CABANIÉ Bernard, dit Carcassonne-l’Ami-des-Arts

Par Gauthier Langlois

Né le 22 juillet 1810 à Villeneuve-lès-Montréal (Aude), mort le 21 octobre 1879 à Paris (XIe arr.) ; compagnon charpentier, professeur de charpente et de géométrie ; sympathisant de la Commune de Paris.

C’était le fils de Giles Cabanié, un charpentier instruit (il signait fréquemment comme témoin des actes d’état civil de sa commune), âgé alors de 30 ans, et de Catherine Ourière. Le 18 mars 1843 il épousa à Paris, civilement en la mairie du Ve arr. ancien et religieusement en l’église Saint-Laurent (Xe arr.), Augustine Joséphine Lagasse (1818-1876), une institutrice qui lui donna deux filles. Il résidait alors au 70 rue du Faubourg Saint-Martin et exerçait la fonction de professeur de mathématiques, sans doute à destination de charpentiers. Il fit paraître en 1853 un manuel, Charpente générale, théorique et pratique qui connut plusieurs éditions jusqu’en 1873.

Parallèlement à son activité d’enseignant il exerçait comme entrepreneur. En 1845 il créa avec quinze autres charpentiers dont Jean-Benoît Berton et quatre investisseurs, une société nommée « Compagnie des Charpentiers unis ». La raison sociale était : « MM. Gagneux, Cabanié et compagnie » et la société avait pour objet l’exploitation de travaux de charpente à Paris et hors Paris. Il résidait alors au 138 rue du Faubourg Saint-Denis (Xe arr.)

Pendant la Commune il fut l’un des délégués compagnons qui participèrent, aux côtés des francs-maçons parisiens — Voir Eugène Thirifocq — à la manifestation du 29 avril 1871 en faveur de la Commune de Paris. Il contresigna l’appel du 5 mai qui se terminait par ces mots : « Vive la République ! Vivent les Communes de France fédérées avec celle de Paris ! ».

Signèrent cet appel les délégués compagnons suivants : Cabanié, dit Carcassonne-l’Ami-des-Arts ; Cartier, dit Draguignan-le-Bien-Aimé ; Chabannes, dit Nivernais-Noble-Cœur ; Dumuis, dit Gâtinais-le-Protecteur-du-Devoir ; Gaillard, dit Angevin-l’Ami-des-Arts ; Gaillard Napoléon, dit Nîmois-le-Loyal ; Gandonin, dit le-Lyonnais ; Larrat-la-Vertu ; Lauriol, dit Carcassonne, C... M... D... D... ; Liberté-le-Nantais ; Ruffin, dit Courtois-le-Fidèle-Courageux (ou Comtois-le-Fidèle-Courageux) ; Thévenin, dit Nivernais-l’Ami-du-Tour-de-France ; Thomas, dit Poitevin-Sans-Gêne ; Vincent, dit Poitevin-l’Ami-de-l’Intelligence ; et aussi Agenais (L’), compagnon chapelier, Franc-Cœur de Marcilly Liberté-le-Nantais, Lyonnais-le-Flambeau-du-Devoir.

En 1876, alors âgé de 66 ans, il effectua un pèlerinage au sanctuaire de la Sainte-Baume (Var), en compagnie de trois autres compagnons charpentiers. Sur les registres ils signèrent : « Trois fameux gascons et un bon français, Carcassonne l’Ami des Arts, Albigeois l’Ami du Trait, Gascon l’Ami du Trait et Lyonnais la Fidélité ».

A son décès Bernard Cabanié résidait au 130 boulevard Voltaire (Paris XIe arr.). Il fut enterré au cimetière du Père Lachaise. Sur sa tombe figure le blason des compagnons passants charpentiers où s’entrecroisent l’équerre et le compas, mais aussi la besaiguë, outil emblématique du charpentier. Y figurent également les lettres U.V.G.T., abréviation dont la lecture la plus commune est la devise « Union, Vertu, Génie (ou Géométrie), Travail ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article54356, notice CABANIÉ Bernard, dit Carcassonne-l'Ami-des-Arts par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 2 mars 2019.

Par Gauthier Langlois

OEUVRE : Charpente générale théorique et pratique , Paris 1853-1873.

SOURCES : État-civil de Villeneuve-lès-Montréal et Paris (mariage 1843, décès 1879 XIe arr., acte 3536). — La Gazette des tribunaux, 5 octobre 1845, p. 4. — Benoît Malon, La troisième défaite du prolétariat français, 1871, p. 261. — Jean Vidalenc, « Un aspect de la vie ouvrière au XIXe siècle : le pèlerinage des compagnons du devoir du tour de France à la Sainte-Baume », Actes du 80e Congrès des sociétés savantes, Lille, 1955, p. 423. — Jules Moiroux, Le cimetière du Père-Lachaise, 1908, p. 92. — Note de Jean-Michel Mathonière.

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