CARESMEL André, Léon, Victor. Pseudonyme : MERLIN André. [version DBK]

Par Claude Pennetier

Né le 28 mai 1907 à Paris (VIe arr.), mort le 2 décembre 1975 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ; ajusteur dans la région parisienne, en particulier aux usines Renault ; dirigeant des Jeunesses communistes puis secrétaire de la Région communiste Paris-Nord ; élève à l’École léniniste internationale (ELI).

André Caresmel était le fils d’une mère célibataire, caissière dans un magasin. Après avoir reçu une instruction primaire il commença à travailler à treize ans comme apprenti ajusteur à la Compagnie des compteurs à gaz et électriques d’où il fut renvoyé au bout de trois mois pour une collecte en faveur de grévistes. Il fut ensuite employé dans de nombreuses entreprises, pratiquant divers métiers. En 1929-1930, il devint permanent et rédacteur à l’Humanité à la rubrique « Armée ». Il épousa le 14 septembre 1926 à Paris (XIIe arr.) Raymonde Lambert, née le 19 juillet 1909 à Paris, fille de Louis Lambert et Jeanne Darrieux, couturière, membre des JC et du PC, dont il eut une fille. Son père, vernisseur, avait été membre du PC dont il restait sympathisant et sa mère, femme de ménage à l’ambassade d’URSS, était aussi adhérente depuis 1924. Le couple eut une fille en mars 1927 et vint habiter dans le XIIe arr., au 123 rue Michel-Bizot.

André Caresmel, qui avait été arrêté le 9 janvier 1924 lors d’une manifestation de soutien à des révolutionnaires espagnols, adhéra cette année-là aux Jeunesses communistes. Il fut responsable de la cellule 719 de la 4e Entente puis devint secrétaire adjoint de section du Xe arr., secrétaire de rayon et enfin membre du comité exécutif et du bureau de la 4e Entente. Il entra au comité central et au bureau de la Fédération des JC. Il fut délégué aux divers congrès nationaux de son organisation.

Accusé d’avoir « outragé les agents de police » lors d’une interpellation, il fut envoyé au dépôt et condamné le 16 novembre 1925 à cinq mois de prison. Il fit la grève de la faim pendant son séjour à la Santé. Libéré le 3 février 1926, il accéda aux fonctions de secrétaire à la lutte économique de la 4e Entente des Jeunesses communistes et quelques mois plus tard entra au comité central des JC. Conformément aux consignes du Parti communiste, il refusa de payer son amende et subit une contrainte par corps ; la justice militaire prit le relais des tribunaux civils. Il fut emprisonné le 8 juin 1928 pour refus d’obéissance, transféré au Val-de-Grâce, puis à la prison du Cherche-Midi. Le conseil de guerre de Paris le condamna à six mois de prison en juillet 1928.

En 1930, André Caresmel entra en conflit avec la direction nationale des JC. Dans ses autobiographies, il expliquait qu’ayant rédigé une déclaration politique sur « la nécessité de mener la lutte sur les deux fronts », il fut victime de mesures d’organisation, à savoir sa « mise à la disposition du Parti » qui signifiait la suspension de fait de ses responsabilités dans l’organisation des Jeunesses. Il affirmait avoir été victime du « groupe » : « J’ai appris par la suite qu’en réalité jamais la direction du Parti n’avait discuté de la situation intérieure dans la Jeunesse communiste et que toutes les mesures avaient été arrêtées par le groupe. » Il entra donc, officiellement, au PC en 1930 et fut affecté dans le 3e rayon. On relève sa présence au congrès national de Paris (1119 mars 1932).

En 1932, alors qu’il était chômeur il suivit les cours de l’école par correspondance. Il était alors membre du syndicat unitaire du bâtiment.

Il remplaça Lepreux au secrétariat de la Région communiste Paris-Nord au début de l’année 1934 et conserva cette fonction jusqu’en mars 1935 tout en s’occupant de l’organisation des écoles régionales du Parti.

