CAPITAINE Thérèse [née REISBAUM Basi, dite Thérèse, puis dite Madeleine] [version DBK]

Par Claude Pennetier

Née le 10 novembre 1905 à Koviro (Lituanie), morte le 25 janvier 1989 au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) ; ouvrière métallurgiste en Belgique puis en France ; élève de l’École léniniste internationale ; déportée à Ravensbrück en avril 1944.

Fille d’un employé et d’une femme de ménage ayant six enfants, Basi Reisbaum, née dans une famille juive lituanienne, fut poussée vers les études par son père qui préférait « souffrir toutes les privations du monde pourvu que les enfants aillent à l’école ». Mais, en septième année, excellente élève, elle fut expulsée de l’école comme « élément nuisible ». Elle travailla dans une usine de savons puis licenciée, décida de partir en Belgique. Ses anciens professeurs lui demandèrent de passer ses examens en candidate libre et elle fut reçue avant de quitter la Lituanie en 1924. Elle suivit des cours à la faculté de chimie tout en travaillant dans la métallurgie. Ses professeurs lui obtinrent une bourse qui lui permit d’alterner études et travail ouvrier. Elle militait dans une organisation juive, la Kulturverein où elle rencontra des militants communistes. Son adhésion au Parti communiste belge en avril 1927 coïncida avec l’interruption de ses études. En 1929, elle fut élue au bureau de rayon de Liège. La police belge l’expulsa vers la France en mai 1930.

Thérèse Capitaine fut décolleteuse dans les usines de matériel téléphonique et épousa un militant, secrétaire de la cellule de Renault : son nom de Capitaine semble être celui de son mari. Militante communiste de la région parisienne, Thérèse Capitaine fut sélectionnée pour suivre les cours de l’École léniniste internationale de Moscou en 1931 sous le nom de Petit. Sa promotion comprenait six autres militants parisiens : Zellner, Gaston Dourdin*, Albert Dalmas, Jean Paumard*, Edgar Monceaux* et Auguste Gillot*. Elle fut jugée favorablement : « très intelligente », « a de grandes possibilités », « en raison de ce qu’elle connaît au moins trois langues (russe, français, allemand) pourrait peut-être faire un travail spécial ».

Après son retour, fin 1932, elle travailla jusqu’en avril 1933 en usine. Elle fut accusée d’avoir soutenu l’opposition trotskysante dans le rayon de Boulogne et d’avoir demandé le désistement de Jacques Duclos en faveur des socialistes. Mais le même rapport interne du 25 mai 1933 notait qu’elle se détachait de cette opposition.

Résistante, arrêtée, incarcérée à la prison centrale de Rennes, elle fut déportée à Ravensbrück en avril 1944, transférée ensuite au kommando d’Holleischen.

Restée militante communiste à Paris puis au Plessis-Robinson, elle reçut une médaille, en 1987, à l’ambassade de l’Union Soviétique lors d’une réception à l’occasion du 70e anniversaire de la Révolution d’Octobre, « en reconnaissance de sa contribution personnelle à la défense des conquêtes de la Révolution et à la fidélité de son amitié à l’Union soviétique ». Divorcée de Louis Capitaine en 1949, veuve de son second mari, Lucien Réta, titulaire d’une pension de victime civile de la guerre 1939-1945, elle percevait également la retraite du combattant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50875, notice CAPITAINE Thérèse [née REISBAUM Basi, dite Thérèse, puis dite Madeleine] [version DBK] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 18 juillet 2009, dernière modification le 25 septembre 2010.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 8467. — BMP, bobine 394. — D. Tartakowsky, Les premiers communistes français. Formation des cadres et bolchevisation, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1980, p. 202 note 46. — DBMOMS, notice Thérèse Capitaine par Lynda Khayat.

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