DUCLOS Jacques [version DBK]

Par Serge Wolikow

Né le 2 octobre 1896 à Louey (Hautes-Pyrénées), mort le 25 avril 1975 à Montreuil (Seine-Saint-Denis) : un des trois principaux dirigeants du PCF durant près de cinquante ans avec Maurice Thorez et Benoît Frachon ; membre du comité central (juin 1926-1975) ; entré au bureau politique en 1931 et au secrétariat de 1933 à 1964. Élu au Comité exécutif de l’Internationale communiste en 1935, un des principaux responsables du Mouvement communiste international. Sous l’Occupation, J. Duclos eut en France, avec Benoît Frachon, l’essentiel de la responsabilité du Parti ; député de la Seine de 1926 à 1932, de 1936 à 1940 et de 1944 à 1958 ; sénateur de la Seine de 1959 à sa mort ; candidat à l’élection présidentielle de juin 1969.

Jacques Duclos en 1926

Jacques Duclos naquit à quelques kilomètres de Tarbes. Son père exerçait la profession de charpentier et sa mère celle de couturière. Sa formation première se partagea entre l’instituteur laïc et le curé qui lui inculqua une solide éducation chrétienne. Doué pour les études, J. Duclos passa son certificat à douze ans. Mais, faute de moyens financiers, l’adolescent dut entrer en apprentissage. Ce brutal coup d’arrêt le marqua profondément et détermina deux traits constants de son caractère : comme chez beaucoup d’autodidactes, une extraordinaire boulimie de lectures et de connaissances et la volonté enracinée de lutter contre une société qui ne permettait pas aux couches les plus pauvres d’accéder à la culture et de bénéficier d’une promotion sociale.

Apprenti pâtissier à Tarbes, il était à quinze ans, un ouvrier qualifié et il décida de « monter » à Paris où il travailla chez un pâtissier. De 1912 à 1914, il élargit sa culture et commença à s’intéresser à la politique. En avril-mai 1914, il participa à la campagne électorale dans le XVIIIe arr., secteur Goutte-d’Or-la-Chapelle, où Marcel Cachin* était candidat.

Cette même année et pour la première fois, il alla à la manifestation du Mur des Fédérés et découvrit à cette occasion l’histoire de la Commune.
Mobilisé le 1er avril 1915, il combattit à Verdun en juin 1916 puis participa à l’offensive du 16 avril 1917, sanglant échec qui provoqua des mutineries. Fait prisonnier et envoyé en Allemagne au camp de Meschede en Westphalie, il y rencontra des Russes déjà touchés par la Révolution de février 1917. Après l’armistice il revint en France et, après une permission d’un mois, réintégra l’armée à Tarbes. Démobilisé le 19 septembre 1919, il arriva à Paris en octobre et fut réembauché comme ouvrier pâtissier. Pour J. Duclos, comme pour tous ceux de la « génération du feu », cette expérience de la guerre fut décisive et marqua son engagement de toute une vie. Rapidement, il adhéra à l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants) et, bien que non membre du Parti, assista aux réunions de la section socialiste SFIO du Xe arr. Son militantisme à l’ARAC et à la SFIO se renforça à tel point que le 30 décembre 1920, au soir du congrès de Tours, il adhéra au nouveau Parti.

Jacques Duclos fit son apprentissage de militant communiste dans la section du XXe arrondissement. Il se familiarisa « avec beaucoup d’appréhension au début », selon ses Mémoires, avec les classiques du marxisme, notamment les ouvrages de Marx, Engels et Lénine et prit part à la discussion et l’action sur tous les plans : campagne électorale de 1921 dans le 2e secteur de Paris en faveur de Loriot* et de Souvarine emprisonnés pour complot ; luttes pour l’amnistie de ceux, Badina et Marty en premier lieu, qui avaient défendu en mer Noire la Révolution russe ; lutte en 1923 contre l’occupation de la Ruhr ; prises de position lors des congrès syndicaux (Lille, juillet 1921) et surtout des congrès du Parti (Marseille, décembre 1921 et Paris, octobre 1922). Au cours de cette période les courants — droite gauche, centre — divisaient le Parti. Duclos s’affirma écrivit-il en 1968, en faveur de la gauche tout en manifestant réserves, voire antipathie à l’égard de certains militants, notamment Treint* et Souvarine.
Désigné comme candidat de la 10e section pour les élections législatives de 1924, J. Duclos fut sans doute remarqué par Marcel Cachin* avec qui il mena campagne, pour ses grandes qualités d’orateur populaire. Il échoua de peu ; toutefois cette candidature marqua son entrée dans la politique professionnelle et publique.

La même année, il fut choisi pour participer à la première école centrale de formation du PCF, l’École de Bobigny. Il s’y montra un élève doué et fut chargé de remercier le Parti au nom de ses camarades d’école, lors du 5e congrès du PCF (Clichy, 17-21 janvier 1925). A. Kurella* avait sollicité une autobiographie des élèves ; Duclos se prit au jeu et écrivit avec un plaisir évident un texte qui fut publié en russe, par Kurella*, dans La génération léniniste. À vingt-neuf ans, J. Duclos devint permanent, il le resta jusqu’à sa mort ; malgré son jeune âge, il faisait figure d’homme mûr parmi tous les jeunes qui étaient déjà en poste à la direction du Parti (Thorez, 24 ans, Doriot*, 27, Ferrat*, 23).

De 1926 à 1928, Jacques Duclos connut sa première notoriété politique. Le PCF le choisit, en compagnie d’Albert Fournier, comme candidat à une élection partielle, en mars 1926, dans le 2e secteur de Paris, qui constitua un véritable test national, d’autant que la droite avait décidé de présenter deux brillants sujets dans ce secteur ouvrier : Paul Reynaud et De Kérillis. La campagne, menée en tête par Cachin* dans l’Humanité, fut intense pendant plusieurs mois. Grâce à une tactique habile (ouverture spectaculaire vers les petits commerçants, les socialistes et les radicaux, attaques personnelles contre De Kérillis) et à un travail acharné,

J. Duclos et A. Fournier furent triomphalement élus au second tour le 28 mars 1926. Dès lors, l’étoile de J. Duclos ne cessa de monter dans le Parti. Fort de sa nouvelle autorité et de son immunité d’élu du peuple, il fut chargé de reprendre en main l’ARAC, en tant que secrétaire général et d’y susciter l’organisation de groupes constitués sur le modèle du « Rote Front » allemand. Ainsi naquirent les Groupes de défense antifasciste (GDA) et les Jeunes gardes antifascistes (JGA) ; rapidement, et souvent sous la direction personnelle de J. Duclos, elles menèrent une campagne d’agitation qui culmina lors d’un grand rassemblement en « uniforme » le 11 novembre 1926 à Saint-Denis. Ces succès furent reconnus au 6e congrès du Parti (Lille, 20-26 juin 1926), où J. Duclos fut au nombre des soixante membres du nouveau comité central.

