FROSSARD Oscar, Louis [dit L.-O. FROSSARD, dit Ludovic-Oscar FROSSARD]

Par Justinien Raymond, notice revue par Julien Chuzeville

Né le 5 mars 1889 à Foussemagne (Territoire de Belfort), mort le 11 février 1946 à Paris ; instituteur puis journaliste ; militant socialiste ; secrétaire de la SFIO de 1918 à 1920 ; premier secrétaire général du Parti communiste à sa naissance en 1920 ; démissionnaire du PC en 1923 ; revenu au Parti socialiste SFIO en 1924, il en fut l’élu à la Chambre des députés puis il le quitta pour une carrière ministérielle que la guerre interrompit.

L.-O. Frossard était le fils d’un petit paysan exploitant qui exerçait en outre le métier de bourrelier et qui professait, en politique, un républicanisme radical et patriote. Écolier doué, il fut tout naturellement dirigé vers l’enseignement primaire supérieur qui, sous la IIIe République, ouvrait aux enfants du peuple une chance de promotion sociale. Entré en 1905 à l’École normale d’instituteurs de Belfort pour trois ans, il ne resta pas, bien qu’il lui en coûtât, pleinement fidèle aux convictions d’un père qu’il aimait. Il se plongea dans les discours de Jaurès et lut chaque jour l’Humanité que lui « passait » le cuisinier de l’établissement ; il se mêla à l’activité des socialistes du Territoire de Belfort et assista à leurs congrès. Devenu instituteur, il épousa la fille d’un des militants qu’il côtoyait, Rose Pétrequin, militante elle-même. Il trouva ainsi dans son foyer un encouragement à l’action socialiste à laquelle il se donnait avec fougue depuis sa sortie de l’École normale, par la parole et par la plume avec un art que l’exercice affina encore au cours d’une longue carrière politique dont la répression gouvernementale hâta l’éclosion. Frossard était, à cette époque, socialiste et internationaliste et il fut frappé d’un blâme pour avoir chanté l’Internationale. Nommé instituteur à Petit-Croix (Territoire de Belfort), il collabora au Socialiste comtois.

Incorporé en 1910 au 21e bataillon de chasseurs à pied, il fut nommé sous-lieutenant, mais cassé de son grade l’année suivante pour propagande antimilitariste, et c’est comme soldat de 2e classe qu’il fut affecté au 133e régiment d’infanterie stationné à Belley (Ain). Démobilisé, il fut nommé dans une petite localité du Haut-Rhin. Peu après, il fondait la fédération socialiste du Haut-Rhin dont il fut le secrétaire durant plusieurs années.

Révoqué pour avoir porté le drapeau rouge au cours d’une manifestation le 1er mai 1913, il se fixa à Belfort où il fonda Le Socialiste belfortain qui changea son titre en celui de Germinal, organe de la fédération.

Adhérent de la section socialiste de Belfort, Frossard apparut vite comme un des chefs de file des socialistes du Territoire par l’ardeur apportée dans une action fortement teintée de pacifisme et d’antimilitarisme. Dans cette région frontière, au cours des années de tension internationale qui devaient conduire à la Première Guerre mondiale, il attira sur lui les foudres de l’administration. Pour avoir manifesté lors d’un défilé militaire en 1913, alors qu’il était instituteur à Lamadeleine (Territoire de Belfort), il fut traduit devant les instances disciplinaires de l’Université. On lui reprocha ses campagnes de presse et même une correspondance remontant à plus de deux ans et le ministre de l’Instruction publique, Louis Barthon, prononça sa révocation. C’était le donner tout entier à l’action socialiste dans laquelle son nom allait rapidement se hausser au niveau national.

Candidat aux élections législatives dans la 1re circonscription de Belfort en avril 1914, il ne fut pas élu. Puis ce fut la guerre et L.-O. Frossard fut rappelé sous les drapeaux.

