BERNARDON Théodore

Né à Lucy-sur-Yonne (Yonne) le 9 janvier 1833 ; demeurant à Paris ; fabricant de fleurs artificielles ; communard.

Théodore Bernardon était marié et père de deux enfants (trois selon un rapport du 11 décembre 1873).
D’après les renseignements fournis par le ministère de l’Intérieur, Bernardon s’occupait activement de politique depuis 1869 (il fut membre de comités électoraux de la 1re circonscription au cours de cette année et fit propagande en faveur de la candidature Rochefort).
Durant la Commune de Paris, il est resté à la mairie de Montmartre où il a joué un rôle « très secondaire ou du moins bien dissimulé ». Il aurait quitté Paris le 4 avril 1871. S’il fut condamné, en 1865, à 50 F d’amende pour injures, il n’en n’est pas moins vrai qu’il avait bonne réputation et qu’il était considéré comme « un commerçant qui se trouve dans une assez bonne position de fortune ».
En 1872, Bernardon, de retour à Paris, entra en relations avec Van Heddeghem et fut arrêté le 31 décembre. Il apparaissait alors comme un « gros homme à la figure bon enfant et absolument insignifiant », si l’on en croit du moins le rédacteur de la Gazette des Tribunaux. Son affiliation à l’Internationale fut démontrée, paraît-il, par la correspondance saisie, mais on reconnut toutefois qu’il ne paraissait pas « avoir eu un rôle particulier ». Bernardon affirma n’avoir jamais fait partie de l’Internationale et déclara : « J’étais républicain sous l’Empire, voilà tout. » Le tribunal correctionnel de la Seine (10e Chambre) le condamna néanmoins, le 4 mars 1873, à un an de prison, 50 f. d’amende et cinq ans de privation de ses droits civiques (affaire Van Heddeghem, Larroque et Dubiau). Plusieurs négociants signèrent une requête en sa faveur et il bénéficia du témoignage favorable de son ancien patron qui déclara l’avoir employé huit années et avoir favorisé son établissement par une avance de fonds, en 1867.
Bien que sa situation commerciale fût devenue « des plus précaires », au dire même du procureur général, en février 1874, ce dernier ne trouva « aucun motif » d’accepter le recours en grâce du condamné.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article52563, notice BERNARDON Théodore , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 4 novembre 2018.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/796, n° 7611. — Gazette des Tribunaux, 5 mars 1873.

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