Parallèlement, Duclos était nommé gérant du journal antimilitariste du PC, La Caserne, qui, début juillet 1926, lança une campagne contre les gradés, surnommés les « gueules de vache ». Les ventes doublèrent mais, rapidement, la justice sévit. Le 21 octobre 1926, Jacques Duclos fut inculpé avec Barbé* de provocation de militaires à la désobéissance et il fut condamné le 3 janvier 1927 à deux ans de prison et 2 000 F d’amende. Huit jours plus tard, il était à nouveau condamné : huit mois avec André Marty, pour un article paru dans « La page de Jean le Gouin », édition spéciale de La Caserne destinée aux marins. Le 10 mai 1927, dans un discours resté célèbre (« Le communisme, voilà l’ennemi »), le ministre de l’Intérieur A. Sarraut demanda la levée de l’immunité parlementaire de Duclos*, Doriot* et Vaillant-Couturier*. La Chambre refusa mais J. Duclos vit confirmer le 18 mai en appel ses deux ans de prison, alors que Doriot n’était condamné qu’à dix-huit mois. J. Duclos* devint la cible principale de la justice : le 20 juillet, ses huit mois furent confirmés en appel et la Cour de cassation rejeta son pourvoi ainsi que celui de Marty, le 11 août.

Le 14, ce dernier était arrêté mais J. Duclos, lui, participa au congrès de l’ARAC à Clichy avant de partir discrètement pour Tarbes où il fut arrêté le 9 septembre. Ramené à Paris, il fut incarcéré à la Santé où il retrouva Cachin*, Doriot*, Monmousseau*, Barbé*, etc. Début septembre, il fut à nouveau condamné pour des articles de La Caserne : il totalisait alors trente ans de prison et 18 000 F d’amende.

Le 2 novembre, Duclos, Cachin*, Doriot* et Marty furent remis en liberté provisoire pour assister à la session parlementaire. En décembre, à la veille de la clôture de cette session, Duclos se réfugia dans la clandestinité chez Jules Lauze, maire communiste de Villetaneuse. Début 1928, signe de son ascension, il fut envoyé clandestinement à Moscou. Il présenta un rapport sur la situation française, fut invité au congrès de l’ISR et fit partie de la délégation française reçue par Staline. C’est à Moscou qu’il apprit sa désignation comme candidat communiste aux législatives de 1928, dans le XXe arr., face à Léon Blum. De toute évidence, les directions française et internationale avaient une confiance croissante en lui. Revenu clandestinement en France et toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, Duclos, comme Thorez et Doriot*, dut mener sa campagne par personnes interposées. Une seule fois, le 19 avril, il participa par surprise, à un meeting à Saint-Denis. Le préfet Chiappe mobilisa ses troupes pour saisir l’insolent, mais sans succès, et, le 21 avril, au premier tour, J. Duclos arrivait en tête avec 7 700 voix contre 6 000 à Léon Blum. Celui-ci se maintint au second tour, geste peu apprécié de l’électorat ouvrier et, le 29 avril, J. Duclos fut élu avec plus de mille voix d’avance sur son concurrent socialiste qui se trouva ainsi privé de toute tribune au Parlement. Toutefois, le gouvernement maintint sa politique fermement anticommuniste, la Chambre refusa l’immunité pour les députés poursuivis et J. Duclos dut rester caché. À l’été 1928, il fut envoyé à Berlin pour s’occuper de l’Internationale des anciens combattants. Fin 1928, il demanda à être rapatrié en France pour suivre de plus près, de sa « cache », le 6e congrès du Parti, (Saint-Denis, 31 mars-7 avril). Le 9 juin, il participa à la réunion secrète du comité central à Achères au cours de laquelle Thorez fut arrêté par la police. Clandestin, J. Duclos parvint à s’enfuir ainsi que Ferrat* et il passa toute la fin de 1929 de « planque » en « planque », en France et en Belgique, alors que la direction était décimée par des arrestations successives, notamment à l’occasion du 1er août.

Rappelé à Moscou par le CE de l’IC au début de janvier 1930, J. Duclos fut chargé de reprendre en mains le PC espagnol très faible et déchiré de tendances. Il passa quelques mois dans ce pays, clandestin, et contribua à faire accéder à la direction du PCE des cadres qui devaient être de fidèles kominterniens (Dolorès Ibarruri dite « La Passionaria », José Diaz, etc). Revenu à Moscou pour rendre compte, il repartit ensuite pour Madrid puis Barcelone où il engagea la lutte contre les tendances trotskistes. Début janvier 1931, le nouveau gouvernement français fit voter une loi de suspension de peine pour les députés communistes poursuivis. Le 17 janvier 1931, une réunion du Secrétariat latin décida du retour de Duclos en France ; dès l’arrivée de J. Humbert-Droz, son remplaçant en Espagne,
J. Duclos revint à Paris. En avril 1931, la monarchie espagnole s’effondra, la République fut proclamée, des élections se préparèrent : J. Duclos fut à nouveau envoyé en Espagne pour conseiller la direction du PCE et tenir quelques meetings. De retour en France, le 29 mai, il présenta un long rapport sur la situation révolutionnaire en Espagne.

À la suite du 11e plénum de l’IC, il présenta, le 17 juillet un rapport sur la situation du PCF. Il apparaissait déjà comme un dirigeant pour le Secrétariat de l’IC, avec qui il était en contact étroit. Dans l’affaire du « Groupe », J. Duclos qui ne semble pas avoir été dans la confidence, fut d’abord réservé. Lors du BP du 1er août il approuva prudemment la lettre de l’IC qui évoquait les groupes : « Certes il y a des tendances à l’esprit de groupe mais à ma connaissance pas de groupes constitués. » La réunion du Présidium de l’IC du 25 octobre 1931 sur le groupe Barbé*-Celor*, aboutit à une réorganisation de la direction dans laquelle Duclos fut promu au bureau politique et au secrétariat avec la charge essentielle de l’organisation.

Le 1er décembre, J. Duclos rapporta devant le BP sur la question des cadres et de l’organisation. Puis, suivant la résolution du CC du 4 décembre 1931, il devint le responsable de la commission des cadres lors de sa formation. Il s’adjoindra Albert Vassart puis plus tard Maurice Tréand.

Le 8 janvier 1932, il présenta, devant le Secrétariat latin un nouveau rapport sur la situation organisationnelle du PCF. Lors de la réunion du Présidium entièrement consacrée à la question française tenue le 17 janvier 1932, J. Duclos fit le point sur l’état des forces du Parti en dressant un tableau qui mettait l’accent sur la faiblesse des cadres ainsi que sur le manque de discipline et la difficulté de coordonner le travail parlementaire. Les mois suivants il s’efforça, avec difficulté, de mettre en œuvre une orientation critiquant le sectarisme tout en réaffirmant le bien-fondé de la politique « classe contre classe » en vue des prochaines élections. À la veille de celles-ci, il confirma cette analyse devant le 7e congrès du Parti, 11-19 mars 1932. Après la déroute électorale du Parti, la direction de l’IC accueillit Duclos à Moscou où il exposa la situation du Parti devant le Secrétariat le 27 juin 1932. Puis il participa aux réunions du Secrétariat latin qui précédèrent le 12e plénum durant lequel la composition de la direction du PCF fut entièrement réexaminée. Il fut ainsi à Moscou durant l’été 32 et participa à la discussion de la commission française réunie avant le 12e plenum. Puis lorsque tous les dirigeants du Parti furent conviés à faire des propositions pour la nouvelle direction il ne fit pas l’unanimité : Marty le proposa mais non Thorez. De fait, son bilan à l’organisation n’était pas fameux et comme il ne pouvait revenir en France dans l’immédiat en raison des poursuites, il perdit ses fonctions à l’organisation. Il se vit confier une tâche dans un Secrétariat international aux côtés de Marty, Semard* et Monmousseau*. Durant quelques mois, il resta en URSS puis revint en France à la fin de l’année, à la faveur du vote d’une amnistie. Une circulaire de la commission politique de l’IC, en date du 15 décembre 1932, précisa son appartenance au secrétariat du Parti. Il allait désormais retrouver les activités de propagande et la coordination du travail parlementaire qui lui convenaient bien davantage.