La guerre venue, Frossard fut, avec la grande majorité du Parti socialiste SFIO, partisan de la politique de défense nationale, comme il l’a rappelé lui-même dans son discours du congrès de Tours (28 décembre 1920). Mais quand, devant l’âpreté et la durée des combats, le Parti socialiste se posa le problème de sa propre politique internationale, il se rangea parmi ceux qui, d’abord minoritaires, remirent en cause la politique suivie depuis août 1914. Il y prit une telle place que, lorsque ce courant mené par Jean Longuet conquit la majorité, il fut porté au secrétariat général de la SFIO par le congrès de Paris (6-10 octobre 1918). À ce poste-clé, il allait jouer un rôle historique malgré l’échec qu’il essuya, avec toute la liste des candidats socialistes menée par Jean Longuet aux élections législatives du 16 novembre 1919 dans la 4e circonscription de la Seine (arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux). Sur 389 219 inscrits et 285 719 votants, il recueillit 112 237 voix, la moyenne de la liste atteignant 112 609.

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La paix rétablie, Frossard se trouvait à la tête d’un Parti socialiste auquel les terribles conséquences de la guerre et les promesses de la Révolution russe mettaient le vent en poupe, malgré son échec électoral de 1919 dû à une violente campagne nationaliste et antisocialiste et surtout à une loi électorale donnant une forte prime à la majorité. Le grand problème posé au parti était celui de ses liaisons extérieures après l’effondrement de 1914, après la scission survenue pendant la guerre au sein de la IIe Internationale et devant l’appel de Moscou à la constitution, sur d’autres bases, d’une IIIe Internationale. La SFIO fixa son choix au cours de deux congrès nationaux tenus en 1920, à Strasbourg (février) et à Tours (décembre). Le rôle de Frossard fut déterminant dans l’issue de ces débats. À Strasbourg, le Parti décida de rompre avec la IIe Internationale : les uns souhaitaient la « Reconstruction » d’une Internationale nouvelle par la soudure de tous les partis socialistes épars ; d’autres voulaient l’adhésion à la IIIe Internationale (motion Loriot).
Frossard appartenait « alors à la droite de la Reconstruction », selon ses propres déclarations du congrès de Tours. Mais les événements, sa versatilité aidant, allaient en faire l’artisan de l’adhésion à la IIIe Internationale. Avec Marcel Cachin, Frossard fut chargé par le congrès de Strasbourg d’une « mission d’enquête et de négociations » à Moscou. Les deux délégués devaient se renseigner et envisager les moyens de rétablir l’unité socialiste internationale, le Parti songeant à regrouper sans exclusives, et « sur la base des principes traditionnels du socialisme », tous les socialistes révolutionnaires. Une grève des cheminots et des problèmes de passeport retardèrent leur départ. À Moscou, ils reçurent un accueil réservé alors qu’on y fêtait avec chaleur une autre délégation du mouvement ouvrier français, le Comité de la IIIe Internationale conduit par Rosmer. Cependant, après avoir visité les régions de la Volga et baigné dans l’atmosphère révolutionnaire qui secouait le pays, ils assistèrent, en observateurs et avec l’aval du Parti socialiste, au IIe congrès de l’Internationale communiste. Ils y connurent seulement une version provisoire des vingt et une conditions qui, en définitive, seront mises à l’adhésion à la IIIe Internationale. Ils les admirent sans peut-être en évaluer tout le poids et, plus tard, dans son livre De Jaurès à Lénine, Frossard prétendra avoir hésité et s’être laissé entraîner par Cachin. À son retour il n’en plaida pas moins, avec ce dernier, pour l’adhésion à la IIIe Internationale. Attitudes déterminantes si l’on songe que l’un était secrétaire général du Parti et l’autre, depuis le même congrès de Paris (octobre 1918), directeur de l’Humanité.

Début novembre 1920, il se rallia à la motion du Comité de la IIIe Internationale, principalement écrite par Boris Souvarine, et dont le premier signataire était Fernand Loriot (Frossard n’en étant que le 68e signataire). Ce texte prévoyait l’adhésion de la SFIO à l’Internationale communiste, mais non l’acceptation intégrale des 21 conditions. Loriot et Souvarine étaient alors emprisonnés et ne purent donc être présents au congrès de décembre 1920, qui allait voir leur texte l’emporter largement.

