BOURDON Antoine, Marie

Né le 6 novembre 1842 à Fleurieu-sur-Saône (Rhône) ; graveur sur métaux ; membre de l’Internationale.

Bourdon, qui habitait à Paris, 7, rue Louis-le-Grand, IIe arr., appartint à la sous-commission adjointe au premier bureau de Paris de l’Internationale installé le 8 janvier 1865, n° 44, rue des Gravilliers (Paris IIIe), et dont les secrétaires-correspondants étaient Tolain, Fribourg et Ch. Limousin. Il fut donc un des premiers adhérents de l’Internationale.
En février 1865, il fut un des signataires d’une déclaration de facture « ouvriériste » — Voir Jean Aubert. L’année suivante, il fit partie de la délégation de onze membres envoyée par le bureau de Paris pour assister au 1er congrès de l’AIT tenu à Genève, du 3 au 8 novembre 1866. À la suite de ce congrès dont Bourdon fut un des quatre secrétaires, le bureau de Paris se donna un règlement qui institua, en octobre, une commission administrative de quinze membres dont fit partie Bourdon qui remplit les fonctions d’archiviste. Voir Tolain.
Après le congrès de Lausanne, 2-7 septembre 1867, Bourdon ne fit plus partie de la commission dirigeant le bureau de Paris. Mais les quinze membres qui la composaient démissionnèrent le 19 février 1868 en raison des poursuites dont ils étaient l’objet, et ils firent place à une nouvelle commission de neuf membres qui fut élue le 8 mars. Elle comprenait Bourdon, Charbonneau, Combault, Granjon, Humbert, Mollin, et trois secrétaires-correspondants : E. Landrin, Malon et Eugène Varlin. Le siège de l’association était transféré rue Chapon. Tous les neuf furent, à leur tour, condamnés, le 22 mai suivant, à trois mois de prison et 100 F d’amende, la durée de la contrainte par corps étant fixée à trente jours. Cette condamnation fut confirmée en appel le 24 juin.
Détenus à Sainte-Pélagie, Antoine Bourdon et Charbonneau ne signèrent pas, le 17 septembre 1868 — pour des raisons que nous ignorons — la déclaration adoptée par leurs codétenus auxquels s’était joint Cluseret, protestant contre la résolution adoptée par le 3e congrès de l’Internationale, Bruxelles, 6-13 septembre 1868, résolution déclarant que la Ligue de la paix et de la Liberté n’avait pas de raison d’être. Les codétenus de Bourdon affirmaient que « le droit de se croire la seule expression des aspirations d’une époque ne peut appartenir à aucune association isolée ».
Lors des élections générales de mai 1869, Antoine Bourdon présenta, en compagnie de 19 autres citoyens membres comme lui de l’AIT, un programme d’inspiration républicaine et socialiste. Avec Delacour, Eugène Varlin et quelques autres, Antoine Bourdon fut signataire de l’acte constitutif du restaurant coopératif La Marmite.
Dans la Revue socialiste, n° 27, mars 1887, p. 224, n. 3, Malon l’a défini ainsi : « Bourdon était garantiste ou mieux fouriériste, et comme tel il approuva Varlin dans sa campagne initiale pour l’égalité civile, politique et économique des femmes. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article53707, notice BOURDON Antoine, Marie, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 18 décembre 2018.

PRINCIPALES COLLABORATIONS : Rédacteur à La Tribune ouvrière, 4 juin-9 juillet 1865 (n° 5), publiée par le bureau parisien de l’AIT ; administrateur, selon Fribourg (cf. L’Association internationale des Travailleurs, n. 23) de La Fourmi, n° unique publié à Bruxelles, 24 septembre 1865, par le bureau parisien de l’AIT ; collaborateur de l’Égalité de Genève, n° 1, 23 janvier 1869.

SOURCE : James Guillaume, L’Internationale, Documents et Souvenirs (1864-1878), Paris, 4 vol., 1905-1910, t. 1, p. 9, 64, 67, 68.

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