Au début de 1933, il travailla à la préparation du congrès de Pleyel contre la guerre et le fascisme, tenu le 4 juin. Après avoir dû interrompre son activité pendant plusieurs mois du fait de la maladie, il joua à nouveau un rôle important dans l’ARAC au début de 1934 en appliquant la ligne intransigeante définie par l’IC lors de son 13e plénum (décembre 1933). Il suivit la ligne de l’IC, hostile à toute convergence avec les organisations socialistes, lors des événements de février 1934 et défendit cette orientation au sein de l’ARAC contre ceux qui plaidaient en faveur d’actions communes. Cependant, après l’inflexion de l’IC survenue à la fin du mois de mai, Duclos fut l’un des plus actifs dans la mise en œuvre de la nouvelle orientation.

Le 25 juin 1934, il fut à la tête d’une délégation communiste qui conclut un accord avec la Fédération socialiste de la Seine. Devant le Secrétariat de l’IC, Piatnitsky* mit en avant son rôle, le 3 août 1934. Ce mois, J. Duclos fut mis à contribution pour stigmatiser les Jeunesses communistes belges qui venaient de s’entendre avec les Jeunesses socialistes et trotskistes : il écrivit dans l’Humanité du 31 août que « la lutte pour l’unité d’action ne saurait [...] se séparer de la lutte contre les trotskistes qui sont les ennemis les plus haineux de l’URSS et de l’action commune des prolétaires ». Le 11 octobre, J. Duclos reprit ses attaques contre Trotsky* dans l’Humanité, et le 18 décembre, après l’assassinat de Kirov et la répression qu’il provoqua, il écrivit un nouvel article, « La révolution se défend » ; il y justifiait par avance toutes les mesures qui allaient être prises contre le groupe Zinoviev*. Le 28 décembre, il titra encore : « L’acte d’accusation de Nicolaiev montre la complicité de Trotsky* dans l’assassinat de Kirov » et le 7 janvier 1935 : « Trotsky et l’assassinat de Kirov ». Ainsi, Duclos apparaissait comme l’ennemi de tout « déviationnisme » et un défenseur inconditionnel de la politique stalinienne.

Durant tout le deuxième semestre 1934, il s’affirma comme l’un des principaux éditorialistes de l’Humanité tout en participant à de très nombreuses réunions publiques. Il devint alors l’élément moteur de toute la propagande du Parti. Grâce à ses qualités d’homme de contacts, en cette période d’ouverture de la politique communiste, il put donner toute la mesure de son talent et de son efficacité par un travail acharné. Il supervisa les démarches en direction des radicaux et des socialistes, et représenta le PCF au Stade Buffalo le 14 juillet 1935, aux Assises de la Paix où, pour la première fois, il fit chanter la Marseillaise par des militants communistes.

Fin juillet, il participa au VIIe congrès de l’IC qui décida d’une nouvelle politique antifasciste. Lors de ce congrès, le PCF, grâce à ses succès, apparut en vedette et J. Duclos fut nommé membre du Comité exécutif. Revenu avant le reste de la délégation, il eut alors en charge tout le Parti. À l’automne, il dirigea la délégation communiste dans les pourparlers de réunification SFIC-SFIO qui n’aboutirent pas. De concert avec Thorez* et Cachin*, il multiplia les déclarations sur l’éventuelle participation des communistes à un gouvernement de Front populaire. Après les remarques critiques de la direction de l’IC, répercutée par Togliatti* et Manouilski*, Duclos et Thorez* admirent que la question n’était pas d’actualité et renoncèrent à l’envisager dans la campagne électorale. En décembre 1935, l’IC demanda à J. Duclos de rencontrer Largo Caballero, leader des socialistes espagnols, pour le convaincre de la nécessité d’un Front populaire en Espagne, à l’image et à l’exemple français ; sa mission fut couronnée de succès, ce dont il rendit compte fin décembre à Moscou. Selon Antonio Elorza et Marta Bizcarrondo, l’IC appréciait les capacités de Duclos « un méridional qui connaissait bien l’Espagne et parlait castillan avec un type d’expression franche et populiste utile pour gagner la confiance du leader socialiste… ». Durant ce séjour, il présenta également devant le Secrétariat latin un rapport sur la situation du PCF et la préparation de son congrès. Lors du 8e congrès du PCF (22-25 janvier 1936, Villeurbanne), il intervint sur l’avenir de la jeunesse et devint « officiellement » le responsable de la propagande du Parti.

Candidat à Montreuil-sous-Bois lors des élections législatives de mai 1936, il fut élu au second tour et désigné secrétaire général du groupe communiste à la Chambre le 26 mai. Au lendemain des élections, Marty* s’inquiéta de la politique du secrétariat qu’il soupçonnait d’être favorable à la participation gouvernementale. Le 3 mai, il demanda à J. Duclos une réunion préalable à celle des députés et le 8 juin, il rappela devant l’IC que Fried*, Thorez, Duclos et Péri avaient, en marge du BP, multiplié des contacts exploratoires avec certains milieux parlementaires.

Le 4 juin, Duclos fut élu vice-président de la Chambre des députés. Pendant l’été 1936, il participa tous les mercredis matins avec Thorez à des rencontres avec Léon Blum. Dès que la rébellion franquiste éclata en Espagne, il fut chargé de superviser l’action du PC espagnol. En août, il participa à la conférence européenne pour la défense de la République espagnole et de la paix. Désigné comme membre d’une délégation, il partit pour l’Espagne le 27 août avec Jean Zyromski, Eugène Hénaff et le sénateur socialiste suédois Branting. Reçu par Companys à Barcelone et par Azana à Madrid, il conseilla au PCE, — le problème de la présence de communistes au gouvernement étant posé — de participer, ce qui fut réalisé.

De février à avril 1937, J. Duclos s’occupa très activement de l’Espagne. Fin février, il rencontra à nouveau L. Caballero et, surtout, supervisa la préparation d’un important congrès du PC espagnol. Le 11 mars, il partit pour Londres représenter le PCF au Comité international de coordination et d’information pour l’aide à l’Espagne républicaine. Le 21 avril, il fut le principal organisateur d’une réunion secrète des partis communistes européens tenue à Paris, destinée à intensifier l’aide à l’Espagne, à étudier les problèmes s’y rattachant et à assurer la prédominance du PC espagnol.

