CASANOVA Danielle [CASANOVA Vincentella née PÉRINI Vincentella, dite]. [version DBK]

Par Claude Pennetier

Née le 9 janvier 1909 à Ajaccio (Corse), morte en déportation le 10 mai 1943 à Auschwitz (Allemagne) ; chirurgien-dentiste ; militante communiste ; secrétaire générale de l’Union des Jeunes filles de France créée en 1936 ; membre du Comité exécutif de l’ICJ ; travaille pour l’OMS.

Danielle Casanova.
Danielle Casanova.

Vincentella Périni, fille d’un instituteur, naquit dans une famille « républicaine » d’Ajaccio, par la suite sympathisante du PCF. Étudiante à l’École dentaire de Paris, Vincentella Périni milita à l’Union fédérale des étudiants. En octobre 1928, Victor Michaut* reçut son adhésion aux Jeunesses communistes. En 1931, elle était membre du bureau régional de la région parisienne des JC. De décembre 1931 à mars 1933, elle travailla dans l’appareil illégal de la jeunesse avec Raymond Guyot* avant l’arrestation de ce dernier en juin 1932.

Vincentella, qui se faisait appeler Danielle, fit la connaissance dans les cercles d’étudiants corses d’un étudiant en droit, Laurent Casanova*, qu’elle entraîna au Parti communiste. Ils se marièrent le 12 décembre 1933 à Paris (VIIe arr.) 1933.

Formée à l’École de la Jeunesse communiste, Danielle fut élue au comité central des JC à l’issue du 7e congrès, tenu à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais) du 11 au 15 juin 1932 et élue au bureau lors du congrès extraordinaire d’Ivry-sur-Seine en février 1934. En octobre 1935, rattachée au bureau de la Fédération des JC, chargée du travail colonial à la section spécialisée du Parti, elle participait à la rubrique coloniale de l’Avant-Garde.
En septembre-octobre 1935, elle fit partie, de la délégation française qui se rendit en URSS pour assister au VIe congrès de l’Internationale communiste des Jeunes : elle entra au Comité exécutif de l’ICJ.

Le 8e congrès des JC réuni à Marseille du 19 au 22 mars 1936, la désigna comme secrétaire des Jeunes filles, en lui donnant mandat de fonder l’Union des jeunes filles de France (UJFF). Le premier congrès eut lieu à Paris le 26 décembre 1936. Elle fut secrétaire générale, Claudine Chomat* secrétaire à l’organisation et Jeannette Vermeersch secrétaire à l’éducation. À la fin de l’année 1936, elle accompagna en Espagne un convoi de lait condensé destiné aux enfants. Danielle Casanova jouissait d’une grande autorité dans le mouvement de Jeunesse en raison de ses qualités naturelles, de son âge et peut-être de ses bonnes relations avec Maurice Thorez*, dont Laurent Casanova était devenu le secrétaire. Elle fut « l’âme » de la délégation française au congrès mondial de la Jeunesse pour la Paix, ouvert à Vassar College près de New York le 17 août 1938. Selon un rapport de Maurice Tréand* de 1938, elle travaillait alors pour l’OMS (département des liaisons internationales de l’IC), service clandestin du Komintern.
Lors de l’interdiction du Parti communiste en septembre 1939, Danielle Casanova quitta son domicile, se réfugia dans la clandestinité et fut, semble-t-il, responsable avec Victor Michaut* de la propagande politique dans l’armée. À partir d’octobre 1940, elle dirigea la mise en place des Comités féminins dans la région parisienne et la zone occupée. La police l’arrêta le 15 février 1942. Elle fut emprisonnée à la Santé puis à Romainville (Seine) fin août 1942, avant d’être déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943. Elle mourut du typhus le 10 mai 1943. Le Parti communiste français honora sa mémoire, en faisant d’elle une héroïne nationale célébrée le jour de la fête de Jeanne d’Arc.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50877, notice CASANOVA Danielle [CASANOVA Vincentella née PÉRINI Vincentella, dite]. [version DBK] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 18 juillet 2009, dernière modification le 14 décembre 2017.

Par Claude Pennetier

Danielle Casanova.
Danielle Casanova.
Danielle Casanova sous sa fausse identité de Garnier le 16 février 1942.
Danielle Casanova sous sa fausse identité de Garnier le 16 février 1942.

SOURCES : RGASPI, 495 27 1863, questionnaire10 septembre 1935 à Moscou et autobiographie sans date [fin 1935, début 1936] ; autobiographie de Laurent Casanova ; 495 10a 16, rapport Tréand. — Notice Danielle Casanova du DBMOF par Jean Maitron et Claude Pennetier. — Pierre Durand, Danielle Casanova l’indomptable, Messidor, 1990.

PHOTOGRAPHIES : Arch. PPo. GB 145 cliché du 16 février 1942.

Version imprimable Signaler un complément