, Louis Martin et A. Richard furent déclarés inamovibles « jusqu’à une décision spéciale et non prévue de la section ».
Le 13 mars, sur invitation imprimée signée Palix, Guillaume Chol, Busque (Arch. PPo., B a/439, pièce 5614) se tint, salle de la Rotonde, une réunion à l’issue de laquelle Chol fut nommé membre de la Commission fédérale de quinze militants qui succéda à la Commission d’initiative — Voir Léo Busque. Il était prévu que cette Commission fédérale serait renouvelée annuellement en assemblée générale ; deux délégués par corporation adhérente devaient être adjoints aux quinze membres élus (L’Internationale, 30 janvier, 27 mars 1870 ; Testut, L’Internationale, pp. 170 à 172).
Arrêté le 30 avril en raison de son appartenance à l’Internationale, Guillaume Chol bénéficia de l’amnistie lors de la proclamation de la République (Arch. PPo., B a/439). Il devint alors membre du Comité de Salut public, plus tard commissaire central à Lyon, puis commissaire du quartier Saint-Just.
À la suite de l’exécution du commandant Arnaud par des manifestants à la Croix-Rousse, le 20 décembre 1870, le 1er conseil de guerre de Lyon le condamna par contumace, le 19 mars 1871, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Voir Ballaz.
Le 12 mai 1871, Guillaume Chol s’inscrivait au bureau des étrangers de Genève. Mais, le 31 mai, il était arrêté sur mandat du parquet de Lyon pour détournement de fonds publics. La demande d’extradition en bonne et due forme n’ayant pas été faite en temps voulu, Guillaume Chol fut relâché le 26 juin et expulsé du canton de Genève. Le 28 juin, le Conseil fédéral accordait l’extradition, mais Guillaume Chol avait disparu. La police découvrit sa trace à Zürich et dans d’autres localités, mais ne put l’arrêter, car il avait déjà quitté la Suisse. Marie Cavin, « sa concubine », lui avait porté de l’argent à Zürich de la part de la société à laquelle il appartenait.
En janvier 1872, Guillaume Chol se trouvait à Londres (cf. Engels à Th. Cuno, 24 janvier 1872, in Marx e Engels, Corrispondenza con Italiani, 1848-1895).
En juin 1874, il fut arrêté à Bruxelles sur demande de la France. Le 3 octobre 1874, le 1er conseil de guerre, jugeant les anciens membres du Comité de sûreté générale qui avaient occupé à Lyon l’Hôtel de la police au moment de la chute de l’Empire et opéré des arrestations qualifiées d’illégales, eut à connaître encore une fois de Guillaume Chol qui fut condamné par contumace à quinze ans de travaux forcés, quinze ans de surveillance et à la dégradation civique. Selon Lyon-Journal du 4 octobre 1874, Chol fut « pour délit de droit commun, extradé de la Belgique où il s’était réfugié. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article55495, notice CHOL Guillaume, Jean-Marie, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 9 février 2019.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, série M, dossier Ducros. — Arch. Dép. Rhône, série R, conseil de guerre 1870-1871 (envahissement de l’Hôtel de Ville). — Arch. Dép. Rhône, série R, conseil de guerre 1874 (registre des jugements et dossiers individuels correspondants). — Arch. d’État, Genève, Étrangers et Arch. fédérales, Berne, Flüchtlinge 53. (Renseignements communiqués par M. Vuilleumier). — Gazette des Tribunaux, 9-24 mars 1871.

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