Parallèlement, Jacques Duclos participa de 1937 à 1939 aux grandes campagnes politiques : soutien aux petits propriétaires, aux retraités, aux commerçants, aux fonctionnaires, lutte contre la fiscalité trop lourde, pour la révision du budget, etc. Il devint ainsi le responsable attitré de l’ouverture communiste vers les classes moyennes. En septembre et octobre, il fut à la tête de la campagne pour les élections cantonales ; puis il participa au congrès d’Arles des 25-29 décembre 1937 où il prononça un rapport sur l’unité socialiste-communiste et fut reconduit dans ses fonctions de secrétaire du Parti.

Le 13 janvier 1938, il fut réélu vice-président de la Chambre des députés. Fin mars, il était à nouveau en Espagne. Il se consacra également au problème des intellectuels et de la culture. Avec l’aide de Eugen Fried* assisté de Jean Bruhat, il mena à bien la fondation d’un Musée de l’Histoire, inauguré en sa présence à Montreuil le 25 mars 1939. Il consacra aussi beaucoup de temps à représenter le PCF dans les congrès des nombreuses associations qui lui étaient liées : Paix et Liberté, Secours populaire de France, Vieux de France, Jeunesses communistes, etc.

Les liens de J. Duclos avec les services soviétiques de renseignement ont été mis en avant par des oppositionnels qui comme Trotsky le considéraient comme un agent du NKVD. Sans que l’on puisse écarter de telles relations avec ces organismes notamment à la faveur de ses séjours en URSS en 1930 et 1932, il semble que la situation de Duclos ait connu de fortes fluctuations comme en témoigne son dossier biographique que la section des cadres de l’IC ne cessa de mettre à jour. À la lumière de ces archives, M. Narinski a montré que, après 1932, J. Duclos fit l’objet de critiques puis de soupçons de la part de Staline* et de ses services qui envisagèrent même de l’impliquer dans un procès contre les dirigeants communistes occidentaux. Selon Alexis Varksberg, Berta Platten-Zimmerman*, arrêtée en 1937, avoua être une espionne et une trotskiste liée à des agents connus des services secrets étrangers comme Jacques Duclos, Palmiro Togliatti*, Wilhelm Pieck, Harry Pollit, Clement Gottwald.

Lors des interrogatoires, des kominterniens firent des aveux mettant en cause J. Duclos et précisant qu’il aurait été recruté comme agent par les services secrets. Piatnitsky* dut témoigner contre Duclos. Richard Merhring précisa que Duclos avait rencontré Trotsky et avait donné son accord pour participer à un complot contre Staline*. Sous la direction de Blagoeva, la section des cadres avait inscrit sur la fiche biographique du dirigeant français une série de remarques négatives depuis qu’il avait été libéré, à l’automne 1932, de ses responsabilités de secrétaire à l’organisation. Il lui était ainsi reproché un manque de rigueur dans l’organisation du travail illégal du Parti et un penchant exagéré pour l’activité parlementaire. Le rapport précisait : « Il ne sait pas s’orienter dans des circonstances difficiles et les brusques revirements, il a toujours manifesté des tendances opportunistes et parlementaires qui se sont renforcées ces derniers temps du fait de sa position au parlement. »

C’est en vacances dans les Pyrénées que Duclos apprit, le 23 août 1939, la nouvelle du Pacte germano-soviétique. Revenu d’urgence à Paris, il prépara immédiatement le passage de la direction dans la clandestinité, tout en participant aux différentes réunions du groupe parlementaire communiste. Il suivit d’abord sans réticences la ligne de l’IC qui continuait de prôner une ligne antifasciste. En dépit de tiraillements dans le groupe parlementaire communiste, celui-ci maintint son unité en réaffirmant son soutien à la défense nationale contre le nazisme. Du fait de la mobilisation de nombreux dirigeants dont Thorez, J. Duclos prit en charge le secrétariat assisté de Monmousseau et Bonte, selon Dallidet qui rapporta le 17 septembre à Moscou une communication de Duclos sur la situation du PCF, faite le 8 septembre. La caractérisation du conflit illustrait l’attachement persistant des dirigeants français à la thématique antifasciste : « La guerre qui est commencée est une guerre impérialiste ayant un caractère révolutionnaire antifasciste. » Les nouvelles orientations de l’IC, imposées par Staline* au même moment, prirent le PCF à contre-pied. Dès le 9 septembre, des directives furent envoyées au PCF comme aux autres partis pour qu’ils modifient complètement leur ligne politique. Tant qu’il resta en France, J. Duclos ne fut pas le destinataire des télégrammes. Il prit sa place dans le système de direction du PCF défini par l’IC, Tréand rejoignant Fried* déjà installé en Belgique.

J. Duclos fut également convié à s’y rendre, après l’interdiction du PC le 26 septembre. Il le fit, après avoir supervisé la rédaction de la « Lettre du Groupe ouvrier et paysan », signé Bonte et Ramette*. Cette initiative préconisée par l’IC fut critiquée sur le fond car fut jugée insuffisamment offensive, à l’image du comportement des députés communistes. Tenu pour responsable, J. Duclos fut même pressenti pour retourner en France exposer la politique de l’IC : « S’il n’était pas possible de corriger autrement la ligne des députés nous considérons qu’un des dirigeants, par exemple Duclos, doit paraître au procès pour lui donner une orientation désirable en se comportant comme Karl Liebknecht. » Au moment du départ de Thorez pour l’URSS, J. Duclos vint donc rejoindre Tréand à Bruxelles tandis que Frachon et Dallidet restaient en région parisienne. À la suite d’une réunion tenue le 8 septembre à Bruges où se trouvaient également Thorez et Ramette*,

J. Duclos s’installa durablement à Bruxelles. Après un temps de latence, durant le dernier semestre de 1939, au cours duquel Tréand* apparut, après Fried*, comme le principal interlocuteur de l’IC pour le PCF, Duclos se vit reconnaître un rôle dirigeant effectif aux côtés de Fried*, sans qu’il soit pourtant exclusif. Un télégramme envoyé en janvier 1940 par Dimitrov* aux deux responsables le définissait ainsi : « Nous vous considérons comme personnellement responsables pour la ligne du Parti, pour sa juste réalisation par la direction dans le pays, notamment l’attitude des députés devant le tribunal, et en collaboration avec Legros M. Tréand pour assurer les liaisons avec Paris. Nous vous demandons de nous informer régulièrement sur toutes les questions. »

Durant plusieurs mois, Duclos participa donc depuis Bruxelles à l’activité du PCF. Au moment de l’attaque allemande en mai 1940, l’Internationale envisagea que Duclos et M. Tréand quittent la Belgique pour la Suisse, comme l’atteste un télégramme de Dimitrov* du 15 mai. L’avancée des troupes allemandes déjoua ce plan et finalement Fried* s’employa à installer Duclos et M. Tréand à Paris, le 15 juin, juste après l’arrivée des troupes allemandes.