Le dernier acte allait en effet se jouer au congrès de Tours (25-30 décembre 1920). C’est le mardi 28 décembre, dans l’après-midi, à la veille de la décision finale à intervenir le lendemain, que Frossard prononça, devant le congrès, son grand discours. Discours habile et efficace quant à la décision qu’il souhaitait voir prendre, discours révélateur du caractère de l’homme et qui éclaire une vie politique faite de revirements successifs. Frossard ne se posa pas en doctrinaire et prit soin de ne pas lancer d’anathèmes pour ne détourner personne de la voie qu’il conseillait de suivre. « Je suis venu dans le Parti, dit-il, il y a une quinzaine d’années, encore adolescent, plutôt par instinct que par raison, plus séduit par son idéal de justice et d’harmonie que conquis par la rigueur scientifique de ses formules. J’y ai trouvé une fraternité réconfortante et des amitiés indulgentes. Si on m’avait dit à ce moment-là : « Ton parti sera une église ou une caserne », je n’aurais pas accepté d’y entrer, même si l’on m’avait proposé d’être le desservant de l’église ou l’adjudant de service de la caserne. » Il ménagea les scrupules des hésitants en arguant des siens propres pour les inviter à sauter le pas avec lui : « Le difficile, concédait-il, ce n’est pas d’accomplir son devoir, c’est de le connaître. Je n’ai jamais, pour ma part, tant éprouvé cette vérité que depuis trois mois. Permettez-moi de le dire, il faudrait plaindre ceux d’entre nous dont la sérénité d’esprit ne serait point troublée et qui s’en iraient droit devant eux, sans hésiter jamais, en hommes sûrs de détenir toute la vérité... » Plus explicite et plus habile encore, dans un Parti où la fraternité des combats unissait des tempéraments divers, il avouait : « Comment ne serais-je pas troublé ? moi qui aperçois dans les rangs de mes adversaires d’aujourd’hui mes amis de toujours. » Et il les nommait, dans tous les courants : « Je vous considère comme des socialistes et je le dis », lança-t-il en un hommage chaleureux à Blum, Renaudel, Bracke et Sembat qu’il savait pourtant irrécupérables, comme pour convaincre plus sûrement ceux qu’il appelait « mes amis du centre » et qu’il suppliait de rester dans le Parti qui allait adhérer à la IIIe Internationale.

Sur le problème crucial des conditions mises à cette adhésion, Frossard tourna habilement la difficulté en présentant leur « examen » comme « une chose aisée » si on les considère non « comme autant d’obstacles dressés à plaisir sur la route de Moscou » mais comme « des moyens que nous propose l’Internationale communiste pour adapter notre parti aux conditions de la lutte révolutionnaire ». Et il ne craignit pas de faire des réserves en refusant de « domestiquer le mouvement syndical » et en déniant aux « comités occultes » le droit de diriger le Parti. Érigeant l’opportunisme en une règle de conduite qui allait guider sa vie politique, il affirma que la fidélité à « la tradition socialiste », « ne peut à aucun degré nous condamner à nous figer dans l’immobilité du dogme ». Habileté du tacticien, sincérité de l’homme qui en dit long sur lui-même, ce discours témoigne aussi d’une perspicacité politique que l’avenir devait illustrer. Tandis que les discours de maints délégués, de tous courants, sont ceux de frères qui vont se séparer sans cesser d’être frères et qui espèrent se retrouver un jour, Frossard, pressentant les confrontations à venir, dit son émotion « à la pensée que ce grand Parti va sans doute se briser et que nous allons demain nous dresser les uns contre les autres, non pas, je le crains, dans l’état d’esprit que nous demandait hier notre camarade Blum, mais l’injure aux lèvres et peut-être le poing tendu ».

