COQUEL Gaston. Pseudonyme à l’ELI : RUDE Jean [version DBK]

Par Yves Le Maner, Claude Pennetier

Né le 4 janvier 1901 à Roubaix (Nord), mort le 2 avril 1983 à Arras (Pas-de-Calais) ; ouvrier tisserand, puis métallurgiste, enfin voyageur de commerce ; secrétaire de la première Entente des Jeunesses communistes (Nord-Pas-de-Calais-Somme) de 1926 à 1928 ; secrétaire de la région Nord du PC (1928-1930) ; secrétaire national de la Jeunesse communiste (1933) ; élève de l’École léniniste internationale.

Le père de Gaston Coquel fut ouvrier agricole. Membre du Comité d’adhésion à la IIIe Internationale de Béthune en 1920, Gaston Coquel adhéra au Parti communiste et fut secrétaire, puis trésorier du syndicat unitaire des Métaux de Béthune. Secrétaire des Jeunesses communistes de cette ville depuis 1923, il se plaça dans la mouvance de Maurice Thorez et bénéficia de son ascension au sein du PC. En 1925, après un séjour de quelques mois à l’école centrale du Parti à Clichy, Coquel fut nommé au comité régional Nord des JC à Lille. Au début de l’année 1926, il fut désigné pour occuper les fonctions de secrétaire permanent de la 1re Entente des Jeunesses qui correspondait à la Région Nord du PC qui englobait les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme. Exécutant fidèle des consignes de la direction nationale et plus particulièrement de celles de Thorez, Coquel fut placé à la fin de l’année 1930 au poste de secrétaire régional du PC pour le Nord en compagnie d’Arthur Ramette*. Les deux hommes furent chargés de reprendre en main l’appareil régional désorganisé par les « déviations » de Jacob* et Jerram* et d’appliquer avec fermeté la tactique « classe contre classe ».

Considéré par Thorez comme un cadre d’avenir au niveau national, il fut envoyé en URSS en septembre 1930 pour y suivre les cours de formation de l’École léniniste internationale. Il y séjourna environ deux ans et demi, à Léningrad et à Moscou, en compagnie notamment de C. Quinet et de Waldeck Rochet*.

À son retour en février 1933, il fut chargé d’assurer l’intérim de Raymond Guyot*, alors emprisonné, au poste de secrétaire national des Jeunesses communistes alors que cette organisation était en pleine crise. En mars 1933, Coquel était coopté par Thorez et Duclos* comme secrétaire national, remplaçant officiellement Charrière suspecté de liaisons trotskystes. Mais, cette nomination fut de courte durée en raison d’une violente opposition émanant d’André Marty qu’il avait connu pendant son séjour en URSS. Dès mai 1933, Coquel et J. Vermeersch repartaient pour Moscou où ils furent l’objet d’un procès en règle avec Marty comme procureur, Chemodanov jouant le rôle d’arbitre. Coquel fut en fait démis de ses fonctions à cette occasion, même s’il les conserva en théorie jusqu’au congrès annuel des JC de 1933. Revenu à Béthune, G. Coquel exerça divers métiers avant de trouver un emploi stable de représentant de commerce.

Mobilisé en septembre 1939, Coquel apprit, indirectement, par la presse son exclusion de la CGT pour être resté fidèle au PC. Il raconte lui-même cet épisode : “j’étais secrétaire adjoint de l’UD du Pas de Calais. Mobilisé le 26 août, ne pouvant participer à la CA, convoqué arbitrairement pour le 28 août, j’ai adressé une lettre fixant ma position. Sur 25 membres français (s’ajoutant 2 délégués MOI) nous étions 11 membres du PC élus au dernier congrès de l’UD des syndicats tenue en avril 1939. À la majorité (14 administrateurs faisant partie du Partie Socialiste) nous fumes exclus. Mais un (Robert Delors, du rayon Boulogne) qui s’abstint. avec moi fut exclu entre autres : Paul Carron, actuellement adjoint communiste à Béthune et également membre suppléant du Bureau fédéral du PC et secrétaire de l’UD CGT. Les exclusions furent à l’époque rendues publiques dans la presse régionale Echos du Nord ; Réveil du Nord, édition du Pas de Calais. Je n’ai pu à ce jour me les procurer.” (autobiographie de 1947). Affecté dans le bassin minier puis à Ferrières-la-Grande (Nord) où il retrouva Félix Cadras, il fut ensuite transféré à Toul, puis à Chartres et enfin à Cambrai. Il fut fait prisonnier par les Allemands, le 23 mai 1940, près d’Amiens et fut interné pour le reste de la guerre dans un stalag de Prusse Orientale d’où il ne parvint pas à s’évader malgré plusieurs tentatives. Libéré par l’armée soviétique le 21 janvier 1945, il fut dirigé sur l’Ukraine où il se mit à disposition de la direction militaire du camp, s’occupa de la propagande avec Michel Rius (de la Fédération de l’agriculture), créa un groupe France-URSS, et s’occupa du rapatriement des sept mille prisonniers français placés en transit au camp de Berdidchev. Michel Rius et 99 militants étaient rentrés en France le 20 mai à la demande du parti, lui resta jusqu’au 11 juillet.

Élu député de la 1re circonscription d’Arras en 1956, il se présenta ensuite sans succès aux consultations de 1958, 1962, 1967 et 1968.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50894, notice COQUEL Gaston. Pseudonyme à l'ELI : RUDE Jean [version DBK] par Yves Le Maner, Claude Pennetier, version mise en ligne le 18 juillet 2009, dernière modification le 30 août 2014.

Par Yves Le Maner, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 255 200 : dossier personnel. — Notice par Y. Le Maner in DBMOF.

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