Durant les deux dernières semaines de juin, les deux dirigeants s’efforcèrent de reconstituer l’organisation du Parti. Des contacts furent pris avec les autorités allemandes, notamment en vue de la reparution de journaux communistes. J. Duclos ne participa pas physiquement à ces négociations mais il ne les ignora pas. M. Tréand occupa le devant de la scène mais tous deux signèrent conjointement les missives envoyées à Moscou pour relater les pourparlers et les péripéties qui les accompagnaient. Dès lors il n’est plus possible de s’en tenir à la thèse défendue par Duclos dans ses Mémoires selon laquelle il s’agissait d’initiatives individuelles. En réalité, la rapidité des contacts pris témoignent bien qu’il s’agissait d’appliquer une ligne internationale. Duclos pilota personnellement les prises de contact avec les autorités allemandes par Denise Ginollin et par M. Tréand pour publier l’Humanité et faire revenir le Parti communiste dans un début de légalité. Pourtant l’IC s’inquiéta rapidement des risques pris. Thorez à Moscou obtint de Dimitrov qu’il alerte les dirigeants soviétiques, Staline notamment, sur les inconvénients irrémédiables qu’une compromission avec les nazis pourrait entraîner. Dès la fin juin, la tonalité des textes envoyés en France par l’IC mirent l’accent sur l’indépendance nationale. À la mi-juillet, les consignes se précisèrent à l’adresse de Duclos qui se vit tout à la fois interpellé et intronisé comme principal dirigeant du PC en France. Thorez explicita sa pensée en demandant que le Parti se démarque totalement des nazis et renonce à ses projets : « Plutôt renoncer à publication que ternir renommée journal et porter atteinte autorité Parti. » Il ajouta au nom de la direction de l’IC : « Considérons Jacques comme personnellement responsable de la stricte et sévère application de la présente directive. »

Quand les inquiétudes de l’IC s’affirmèrent les semaines suivantes, elles n’épargnèrent pas J. Duclos qui fut invité à rectifier la ligne du PC. En réponse aux missives de l’IC signées de Dimitrov*, Thorez et Marty->24000] qui attiraient l’attention des dirigeants du PCF sur les risques et les chausses trappes, des rapports signés de Duclos et Tréand* présentèrent des comptes rendus très optimistes sur la situation du Parti. Les chiffres avancés sur la diffusion de la presse, les indications sur l’activité des organisations du PC constituaient une réponse dont M. Tréand semblait encore garder l’initiative. Dès lors, l’IC précisa ses recommandations en reléguant M. Tréand au travail illégal tandis que Duclos était censé s’occuper du travail politique général et de la propagande. Les questions d’organisation supervisées par Frachon durant la période précédente et que M. Tréand avait de fait repris en main depuis son retour furent difficilement contrôlées par Duclos en dépit des directives de l’IC. Durant plusieurs mois, Duclos cosigna avec M. Tréand et Frachon* des rapports dont il n’était pas nécessairement le rédacteur. En fait Duclos ne possédait pas de liaison directe avec Moscou. Il prit le contrôle des relations avec l’IC au prix d’un affrontement avec M. Tréand qui se vit privé de son appareil technique mais en mars 1941, seulement.

Jacques Duclos mit en cause la politique de réorganisation du PC dans la région parisienne depuis le mois de juin. Il obtint l’appui de Fried* qui lui apporta son soutien auprès de Dimitrov et Manouilski. Lorsque la répression s’abattit sur les cadres du Parti — Catelas, Péri et Mounette Dutilleul* — Duclos imputa à nouveau ces chutes à celui qu’il accusa d’avoir voulu former un groupe contre la direction du Parti. Son télégramme du 2 juin était sans ambiguïté sur ce point : « Coup dur nous est arrivé. Le 15, Catelas fut arrêté chez lui, le lendemain Mounette [M. Dutilleul] qui devait avoir rendez-vous avec lui pour régler définitivement certaines questions a été prise au lieu de rendez-vous. Un jour après Gabriel [Péri] était pris chez lui. Dans tout cela il y a provocation évidente sur laquelle tâcherons faire lumière. En tout cas avons conviction que femme qui dirigeait RP voici quelques mois et faisait travail de groupe avec Grégoire [M. Tréand] est très suspecte. » L’arrestation de Catelas semble être tout simplement liée à la dénonciation de voisins mais celle de Gabriel Péri fut le produit d’une information donnée à la police lors de son arrestation par Edmond Foeglin* (Armand), un des responsables de la commission des cadres et agent de liaison entre Duclos et Péri. Selon Claude Pennetier, Armand avait agi de son initiative pour permettre sa libération en « donnant » un responsable qui lui apparaissait secondaire.
Duclos fut appuyé dans cette démarche par Arthur Dallidet qui avait rassemblé les pièces d’un procès.

Seule l’invasion de l’URSS devait arrêter la procédure engagée. À partir du printemps 1941, Duclos fut le seul interlocuteur de Clément (Fried*) et des dirigeants moscovites. C’est à lui que Thorez et Marty s’étaient adressés en janvier 1941, puis en avril pour infléchir l’orientation générale du PC. Lorsque ceux-ci lui avaient indiqué que « la lutte pour la paix [était] subordonnée à la lutte pour l’indépendance nationale », J. Duclos avait pris bonne note. Le 14 mai, il commença ainsi son télégramme : « Reçue communication concernant front national de lutte pour libération nationale. Étudierons action concrète à développer pour créer condition de ce rassemblement. » Sans attendre, le 15 mai 1941, le Parti communiste lança, sous l’impulsion de Duclos, un appel à la formation d’un « Front national de lutte pour l’indépendance de la France » et des contacts furent pris peu à peu avec les milieux résistants les plus divers : laïcs et religieux, médecins, écrivains, syndicalistes, etc. Avec la ruée des armées hitlériennes vers l’URSS à partir du 22 juin 1941, le Parti communiste et son principal leader mirent évidemment tout en œuvre pour donner à la lutte un nouvel élan.

Cette lutte entraîna de sévères représailles (arrestations et fusillades d’otages), qui affectèrent personnellement J. Duclos. Mais, il poursuivit dans cette voie malgré les pertes et bien que ses adjoints les plus proches (F. Cadras, G. Politzer,

D. Casanova*, etc. et surtout Arthur Dallidet, son principal agent de liaison) furent arrêtés en février 1942. Faisant preuve d’une volonté et d’un courage peu communs, il réussit à renouer les fils de l’organisation centrale qui, sous l’impulsion de Raymond Dallidet et de A. Lecoeur, fut rendue quasiment inviolable grâce à des mesures de sécurité draconiennes.

Dans le cadre du triangle de direction du Parti, Duclos assuma la responsabilité de l’orientation politique générale, en liaison avec l’IC sur les questions stratégiques de la lutte armée et de la politique d’alliance. De l’été 1941 au printemps 1943, il resta en contact avec la direction de l’Internationale même si celle-ci, du fait de la guerre et de son éloignement à Oufa, avait une activité plus réduite qu’auparavant. L’engagement du PC dans la lutte armée fut inséparable des sollicitations adressées à J. Duclos par les plus hauts responsables de l’IC. Début juillet 1941, il reçut la demande pressante d’une action armée impulsée par le Parti. Ensuite Duclos informa régulièrement Dimitrov de l’activité du PC et de l’état d’esprit de l’opinion. Au-delà des formules optimistes convenues, cette correspondance fait transparaître les difficultés que le Parti dut affronter du fait de la répression qui s’abattait sur les communistes. C’est seulement à la fin du mois de novembre 1941 que Duclos annonça avoir des informations sur les otages fusillés de Chateaubriand. S’il évoqua la lutte armée, celle-ci n’apparut pas au centre des préoccupations d’une direction de l’IC dominée par les craintes liées à l’avance allemande. La contre-offensive de l’Armée rouge et la réorganisation de l’IC à Oufa éclairent les invites des dirigeants français en URSS et de Dimitrov à structurer en France la lutte armée, comme l’indiquent les directives à Duclos sur le PCF, 11 février 1942.