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Ce discours prémonitoire des lendemains du socialisme en France l’était aussi quant à l’avenir politique de son auteur. Si Frossard, secrétaire général de la SFIO fut maintenu tout naturellement à son poste le 4 janvier 1921 par la majorité devenue le Parti socialiste SFIC (Section française de l’Internationale communiste ; le nom Parti communiste n’étant adopté que plus tard), ce ne fut que pour une brève période de deux ans. On sait avec quel éclectisme et avec quelle distance à l’égard de la lettre des « vingt et une conditions » de Moscou, Frossard avait rejoint la IIIe Internationale. Celle-ci allait exiger l’abandon de cette attitude équivoque et un alignement sans réserve sur ses positions. Les instances de l’Internationale se préoccupaient sans relâche de la situation du Parti communiste de France. Elles multipliaient les rappels à l’ordre à son adresse. À plusieurs reprises, Frossard que le premier congrès du Parti communiste à Marseille (26-31 décembre 1921) a maintenu au secrétariat général, est invité à comparaître à Moscou, ce qu’il fit, en compagnie de Cachin, pour assister à l’Exécutif élargi de l’Internationale en juin 1922. Il se soumit à ses décisions malgré l’opposition d’une majorité du Parti communiste de France à la tactique du « front unique » (une importante minorité, surtout à la gauche du parti, y étant cependant favorable). Mais, au second congrès du Parti tenu à Paris (15-19 octobre 1922), Frossard refusa d’obtempérer aux ordres de l’Internationale communiste de s’unir, contre la droite du Parti, à la gauche (Souvarine, Rosmer) et de donner à cette dernière sa place dans la direction du Parti. Il avait pourtant signé le texte de Souvarine pour le congrès, mais écarta ce dernier et son courant du Comité directeur. Frossard l’emporta sans majorité absolue (42 % des mandats contre 38 % à la gauche), et le congrès du PC fit appel au congrès de l’Internationale communiste pour démêler le conflit. Le congrès réuni à Moscou demanda au Parti français de rejeter les éléments non révolutionnaires. Le 16 décembre, Frossard vota en faveur des mesures adoptées à Moscou. Puis, le 1er janvier 1923, il donna sa démission du secrétariat général du Parti et du Parti lui-même.

Frossard rejoignit démissionnaires et exclus du Parti communiste groupés dans un fantomatique Parti communiste unitaire, puis en avril 1923 dans le Parti socialiste-communiste. Dès le printemps de 1924, il tenta sa chance aux élections législatives, loin des positions de classe. Alors que le Parti communiste sous l’étiquette du Bloc ouvrier et paysan combattait, sans merci, et le Bloc national, majorité sortante de droite, et le Cartel des Gauches, future majorité de radicaux et de socialistes, Frossard figura, sous l’étiquette « communiste », sur la liste bigarrée du « Cartel des Gauches et des intérêts de la banlieue » menée, dans la 4e circonscription de la Seine, par Pierre Laval. Sur une moyenne de liste de 92 918 voix, il en rassembla 91 382 et ne fut pas élu.

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Le mouvement socialiste-communiste ne fut pour Frossard qu’un lien de transit sur le chemin du retour vers la SFIO qui lui promettait un autre avenir politique. Il adhéra de nouveau à la SFIO en juin 1924. Le 5 décembre 1925, avec quelques-uns des chefs de file du Parti socialiste, Frossard lança La Nouvelle Revue socialiste qu’il allait diriger, avec Jean Longuet, jusqu’à la fin de 1930. Sa rentrée dans la « vieille maison » s’opérait ainsi en douceur et assez tôt pour lui permettre de porter les couleurs du Parti socialiste aux élections législatives de 1928. Dans la 2e circonscription de la Martinique, il conquit un siège de député, au 1er tour de scrutin, avec 10 430 voix. Servi par son éloquence, il se tailla tout de suite une place en vue au sein du groupe parlementaire socialiste et à la tribune du parlement. Aux élections législatives de 1932, Frossard abandonna sa lointaine circonscription des Antilles pour la 1re circonscription de Lure (Haute-Saône), rendue vacante par le mauvais état de santé du député socialiste sortant Charles Cotin. Sur 16 483 inscrits et 13 393 votants, il recueillit 4 416 voix contre 7 282 à deux candidats radicaux indépendants et deux radicaux-socialistes, et 282 voix au candidat communiste. Frossard enleva le siège au ballottage par 6 999 suffrages contre 6 597 au radical indépendant Doz. Cette même année 1932, consolidant son implantation locale, il devint maire de la petite cité ouvrière de Ronchamp. Il devait le rester jusqu’à sa mort et y être élu au conseil général en 1937, en dépit des remous qui vont à nouveau agiter sa vie politique.

