COURTADE Henri, Antoine, dit Henri LEGROS

Par Jean Maitron, Jean-Luc Pinol

Né le 19 juillet 1902 à Bordeaux (Gironde), mort le 19 mars 1984 à Le Bouscat (Gironde) ; ouvrier ajusteur mécanicien ; militant syndicaliste et communiste ; membre du comité central du Parti communiste (1929-1936 selon sa fiche de police, 1932-1936 selon des sources internes).

Henri Courtade, dans le <em>Prolétaire Normand</em>, 10 avril 1936
Henri Courtade, dans le Prolétaire Normand, 10 avril 1936

Fils de Louis (commis d’admistration de la ville de Bordeaux) et de Teil Marie, Henri Courtade milita aux Jeunesses communistes à partir de 1922. Après avoir effectué son service militaire, ajusteur à Talence, il fut élu, en décembre 1924, membre de la commission politique de la Fédération nationale des Jeunesses communistes et secrétaire de la 19e Entente régionale des JC qui englobait les départements de la Gironde, des Landes, des Basses-Pyrénées et du Lot-et-Garonne. En novembre 1925, il fut condamné à six mois de prison pour propagande antimilitariste par le tribunal de Bordeaux et il purgea cette peine dans cette ville jusqu’à sa libération en avril 1926. Lors du congrès d’août 1926, il fut élu membre du Comité central de la Fédération nationale des JC. Il avait été délégué au Ve congrès national du PC (Lille, juin 1926). Marié en juillet 1920 à Talence (Gironde) avec Albertine Paissard, séparé en 1927, il vécut à partir de janvier 1928 avec Suzanne Chansard*.

H. Courtade fut condamné, en janvier 1924, à huit jours de prison et 50 F d’amende pour coups et blessures. Responsable régional du travail « anti », il quitta Bordeaux et vint s’installer à Paris. Il devint secrétaire appointé de la Fédération des JC spécialement chargé de la section « Lutte économique et syndicale ».

En avril 1928, il fut candidat sans succès du Parti communiste aux élections législatives dans la circonscription de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Il obtint au premier tour 9,5 % des voix des électeurs inscrits et 11,1 % au second.

Dès son arrivée à Paris, H. Courtade milita à l’Union unitaire des Métaux de la Région parisienne. En juin 1929, à la suite de l’éviction de Lénard et de Richard du secrétariat de cette Union, il en devint secrétaire avec Faure Brac, Manguin et Weckstein. Il s’occupa particulièrement du travail de propagande. Cette même année, il devint secrétaire de la commission des Jeunes de la CGTU, membre de la commission exécutive de la 20e Union régionale, membre du Comité central du PCF (selon la police, mais son nom ne figure pas sur la liste établie par l’IRM) et, en septembre, membre titulaire de la commission exécutive de la CGTU.

Arrêté le 21 juillet 1929 à Villeneuve-Saint-Georges lors d’une réunion clandestine du PCF, il fut inculpé de complot contre la sécurité intérieure de l’État. Bien qu’emprisonné, il continua à signer des articles dans l’Humanité et l’Avant-Garde sous le pseudonyme d’Henri Legros. En juin 1930, après sa mise en liberté provisoire, il fut réélu membre de la commission exécutive de l’Union des syndicats de travailleurs de la Métallurgie de la Région parisienne — voir Bardin Abel* — mais il ne fut pas réélu secrétaire. À la fin de l’année, il fit une tournée de propagande en Meurthe-et-Moselle en qualité de délégué permanent de la CGTU.

En mars 1931, il fut appelé en URSS, en remplacement de L. Mauvais, auprès du comité exécutif de l’Internationale syndicale rouge (ISR). Réélu membre du Comité central du PCF en mars 1932, il revint de Moscou en décembre 1932. Il fut alors chargé de la section centrale Agit-Prop. Il se rendit comme instructeur agitateur dans la région de la Basse-Seine du PCF (Eure et Seine-Inférieure). Il résida pendant quelques années au Petit-Quevilly (Seine-Inférieure) et s’efforça de renforcer l’influence du PCF à Rouen et au Havre.

Réélu à la commission exécutive de la CGTU en 1931 et en 1933, Courtade ne le fut pas lors du congrès d’Issy-les-Moulineaux, en 1935. Secrétaire de Région de 1933 à 1936, il se présenta aux élections législatives de 1936 dans la 3e circonscription de Rouen. Mal accepté par les militants normands, il échoua dans la tâche qui lui avait été confiée. Il fut d’ailleurs mis directement en cause par Maurice Thorez au congrès de Villeurbanne 22-25 janvier 1936 : « La Région Basse-Seine fait peu de progrès... le camarade Courtade [...] pourtant membre du comité central [...] n’a pas su organiser son propre travail et encore moins celui de ses camarades, ce qui est la tâche principale d’un véritable dirigeant ». Il faut y voir l’une des raisons de son remplacement en octobre 1936 par Georges Deziré, bien que des bruits contradictoires aient courus à l’époque sur ce limogeage : selon l’un d’eux, le Parti lui reprochait d’avoir organisé une réunion à Sotteville tandis qu’au même moment Renaud Jean était victime d’une agression à Yvetot.

Revenu à Paris en octobre 1936, il s’installa 6, rue de la Paix, IIe arr., et milita au Rassemblement universel pour la Paix.

Après la Seconde Guerre mondiale, H. Courtade vécut au Havre (Seine-Inférieure) comme commerçant en fruits et légumes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50901, notice COURTADE Henri, Antoine, dit Henri LEGROS par Jean Maitron, Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 19 juillet 2009, dernière modification le 13 mai 2018.

Par Jean Maitron, Jean-Luc Pinol

Henri Courtade, dans le <em>Prolétaire Normand</em>, 10 avril 1936
Henri Courtade, dans le Prolétaire Normand, 10 avril 1936

SOURCES : Arch. Nat. F7/13183, F7/12989, F7/13771, F7/13783 et F7/13784. — Arch. PPo. 321. — Arch. Dép. Meurthe-et-Moselle, 10 M 100. — Arch. Dép. Seine-Inférieure, 2 I 10. — Arch. Jean Maitron. — Le Travailleur du Lot-et-Garonne, 1928. — La Lorraine ouvrière et paysanne, 9 et 16 août 1930. — A. Vassart, Mémoires, op. cit. — Brochure de la campagne électorale de 1936. — M. Thorez, Une politique de grandeur française, Paris, Éditions sociales, p. 98. — Note de Jacques Girault. — RGASPI, Moscou, 517 1 846 (fiche Chansard Suzanne) ; 495 270 1262. — État civil de Bordeaux.

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