Dans les négociations du PCF avec De Gaulle, J. Duclos tint un rôle central. Dans un premier temps, il conduisit les entretiens préliminaires qui aboutirent à l’envoi de Grenier* à Londres pour y représenter le PCF auprès de la France Libre. Dans sa correspondance avec Grenier* on voit comment il construisit l’image du PCF qu’il souhaitait faire passer à Londres et aussi comment il tint compte des préoccupations stratégiques des dirigeants de l’IC qui poussaient au renforcement d’une alliance avec les gaullistes contre leurs alliés anglo-saxons. Duclos semble avoir été en grande partie tenu à l’écart de l’activité de la délégation du Parti dirigée à Alger par Marty. Il en fut de même en ce qui concerne les discussions et les négociations relatives à la participation communiste au CFLN puis au Gouvernement provisoire.

De la constitution du CNR jusqu’à l’engagement du PC dans les combats de la Libération, J. Duclos centra son activité sur la propagande et la mobilisation idéologique notamment à travers l’Humanité clandestine qu’il ne cessa jamais de superviser.

Le 25 août 1944, Jacques Duclos fit son entrée dans Paris par la rue Didot, XIVe arr. avec Benoît Frachon* à bord d’une voiture FFI. Après avoir réintégré le siège du comité central, il se remit au travail comme premier dirigeant du PCF, de Gaulle n’ayant pas autorisé Thorez* à rentrer en France. Le 31 août, il organisa une réunion du comité central où il prononça un discours : après avoir salué les morts de la Résistance, il passa en revue l’action du Parti depuis cinq ans puis traça en termes très généraux les tâches du Parti et ce que devait être le gouvernement de la France.

Simultanément, il prit place à l’Assemblée consultative comme leader du groupe communiste. Thorez revenu à Paris le 27 novembre 1944, Duclos redevint le numéro deux du PCF. Jamais il ne chercha au cours de la guerre ou ensuite à supplanter le secrétaire général avec qui il travailla en réelle complémentarité. Mais J. Duclos resta l’homme clef du PCF tout en s’occupant particulièrement de la propagande et des élections. De 1945 à 1947, il joua un rôle politique et parlementaire de tout premier plan. Le 19 juin 1945, il proposa à l’Assemblée nationale la nationalisation des banques, assurances, électricité, sidérurgie, chimie et de la marine marchande. Le 8 novembre, il était élu vice-président de l’Assemblée constituante. Il rencontra à nouveau de Gaulle les 14 et 20 novembre, d’abord seul puis avec Maurice Thorez, et ils obtinrent cinq ministères. Le 29 novembre, il fut élu vice-président de la commission des finances à l’Assemblée. Il participa aussi très activement aux campagnes électorales et à la propagande. Durant ces deux années, il fut le principal responsable communiste dans les négociations de réunification PCF-SFIO qui finalement échouèrent, avant d’assister à l’exclusion des communistes du gouvernement le 5 mai 1947. Il avait présenté un important rapport sur le thème de « l’Unité » au 10e congrès du PCF (25-27 juin 1945, Paris).

Il conserva également d’importantes fonctions dans le mouvement communiste international. En avril 1945, il signait un long article dans les Cahiers du Communisme, paru en juin sous forme de brochure, où il stigmatisait les dirigeants du PC américain, en particulier Earl Browder qui avaient dissous leur parti en 1944 pour le remplacer par une sorte de Cercle de propagande, l’Association politique communiste. Cet article fut répercuté dans toute la presse communiste et Browder remplacé. En avril 1946, Duclos se rendit en Tchécoslovaquie pour représenter le PCF au congrès du PC tchèque. En juillet, il reprit un contact direct avec la direction du Parti belge qu’il supervisait déjà avant la guerre.

En inaugurant la période de guerre froide, l’exclusion, début mai 1947, des ministres communistes du gouvernement jeta le PCF dans un processus d’isolement et amena J. Duclos à présenter une autre face de sa personnalité, rappelant le révolutionnaire « pur » et « dur » des années 1928-1934, même s’il crut d’abord que le PC reviendrait au gouvernement. La modification des rapports internationaux et la création du Kominform bouleversèrent brutalement cette vision optimiste et conciliatrice. Du 22 au 27 septembre 1947, se tint en Pologne, à Szklarska-Poreba, une conférence de neuf partis communistes des PC d’Europe de l’Est, d’URSS, de France et d’Italie. Jdanov y prononça un rapport annonçant la coupure du monde en deux camps. Duclos assisté de Fajon, y représenta la délégation française. Dans ses Mémoires, il nota : « Cette conférence fut assez pénible pour nous, délégués français, car certaines délégations [yougoslaves et bulgares] semblaient décidées à faire en quelque sorte notre procès. » De son côté, Jdanov se montra très critique envers les communistes français qui s’engagèrent à corriger leurs fautes politiques.

Dès lors, le PCF se tourna résolument vers l’agitation et la propagande « anticapitaliste » et « anti-impérialiste » ; J. Duclos adopta sans problème apparent le ton nouveau. De 1948 à 1953, il se fit remarquer par des discours « de combat ». Depuis les critiques qu’il avait dû subir en septembre 1947, J. Duclos se montrait en toutes occasions fidèle aux orientations politiques définies par Staline ; il justifia les procès dans les pays de l’Est, en particulier la condamnation à mort de Rajk et il écrivit dans la revue du Kominform de nombreux et violents articles contre Tito mis au ban du mouvement communiste depuis juin 1948.

Le 10 octobre 1950, Maurice Thorez fut victime d’une hémiplégie ; tout naturellement J. Duclos fut désigné comme secrétaire général par intérim, tandis que Thorez* partait se soigner en URSS. Après quelques mois d’une direction routinière,

J. Duclos se heurta à de graves difficultés dans et hors du Parti. Dans le Parti, il dut sans cesse tenir compte des luttes personnelles qui se développaient en raison de l’éloignement momentané du leader incontesté, Thorez. En dehors, il se heurtait en pleine Guerre froide, à des gouvernements violemment anticommunistes qui adoptaient une politique de répression ouverte contre le PCF.

D’entrée de jeu, les Soviétiques montrèrent la grande importance qu’ils attachaient à la lutte du PCF contre les impérialismes français et américain, et la haute estime où ils tenaient Duclos. En vacances « de travail » en URSS du 15 juillet au 5 août 1951, il fut reçu longuement à Moscou par Staline* qu’il revoyait pour la première fois depuis 1928. Avec sa femme qui l’accompagnait, il rencontra aussi à plusieurs reprises à Naltchik, capitale de la République caucasienne de Kabardri, Maurice Thorez à qui il ne cessait de prouver sa fidélité. Ce fut sans doute pendant de voyage que « l’affaire Marty* » fut imaginée.