André Caresmel qui avait suivi, en février 1933, une école centrale du Parti fut envoyé à l’École léniniste internationale après avoir rédigé une autobiographie en mars 1935. Il résida à Moscou sous le pseudonyme d’André Merlin. Mais ayant reçu à son domicile parisien une convocation pour une période de réserve son séjour fut interrompu. Dans une note du 26 février 1936, André Marty proposa de le renvoyer en France pour lui éviter une condamnation tout en admonestant Caresmel pour n’avoir pas informé le Parti qu’il avait à faire cette période de réserve… et la direction du PC à laquelle il rappelait (« une fois de plus » !) qu’elle ne devait pas envoyer de camarades susceptibles d’être soumis à cette obligation.
Mobilisé en août 1939 puis libéré après juillet 1940, André Caresmel fut envoyé en zone libre. Il arriva à Marseille (Bouches-du-Rhône) avec des responsabilités régionales ou interrégionales fin juillet ou août 1940. Le 28 août 1940, il participa avec Raymond Barbé* et un représentant de la zone à la réunion qui essaya de trouver un accord avec Joseph Pastor qui animait un groupe communiste échappant à la direction « officielle ». Le bureau régional était infiltré par un indicateur de police. Sans doute apparaît-il dans les indications que celui-ci fournit sous le nom de Jean Cattanéo alias Maurice ou Georges, ancien membre du comité central de la JC. Si tel était le cas, il serait secrétaire régional, mais, au début janvier 1941, Raymond Latarget* ne serait pas satisfait de son travail et voudrait s’en débarrasser. Fernand Vigne* ayant dû quitter le Var à la suite d’arrestations, il fut projeté début février de l’y envoyer pour le remplacer. Le nom de Cattanéo disparaît ensuite des sources marseillaises et on ne connaît pas son militantisme après cette date.
Son épouse, Raymonde Caresmel, l’avait accompagné. Elle était l’un des agents de liaison de Raymond Barbé et fut arrêtée avec lui le 19 octobre 1940. Emprisonnée comme ses camarades femmes à la prison des Présentines à Marseille, elle fut condamnée à un an de prison par le tribunal militaire de la XVe région en mars 1941. Dans son rapport du 13 octobre 1941, le commissaire divisionnaire, chef des Renseignements généraux, notait que « son attitude, son sang froid et ses réticences ont démontré au magistrat instructeur et aux juges qu’ils étaient en présence d’une personne rompue au travail illégal » et qu’une assignation à résidence, ou un internement, s’imposait, car, une fois libérée, elle allait disparaître pour se mettre à la disposition du part communiste. Libérée le 21 octobre 1941, elle fut astreinte à résider à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) en vertu d’un arrêté pris la veille.

Est-ce le même Caresmel qui figure dans le compte rendu du secrétariat du PCF en date du 13 décembre 1948 : « Faire une enquête sur l’activité de Caresmel et de sa fille (Raymond Guyot). » ?

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50876, notice CARESMEL André, Léon, Victor. Pseudonyme : MERLIN André. [version DBK] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 18 juillet 2009, dernière modification le 28 janvier 2019.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 13M6III 11064 (ancienne cote) et 5 W 171 (dossier d’assignation à résidence de Raymonde Caresmel). — RGASPI, 495 270 663 : autobiographie du 16 mars 1931 ; Questionnaire au nom d’André Merlin et autobio. 22 mars 1935 ; Note d’A. Marty, février 1936. — Notice André Caresmel par Jean Maitron et Claude Pennetier dans le DBMOF.— Marcel-Pierre Bernard Les communistes dans la Résistance, Marseille et sa région, Université de Provence (Aix-Marseille I), thèse 3e cycle Histoire, 1982. — Marcel-Pierre Bernard, « Le PCF à Marseille : un parti en marge, août 1939-juillet 1941 », Jean-Pierre Azéma, Antoine Prost, Jean-Pierre Rioux,Les communistes français de Munich à Châteaubriand (1938-1941), Paris, Presses de Sciences Po, 1987. —Notes Jean-Marie Guillon.

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