CHAUMEIL Jean [CHAUMEIL Joseph, Jean] (version DBK)

Par Claude Pennetier

Né le 23 octobre 1910 à Chambéret (Corrèze), mort le 13 août 1978 à Eaubonne (Val-d’Oise) ; élu membre de la commission de contrôle des finances du Parti communiste en 1937 ; membre du comité central du PCF (1945-1950) ; responsable de la commission des cadres.

Fils d’un tailleur de pierres de Chambéret, Jean Chaumeil obtint son certificat d’études primaires puis continua au collège de Brive mais, amputé d’une jambe, il fut contraint d’interrompre ses études. En 1926, Jean Chaumeil adhéra aux Jeunesses communistes puis au Parti communiste en 1929, année où il vint habiter à Bagnolet et travailler comme commis de voirie à la mairie. En 1935, il fut délégué au VIe congrès de l’Internationale communiste des jeunes en URSS. Au nom des Jeunesses communistes il fit partie en janvier 1936 de la délégation chargée de mener les pourparlers unitaires avec les Jeunesses socialistes et les Jeunesses laïques et républicaines pour réaliser une éventuelle Fédération unique de la jeunesse. À l’étranger, il fut un des responsables de la campagne de solidarité avec l’Espagne républicaine où il fit, en mars 1938, un voyage avec une délégation du « Comité du sacrifice » et où il était présent au congrès d’unification des JC et des JS. Il fut également délégué de la Jeunesse communiste en Angleterre en 1938.

La guerre puis l’Occupation lui donnèrent l’occasion de jouer un rôle de premier plan dans la direction communiste. Exempté du service militaire, il était, en août 1939, un des rares responsables de l’Est parisien non mobilisé. Après l’arrestation de Brossard (« Philibert »), responsable aux cadres, Jacques Duclos* lui demanda, au début de l’année 1943, d’assurer cette responsabilité : « Cet appareil tenait tous les fils du Parti, connaissait toutes les ramifications de masse et toutes les liaisons pour toute la France, tant sur le plan national qu’international et régional. Les militants de cet appareil connaissaient des milliers et des milliers de noms, d’adresses. Il était chargé de combler les vides provoqués par les arrestations (pénétration de traîtres à châtier, filatures, imprudences, non-respect des règles de la conspiration, etc.) » (Venise Gosnat, Éditions sociales, 1975. p. 139). Venise Gosnat le seconda dans sa tâche.

À la Libération, Jean Chaumeil fut nommé « liquidateur national », chargé des intérêts matériels et moraux des anciens résistants, pour les FFI, les FTP et le Front national. Il siégeait à la commission ministérielle pour la reconnaissance des titres de Résistance. Le congrès national de Paris (26-30 juin 1945) l’élut membre suppléant du comité central et membre de la commission centrale de contrôle politique avec Mounette Dutilleul*, Henri Gourdeaux*, Henri Janin*, Lucien Midol, Daniel Renoult. Il était en fait le patron de la commission des cadres sous le contrôle politique d’André Marty avant que Marcel Servin ne le remplace. Réélu comme titulaire au comité central lors du congrès de Strasbourg (25-28 juin 1947), il disparut des organismes dirigeants, comme beaucoup de résistants, au congrès de Gennevilliers (2-6 avril 1950).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50884, notice CHAUMEIL Jean [CHAUMEIL Joseph, Jean] (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 18 juillet 2009, dernière modification le 22 septembre 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 29 (questionnaires de 1939 et 1949). — Notice par J. Maitron et Cl. Pennetier in DBMOF.

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