Dans La Nouvelle Revue socialiste, ménageant les transitions, Frossard avait gardé d’abord des positions de « gauche » et des ferveurs unitaires. Élu, il ne tarda pas à évoluer vers la droite la plus réformiste de la SFIO et à défendre, aux côtés de Renaudel, la nécessité de la « participation » ministérielle des socialistes dans les gouvernements de gauche. Mais, est-ce pudeur après tant de détours politiques ? Est-ce habileté ? Quand, en 1933, ce problème de la « participation » conduisit à la scission dite « néo-socialiste », Frossard ne suivit pas dans la dissidence ceux dont il partageait pourtant les vues. Il s’en expliqua dans l’hebdomadaire Marianne. Reprenant une idée avancée par lui au congrès de Tours, il écrivait : « Le socialisme n’est pour moi ni un dogme, ni une mode », renvoyant dos à dos « les prophètes de l’Ancien Testament et les Apôtres du Nouveau ». Il faut dire aussi que les relents de nationalisme et d’autoritarisme qui se dégageaient des discours des Déat et des Marquet pouvaient rebuter le démocrate attaché au régime parlementaire qu’il n’avait pas cessé d’être en s’éloignant du socialisme de sa jeunesse. Frossard rejoignit pourtant plus tard Déat au sein de l’USR.

Frossard ne devait pourtant pas longtemps camper loin d’un pouvoir qui le fascinait, dont il se jugeait digne, qu’il pensait être efficace et qu’à chaque crise ministérielle on lui offrait. Le 1er juin 1935, se plaçant hors du Parti socialiste, il accepta le ministère du Travail dans le cabinet mort-né d’un autre transfuge du socialisme, Fernand Bouisson et il conserva son portefeuille sous la direction de Pierre Laval, d’abord jusqu’au 4 juin 1936. C’est comme « socialiste indépendant » et étant ministre qu’il sera réélu aux élections législatives de 1936 à Lure, au premier tour de scrutin par 7 323 voix sur 16 416 inscrits contre le modéré Racenet (3 417 voix), le socialiste SFIO Malblanc (1859) et le communiste Vaillandet (751). Évoquant, dans sa profession de foi, « le feu croisé de reproches et d’invectives » qu’il essuyait, il affirmait n’avoir « pas changé ». « Je me sens toujours fidèle à l’idéal qui a illuminé ma jeunesse » assurait-il. Il revendiquait à son actif, au ministère du Travail, les réformes des Assurances sociales et de la loi de 1898 sur les sociétés de secours mutuels, les décrets qui ont donné un statut à l’artisanat et l’abaissement de 55 à 50 ans de l’âge de la retraite pour les ouvriers mineurs. Frossard fut encore, en 1938, ministre d’État et de la Propagande, ministre des Travaux publics du 10 mars au 23 août, date à laquelle il démissionna parce qu’il refusait les assouplissements de la loi des « 40 heures ». En 1940, il fut ministre de l’Information puis des Travaux publics et Transmissions, du 21 mars au 10 juillet.

Ce 10 juillet 1940, à l’Assemblée nationale de Vichy, Frossard vota l’octroi des pleins pouvoirs constituants au Maréchal Pétain qui, bientôt, l’appela à siéger au Conseil national de l’État français. Son mandat de maire fut renouvelé le 15 janvier 1941. Il ne devait guère survivre à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50881, notice FROSSARD Oscar, Louis [dit L.-O. FROSSARD, dit Ludovic-Oscar FROSSARD] par Justinien Raymond, notice revue par Julien Chuzeville, version mise en ligne le 18 juillet 2009, dernière modification le 4 novembre 2018.

Par Justinien Raymond, notice revue par Julien Chuzeville

Encyclopédie socialiste
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SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Photocopie de l’acte de naissance, Foussemagne. — J. Jolly, Dictionnaire des parlementaires. — H. Perrin, Souvenirs, ouvrage dactylographié déposé à la Bourse du Travail de Besançon, n° 26. — G. Lachapelle, Les Élections législatives de 1919, 1924, 1928, 1932 et 1936. — Le Congrès de Tours, édition critique, op. cit. — La Nouvelle Revue socialiste, passim. — J. Humbert-Droz, L’œil de Moscou à Paris (1922-1924), Paris, Julliard, coll. Archives et Archives, t. I et II, Dordrecht, 1970, 1983. — Mülhauser Volkszeitung (1904-1915) : Bibl. mun. de Mulhouse, P. 80028. — Enquête à la mairie de Ronchamp. — Romain Ducoulombier, Camarades ! La naissance du Parti communiste français, Perrin, 2010. — Francis Peroz, De Jaurès à Pétain. Itinéraires de L.-O. Frossard, Université de technologie de Belfort-Montbéliard, 2012. — Julien Chuzeville, Un Court moment révolutionnaire, la création du Parti communiste en France, Libertalia, 2017.

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