JORDERY Claude

Par Maurice Moissonnier

Né le 3 mars 1876 au Creusot (Saône-et-Loire), mort en déportation le 9 février 1945 à Bergen-Belsen (Allemagne) ; ouvrier ajusteur puis cheminot ; militant socialiste SFIO du Rhône ; maire d’Oullins (Rhône) de 1919 à 1940, conseiller général (1932-1940), député du Rhône (1936-1942), l’un des 80 parlementaires à avoir refusé la confiance au gouvernement de Vichy.

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]

Claude Jordery était l’un des quatre enfants d’une famille creusotine modeste. Après ses études primaires, il devint ouvrier ajusteur aux usines Schneider. En 1900, alors qu’il venait de se marier, il fut licencié à la suite d’une grève et contraint de quitter le pays pour trouver un emploi. La même forme de répression avait, à cette occasion, frappé plus de 150 familles. Installé à Oullins, il entra immédiatement aux ateliers du PLM. Il était déjà militant de la CGT. Il travailla au PLM jusqu’en 1910, date à laquelle il fut révoqué à la suite de la grève brisée par Aristide Briand. À cette époque, il adhéra au Parti socialiste SFIO. Il entra ensuite à l’atelier de fabrication de Lyon, 2 rue Bichat (Arsenal de Perrache) qu’il quitta volontairement à la fin de 1919 alors qu’il était chef d’équipe, pour se consacrer à sa fonction de maire d’Oullins.

Claude Jordery avait en effet été élu conseiller municipal SFIO d’Oullins en 1912 avec le docteur Georges Lévy*. Affecté spécial pendant la guerre, il fut élu maire socialiste de la ville en novembre 1919, fonction qu’il conserva jusqu’en 1940, date à laquelle il fut destitué par le gouvernement de Vichy. Au moment du congrès de Tours, décembre 1920, Claude Jordery suivit la majorité et adhéra au Parti communiste, mais il n’y resta que quelques mois et son rôle y fut d’une extrême discrétion. Un compte rendu du Bureau politique, daté du 21 juillet 1924, signale son exclusion (I.M.Th., 64). De retour au Parti socialiste SFIO, il y milita jusqu’à la fin de sa vie.

En 1932, puis en 1938, il fut élu conseiller général du Rhône (canton de Saint-Genis-Laval). Lorsque Léon Blum* vint à Lyon en 1936 pour y tenir un meeting à la Bourse du Travail, il figurait au bureau de la réunion en compagnie d’André Philip* et André Février*, futurs ministres. Candidat dans la 11e circonscription de Lyon en avril-mai 1936, il avait obtenu 5 649 voix au premier tour contre 10 302 à l’URD Ruelle, 5 648 au radical socialiste Douzet et 3 994 au communiste Airoldi. Grâce à une voix d’avance, il fut désigné comme le bénéficiaire du désistement de Front populaire et élu au second tour.

Claude Jordery combattit le courant néo-socialiste, condamna le Pacte germano-soviétique et, en juin 1940, fut l’un des quatre-vingts parlementaires à refuser la confiance au gouvernement Pétain. Révoqué de ses fonctions de maire d’Oullins, il participa à la Résistance et entra au collectif de direction du Front national sur le plan régional.

En avril 1944, il fut arrêté au cours d’une opération conjointe de la Milice et de la Gestapo.

Déporté à Bergen-Belsen, Claude Jordery y mourut le 9 février 1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article5206, notice JORDERY Claude par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 30 novembre 2008.

Par Maurice Moissonnier

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, élections de 1936, 644. M. — I.M.Th., microfilm 64. — Presse locale : Le Progrès, Lyon Républicain, 1932, 1936, 1938. — J. Jolly, Dictionnaire des Parlementaires, op. cit. — Informations transmises par M. Paul Jordery.

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