De retour à Paris, c’est sous son autorité que furent lancés des appels à la lutte contre la guerre d’Indochine : fraternisation avec le Viet-Minh, refus des dockers de charger les bateaux d’armes, travail antimilitariste dans l’armée et la jeunesse. Derrière l’impérialisme français, c’était l’impérialisme américain qui était visé : sous la responsabilité de Duclos et de Guyot* fut organisée une très violente manifestation (interdite) contre la venue du général Ridgway à Paris, le 28 mai 1952. Au soir de cette journée d’émeute, et alors que, venant du siège de l’Humanité il rentrait chez lui en voiture, J. Duclos, sa femme, son chauffeur et son garde du corps furent arrêtés. En dépit de son immunité parlementaire et sous le prétexte d’un flagrant délit, Duclos fut inculpé et incarcéré au quartier politique de la prison de la Santé qu’il avait déjà connu en 1927. Le ministre de l’Intérieur venait de faire coup double : il décapitait le PCF et, en récupérant, dans la serviette de Duclos, son cahier de notes du bureau politique, il alimentait la thèse d’un complot communiste, « le complot des Pigeons », parfaitement imaginaire tout en s’efforçant de justifier la répression qui se renforçait. Malgré une faible mobilisation populaire et surtout grâce à l’intervention de nombreuses personnalités françaises et étrangères, Duclos fut remis en liberté le 1er juillet. Poussant son avantage, le gouvernement demanda le 21 octobre la levée de l’immunité parlementaire de cinq députés communistes : Duclos, Billoux*, Fajon, Guyot*, Marty. Lors de la réunion du comité central du 5 décembre, Duclos se livra à une autocritique personnelle. Les difficultés du PCF furent encore accrues par plusieurs évictions au sein de la direction. En effet, le 26 mai 1952, devant le Secrétariat présidé par Duclos, Léon Mauvais* présenta un rapport mettant directement en cause André Marty, numéro trois du PCF, pour « activités fractionnelles » avec Tillon*. Le 4 septembre, les deux accusés étaient déchargés de toute responsabilité de direction par le CC. L’affaire s’envenima jusqu’à l’exclusion de Marty du PCF (décembre 1952) et l’accusation calomnieuse de liens avec la police, tandis que Tillon*, profondément atteint, se retirait dans le Midi.

J. Duclos joua donc un rôle déterminant dans ces exclusions en répercutant en France le processus des grands procès tenus dans les pays de l’Est depuis 1949. Chez lui, « l’intérêt supérieur » du Parti et de l’Internationale détermina toujours son attitude politique, au détriment de ses sentiments personnels. Il joua un rôle analogue dans le mouvement communiste international : Espagne, Italie, Belgique, USA…

Le 5 mars 1953 alors que venait de s’ouvrir une conférence nationale du PCF à Gennevilliers, éclata la nouvelle de la mort de Staline*. « D’une voix que voilaient les larmes », J. Duclos prit la parole devant un comité central pétrifié et debout : « Notre camarade Staline est mort. » Après une minute de silence, la conférence fut annulée et une délégation comprenant Duclos partit assister aux obsèques à Moscou. La mort de Staline allait ébranler tout l’édifice communiste. Thorez revint le 10 avril à Paris et Duclos reprit sa place d’adjoint. Avec d’autres responsables communistes, il fut appelé à Moscou le 14 juillet. Là on leur annonça la destitution et l’exécution de Béria et on commença à parler des « crimes » de Staline. Duclos fut chargé de rendre compte au PCF, ce qu’il fit devant le bureau politique. Mais, sans doute en accord avec Thorez, il tut ce qui concernait Staline*. Totalement voués à la mémoire de Staline et à la vieille garde stalinienne (Molotov, Malenkov, Kaganovitch) J. Duclos et M. Thorez décidèrent de bloquer tout processus de « déstalinisation ».

Principal rapporteur du 13e congrès du Parti (38 juin 1954), J. Duclos cita longuement Thorez, Staline*, Malenkov, Molotov mais pas une seule fois Khrouchtchev. Lors du 20e congrès du PC d’Union soviétique en février 1956, la délégation du PCF comprenait Thorez, Duclos, Cogniot et Doize. De retour à Paris et alors que la délégation française avait eu connaissance du « rapport secret » de Khrouchtchev, Duclos fit ovationner le nom de Staline* lors d’un grand meeting le 9 mars ; pendant plus de deux ans, il défendit les positions antikhrouchtchéviennes dans le Mouvement communiste international et ce, au nom du PCF et de Maurice Thorez dont il demeurait le fidèle second.

En septembre-octobre 1956, il passa un mois en Chine, à l’occasion du 8e congrès du PC chinois. Il eut de longues conversations avec Mao Tsé-toung, approuva pleinement les décisions du congrès : partisan de « continuer à consolider et à renforcer notre amitié fraternelle, éternelle et indestructible avec la grande Union soviétique et tous les pays de démocratie populaire », il semblait condamner la notion de « polycentrisme » avancée le 17 juin par le secrétaire général du PCI, Palmiro Togliatti*. Pour son 60e anniversaire, J. Duclos fut fêté spectaculairement par tout ce que le mouvement communiste comptait alors d’orthodoxe. Les 3 et 12 novembre 1956, il approuva largement l’intervention soviétique en Hongrie dans l’Humanité. Dirigeant la délégation française au 8e congrès du PCI, il déclara que le PCF s’inspirait dans son activité « des décisions du 20e congrès du PCUS qui a ouvert de grandes perspectives au mouvement ouvrier international en montrant la force grandissante du camp socialiste devenu, désormais, un système mondial » ; il combattit « toute tendance à interpréter le 20e congrès dans le sens de l’abandon des principes du marxisme léninisme » et se montra « convaincu de la nécessité de renforcer les liens de solidarité internationale unissant les partis communistes et ouvriers » et, pour finir, célébra « l’unité idéologique et organique de nos rangs ». Jusqu’en 1958, J. Duclos, assisté de Jacques Denis, sembla superviser la politique du PCF dans le Mouvement communiste sur la base du maintien de la centralisation et de la rigidité du système stalinien.

En mai 1961, Duclos s’éleva contre « les positions opportunistes » de Marcel Servin et Laurent Casanova*, dans les Cahiers du Communisme de mai 1961. Sa « disgrâce » fut particulièrement visible au 17e congrès du PCF (Paris, 14-17 mai 1964). Il n’y intervint pas, quitta le secrétariat du CC, demeurant toutefois au BP au moment où Waldeck Rochet était confirmé dans son statut de successeur de Thorez*. Il se mit alors à écrire des ouvrages historiques. Mais ce processus de marginalisation fut stoppé puis inversé en cinq mois. Après la mort subite de Maurice Thorez le 12 juillet 1964, le CC se réunit sous la présidence de Duclos le 17 juillet : W. Rochet insista sur la direction collective du Parti, tandis que Duclos mettait l’accent sur l’unité du Parti. Le CC des 9 et 10 octobre vit Georges Marchais présenter le rapport général, Duclos celui sur les élections municipales et Roland Leroy celui sur le mouvement communiste. Dès lors des courants opposés se firent jour, semble-t-il, au sein de la direction. La chute de Khrouchtchev le 15 septembre allait provoquer un brutal reclassement des forces et Duclos, à soixante-dix ans, réussit alors un retour sur la scène politique communiste et française. En tant que principale figure historique du PCF mais aussi comme fidèle de la fraction la plus stalinienne de la direction soviétique, il ne cessa de « suivre » W. Rochet, à la fois caution indispensable au nouveau secrétaire général et permanent contrepoids à toute politique trop libérale. En septembre 1965, il fut le seul membre de la direction aux côtés de W. Rochet qui annonça le soutien du PCF à François Mitterrand, pour les élections présidentielles. Image prémonitoire, l’Humanité montra, à la conférence de presse du 17 juin 1966, un W. Rochet entouré à gauche de Jacques Duclos et à droite de Georges Marchais.

