BERTIN Georges

Par Julien Chuzeville

Ouvrier fondeur à Paris ; coopérateur ; militant de l’AIT ; communard, secrétaire de la Commission du Travail et de l’Échange.

Le 15 mars 1868, Georges Bertin fut l’un des cosignataires de la convocation à une assemblée générale de « La Marmite », Société civile d’alimentation coopérative fondée par Eugène Varlin (Voir ce nom). Dans La Marseillaise du 13 février 1870, il cosigna avec Nathalie Le Mel un appel au nom du conseil d’administration de La Marmite. Deux jours plus tard, il cosignait dans le même journal une protestation contre l’arrestation de Varlin. Le 3 mars 1870, il signait seul, au nom du comité d’initiative, un appel à rejoindre « un troisième groupe de la Marmite » qui était en cours de formation à « Plaisance-Montrouge » (XIVe arr.). Dans La Marseillaise du 16 avril 1870, il signait un appel à une Assemblée générale des adhérents de La Marmite : « Pour le comité du 5e groupe, G. Bertin ».

Affilié, en avril 1870, à l’Association Internationale des Travailleurs, Georges Bertin signa le manifeste contre la guerre adressé aux travailleurs de tous pays, en juillet 1870.
Pendant le siège de Paris, il participa au journal La Résistance, « organe démocratique et social du XIVe arrondissement », aux côtés de Martelet et Sapia.

Durant la Commune de Paris, il fut secrétaire général de la Commission du Travail et de l’Échange. A ce titre, il fut lié à Léo Frankel, délégué de la Commune à la Commission Travail et Échange, puisqu’il visa en son nom une affiche du 13 mai 1871 relative à un décret de la Commune sur les marchés (l’affiche porte le numéro 316 ; le texte est reproduit dans le J.O., 15 mai 1871).
Il collabora à la Révolution politique et sociale, organe des sections internationales Gare d’Ivry et Bercy réunies (2 avril-15 mai 1871, voir Jules Nostag).

Réfugié à Londres, Bertin fit partie de la Section de langue française de Londres de l’Internationale, fondée le 19 novembre 1871 à Londres et fidèle au conseil général, dont il était toujours membre à la date du 31 août 1872. (Minutes...). Il était alors indiqué comme « peintre ». Il assista comme invité à la séance du Conseil général de l’AIT le 28 novembre 1871.
Il fut également membre de la Commission de contrôle de la Société des réfugiés (voir Ant. Arnaud). Fin janvier-début février 1872, certains dirigeants de la société ayant chassé un des adhérents, Traînard, accusé de vol, dont l’arrivée probable fut même signalée au commissaire de police de Boulogne-sur-Mer, Bertin, ainsi que Oudet, s’en indigna (Archives Eudes).
En Grande-Bretagne, il participa à un projet d’entreprise avec Fondevielle. Après son échec, il partit en 1873 en Roumanie avec Louis Bouilly. Il revint en France à une date inconnue.

Il écrivit la brochure « La Marmite. Restaurant coopératif de l’Union sociale. Rapport de la Commission d’initiative », publiée en 1894 à l’imprimerie Jean Allemane.

Georges Bertin se confond avec le « Bertin (de la Verrerie ouvrière) » qui prit la parole le 2 avril 1896 lors de l’enterrement de Léo Frankel, parlant « du rôle joué par Frankel durant la Commune » en particulier en faveur d’une « réglementation socialiste du travail ».

En 1897, il tint un « Bulletin de la coopération » dans le quotidien socialiste La Petite République, qu’il signait « G. Bertin ». Parmi les « qualités » de la coopération, il soulignait son « caractère absolu d’internationalité », et considérait qu’elle n’était qu’un des moyens pouvant « aider à la ruine du système capitaliste » (9 mai 1897).

Le 21 mars 1909, le journal socialiste L’Éclaireur de l’Ain écrivait : « Le citoyen Georges Bertin, ancien combattant de la Commune, fondateur de la Verrerie ouvrière et de nombreuses Sociétés coopératives de production, vient de mourir. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article52678, notice BERTIN Georges par Julien Chuzeville, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 25 mai 2019.

Par Julien Chuzeville

SOURCES : Arch. PPo., B a/368, B a/441, B a/1086 et listes de contumaces. — IISG Amsterdam, Fonds Descaves, Dossier Bourdeille. — Jacques Rougerie, « La Section de langue française de Londres », 1871, Jalons pour une Histoire de la Commune, Paris, PUF, 1973, p. 318-324. — Le Réveil, 12 juillet 1870. — Journal Officiel de la Commune, 15 mai 1871. — L’Union démocratique, 31 août 1872. — Le Conseil général de la 1re Internationale. Minutes. Édition soviétique en langue russe, 4e vol., 1870-1871, Moscou, 1965. — cf. Archives Eudes déposées à l’IFHS. — Les Révolutions du XIXe siècle. 1852-1872 (catalogue), Paris, EDHIS, sd. — Jacques Rougerie, Paris libre, 1871, Paris, Éditions du Seuil, 2004. — L’affiche du 13 mai 1871 est conservée par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. — Notes de R. Skoutelsky, M. Cordillot et L. Bretonnière. — Le Figaro, 20 mars 1871. — Paul Martinez, Paris Communard refugees in Britain, 1871-1880, thèse, University of Sussex, 1981.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément