CAZE Robert

Par Marc Vuilleumier

Né à Paris — ou à Toulouse (Haute-Garonne) — le 3 janvier 1853, de parents toulousains ; mort le 28 mars 1886 ; communard.

Robert Caze suivit ses premières classes à Fontenay-aux-Roses, puis au lycée Charlemagne où il fut le condisciple de Jean Richepin, avec qui il resta lié. Il poursuivit ses études au lycée Bonaparte mais en fut renvoyé à la fin de la seconde. Il continua à travailler avec des répétiteurs privés.

Robert Caze collabora à la Jeunesse où il publia son premier poème, à la Tribune du Peuple, à la Joute. Il aurait pris plusieurs inscriptions à l’École de Droit.

Pendant la Commune de Paris, il fut secrétaire particulier de Paschal Grousset, délégué aux Relations extérieures et, à ce titre, proposa à Anatole France... l’ambassade de Londres.
Après la chute de la Commune, Robert Caze resta à Paris. C’est en 1872 seulement qu’il aurait passé son bachot. Il fréquentait alors un petit groupe d’étudiants qui cherchaient à entrer en relations avec les militants ouvriers. Gabriel Deville, qui l’a connu à ce moment, a écrit à son sujet : « C’était alors un jeune blanquiste portant lorgnon à verre fumé, selon l’ordonnance, et abusant des regards investigateurs ». Au printemps 1873, sans doute après la chute de Thiers, Robert Caze, craignant des poursuites, se réfugia en Suisse. En fait, la justice militaire ne l’a jamais recherché.

Robert Caze travailla en Suisse à la rédaction du Confédéré de Fribourg, puis il s’établit dans le Jura bernois où il collabora très activement au journal radical de Delémont Le Progrès (devenu en 1877 Le Démocrate). S’étant fait naturaliser, il fut nommé professeur de littérature française et d’histoire à l’École cantonale de Porrentruy en 1875. L’année suivante, il épousa la fille de l’imprimeur du Progrès, Boéchat. Il eut une carrière agitée, se brouillant avec ses collègues et les autorités scolaires. Ses nombreuses publications littéraires et politiques, ses polémiques dans les journaux locaux, sa satire mordante des mœurs locales dans certains de ses romans y contribuèrent pour une large part. Il aurait même, en cette période où le Kulturkampf battait son plein, publié anonymement des articles dans le journal catholique Le Pays, prenant vigoureusement à partie les curés libéraux « vieux catholiques ». Son identité ayant été découverte, il aurait été considéré comme un transfuge par ses amis radicaux. Le 1er avril 1877, le Bulletin de la Fédération jurassienne l’avait nommément pris à partie pour sa collaboration au Progrès qui traitait de « loque » le drapeau rouge. Robert Caze se justifia par une lettre que publia le numéro suivant du Bulletin (8 avril) : il prétendit avoir publié des articles sympathiques à la manifestation du 18 Mars que les « Jurassiens » venaient d’organiser à Berne ; il n’était nullement responsable de l’article incriminé.

Rentré à Paris en avril 1880, il collabora à toute une série de journaux, dont L’Intransigeant de Rochefort, avant de devenir secrétaire de rédaction du Réveil.

Nous n’avons pas à traiter de la carrière littéraire de Robert Caze, de ses romans qui le rattachent à l’école naturaliste, de son amitié avec Edmond de Goncourt, Huysmans, etc... Il mourut le 28 mars 1886 des suites d’un duel.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article54820, notice CAZE Robert par Marc Vuilleumier, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Marc Vuilleumier

SOURCES : Arch. PPo., B A/1004. — Lettre de Caze à G. Deville et V. Marouck, note de G. Deville (collection Maurice Dommanget). — Paul Alexis, « Robert Caze », Le Cri du Peuple, 3 avril 1886. — J. Reymond, « Robert Caze, journaliste, poète, professeur et romancier (1853-1886) », Actes de la Société jurassienne d’émulation, 1963, pp. 125-152.

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