Son activité internationale se poursuivait, notamment en Italie, Tchécoslovaquie, au Vietnam et au Chili. En novembre 1968, il fut membre de la délégation qui se rendit en URSS demander des éclaircissements aux Soviétiques sur l’intervention en Tchécoslovaquie. Il participa en juillet 1972 à la conférence des PC européens réunis à Paris pour soutenir le Vietnam. Son activité était guidée par deux grands principes : la fidélité à la tradition marxiste-léniniste, au souvenir de la révolution d’Octobre, et le soutien inconditionnel à la politique soviétique. De 1967 à 1969, il participa à de nombreuses manifestations commémoratives de la tradition communiste, en France, à Berlin et à Moscou, notamment à l’occasion du 50e anniversaire de la révolution russe puis du centenaire de la naissance de Lénine. Il restait très lié à ses vieux compagnons de l’IC : il se rendit à Moscou lors des obsèques de Codovilla et le 30 juillet 1972, il rendit visite à Suzanne Girault, âgée de plus de quatre-vingt-dix ans, l’une des premières dirigeantes du PCF. Enfin, J. Duclos se rangea résolument aux côtés des Soviétiques dans la question cruciale de la querelle sino-soviétique. En contrepartie, les Soviétiques le soutinrent régulièrement et de façon spectaculaire.

Comme le montrent ses nombreuses interventions aux 18e, 19e et 20e congrès du PCF (1967, 1970, 1972), il avait retrouvé toute son influence au sein de la direction. Au printemps 1972, il joua un rôle non négligeable dans le rapprochement PCPS. Véritable symbole vivant de la période du Front populaire, il apparaissait comme le lien historique reliant deux grandes phases d’union entre communistes et socialistes. En 1969, il fut désigné par le PCF comme candidat aux élections présidentielles et malgré ses soixante-treize ans, il mena sa campagne avec l’enthousiasme et l’acharnement du néophyte de 1926. Toutefois, par son rythme effréné, cette campagne présidentielle le fatigua terriblement et, dès juin, l’Humanité annonça qu’il cessait provisoirement ses activités pour raisons de santé. Le 2 octobre 1971, à l’occasion de son 75e anniversaire, il fut décoré de l’Ordre de Lénine.

Il mourut à son domicile le 25 avril 1975. Ses obsèques, suivies par près de deux cent mille personnes furent l’occasion d’un dernier hommage de la vieille garde du Mouvement communiste international, avec notamment B. Ponomarev, secrétaire du PC de l’URSS et D. Ibarruri, présidente du PC espagnol.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50945, notice DUCLOS Jacques [version DBK] par Serge Wolikow, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 9 mai 2019.

Par Serge Wolikow

Jacques Duclos en 1926

ŒUVRE : J. Duclos a beaucoup parlé, beaucoup écrit. La plupart de ses discours ont été édités en brochures. Il a par ailleurs préfacé de nombreux ouvrages et publié lui même des livres politiques et historiques. Citons essentiellement ses Mémoires, 6 tomes (7 volumes), Éd. Fayard, 1968-1973.

SOURCES : RGASPI : 495/2/154, 164, 192, 207, 211, 211, 228, 244 ; 495/4/122, 187 200 202 221 302 ; 495/3/275, 331, 375, 380, 413 ; 495/32/18, 30, 86, 107, 109, 113 ; 495/10a, 22, 49, 91 ; 495/18/ 1066, 1067, 1125, 1322 ; fonds du PCF, 517/1, 1205, 1266, 1767, 1903. — Arch. Nat. F7/12948, 13090, 13091, 13103, 13112, 13119, 13131, 13179, 13180, 13181, 13188, 13236, 13248, 13444, 13445, 13446, 13633, 13973, 13976. — L’Humanité, 1920-1975 (dépouillement exhaustif) ainsi que la plupart des journaux et revues de l’ARAC, du PC et de l’IC publiés en français, les comptes rendus des congrès du PC, la Grande Encyclopédie soviétique. — La signification politique du Cahier de Jacques Duclos, 1952, non paginé. — 1956. Le choc du XXe Congrès du PCUS, Éd. réalisée et présentée par Roger Martelli, Éd. Sociales, 1984. — Souvenirs manuscrits de Barbé et de Vassart. — Mikhaïl Narinski, « Le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français et les archives du Komintern (quelques remarques sur la biographie de Jacques Duclos) », Matériaux, n° 34, « L’Internationale des dictionnaires », janvier-juin1994 (réponse de Stéphane Courtois dans le numéro suivant). — Natalia Lebedeva et Mikhail Narinski, Le Komintern et la deuxième guerre mondiale, recueil documentaire (en russe), 2 volumes, 1994 et 1998. — Georges Dimitrov, Journal, 9 mars 1933-6 février 1949, Sofia 1997. — Londres-Paris : 1943, Fernand Grenier-Jacques Duclos, Les relations de Gaulle-PCF, correspondance. Introd. de Germaine Willard, ed, Musée de Montreuil, Cahiers d’histoire de l’IRM, 1994. — Arkadi Vaksberg, Hôtel Lux, Les partis frères au service de l’Internationale communiste, Fayard, 1993. — Roger Bourderon, La négociation. Été 1940 : crise au PCF, préface de Serge Wolikow, Syllepse, 2001. — Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Juin 40. La négociation secrète, Éditions de l’Atelier, 2006. —Notice du DBMOF, tome 26 par S. Courtois et J. Maitron. — Frédéric Charpier, L’agent Jacques Duclos. Histoire de l’appareil secret du Parti communiste français 1920-21975, Seuil, 2015.
Depuis la rédaction de cette notice, un dossier Jacques Duclos est arrivé au RGASPI (en 2012) où il est conservé sous la cote 495 270 81(1). Il s’agit d’un dossier de police couvrant la période 1932-1939, sans doute récupéré par les Allemands puis par les Soviétiques et qui a circulé dans des services russes avant de prendre place au RGASPI. Y figurent notamment des pièces sur le rôle, d’ailleurs marginal, de Duclos dans l’Affaire Bir, ses rapports avec Léon Blum et sa recherche en octobre 1939.
La bibliothèque de Jacques Duclos, qui se trouvait dans sa maison de famille à Louey, a été donnée à la commune. Son inventaire figure dans le site des Archives départementales des Hautes-Pyrénées.
Claude Pennetier

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