DEGOTT Vladimir Alexandrovitch. Pseudonymes : VOLODIA, DIOGOTT, JOSEPH A.

Par Michel Dreyfus

Né le 20 février 1889 à Goloubovka-Brikvanovo, près d’Odessa (Empire russe), mort le 3 avril 1944 au Goulag ; membre du Parti bolchevique dès juillet 1904, un des dirigeants du Bureau du Sud de l’Internationale communiste en 1919, émissaire du Comité exécutif de l’IC en Italie et en France en 1920-1921.

Fils d’ouvrier, Vladimir Degott commença à travailler en usine et rejoignit le Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR) en 1904 à Odessa. Il participa à la Révolution de 1905 et fut également actif dans les grèves en 1906 et 1907. Recherché par la police tsariste, il émigra alors à Paris, y fit la connaissance de Lénine et se joignit aux bolcheviks. Il fut ouvrier relieur et maroquinier, métier qui lui fut fort utile pour fabriquer des valises à double fonds qui servirent à l’organisation bolchevique à faire transiter des documents dangereux et de l’argent. Il aurait également travaillé comme libraire et milité avec les bolcheviks ; il semble également avoir suivi les cours politiques, organisés à Longjumeau par Lénine et ses amis.

De retour à Odessa en 1909, il continua de militer pour les bolcheviks en s’occupant tout particulièrement de propagande, fut arrêté, emprisonné, déporté. Il regagna à nouveau Paris en 1912 jusqu’en juillet 1917, date à laquelle il partit pour Odessa. Après la prise du pouvoir par les bolcheviks, il fut envoyé à Odessa pour animer un travail de fraternisation en direction des troupes françaises qui venaient d’y être envoyées. Ce travail fut appuyé par le Groupe communiste français de Russie et le Bureau du Sud de l’Internationale communiste. En août 1919, Vladimir Degott fut à nouveau envoyé en France ainsi qu’en Italie avec une autre militante de confiance, Elena Sokolovskaïa au titre de l’Internationale communiste. En octobre 1919, il représenta l’IC au 16e congrès du Parti socialiste italien à Bologne où fut décidée l’adhésion à l’Internationale communiste ; selon ses mémoires, il aurait été fortement impressionné par les inscriptions « Vive Lénine , vive Trotsky » qu’il vit alors dans les quartiers ouvriers. Puis en mars 1920, il établit des liens avec le Comité pour la IIIe Internationale et l’aida, sur le plan financier, à publier le Bulletin communiste. Revenu en Russie il contribua à définir l’orientation de l’IC en France et en Italie. Il partit en Italie à l’automne 1920 et fut également un des quatre militants envoyés à l’IC pour intervenir dans le déroulement du congrès de Tours. Il se rendit incognito à la prison de la Santé et y rencontra Boris Souvarine avec qui il travailla à la rédaction de la motion d’adhésion à l’IC ; il assista aussi au congrès en coulisses. Il revint encore en France en mai 1921, fut arrêté à Nice, emprisonné jusqu’au mois d’août puis expulsé, regagna Moscou.

Degott fut délégué aux IVe, Ve et VIe congrès de l’Internationale communiste puis en 1929, il devint l’adjoint du commissaire du peuple de la République fédérative de Russie. Selon P. Broué, il aurait été rattaché à l’Institut des professeurs rouges et aurait également été proche ou membre de l’Opposition. Il fut arrêté en juillet 1938 dans le cadre des grandes purges staliniennes, condamné et déporté au Goulag où il mourut en 1944. Il aurait publié à deux reprises (1923 et 1927) ses mémoires, En liberté dans l’illégalité qui n’ont jamais été traduits en français.

Il avait épousé Céline Catelle, née à Zurich traductrice au Komintern.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50927, notice DEGOTT Vladimir Alexandrovitch. Pseudonymes : VOLODIA, DIOGOTT, JOSEPH A. par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 25 juillet 2009, dernière modification le 21 octobre 2010.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : BDC…, op. cit. — P. Robrieux, Histoire intérieure…, op. cit. — P. Broué, Histoire de l’Internationale…, op. cit.— P. Ville, Le Groupe communiste français…, op. cit.

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