CALZAN Claude, Joseph [version DBK]

Par Michel Dreyfus

Né le 3 juillet 1876 à Bourg-en-Bresse (Ain), mort le 31 octobre 1959 à Clermont (Oise) ; professeur d’allemand à Lyon ; membre de la SFIO puis du PC ; chargé auprès de l’Internationale communiste du travail d’édition en 1925 et 1927.

Professeur certifié d’allemand, Claude Calzan adhéra à la SFIO en 1905 et fut secrétaire adjoint à la propagande de la Fédération socialiste du Rhône de 1905 à 1914. Ténor de la gauche socialiste pacifiste depuis 1915, il devint la cible préférée des nationalistes et fut même déplacé quelques mois en 1918 à Laval (Mayenne), en raison de son action contre la guerre.

En 1919, il semble avoir effectué un voyage clandestin en Russie soviétique. Il rallia le PC dès le congrès de Tours. Jusqu’en 1923, il fut responsable de l’agitation-propagande au comité régional du Rhône du PC. En 1922, il alla en Allemagne, et de septembre 1923 à janvier 1924, il fut à Berlin délégué du PC français auprès du PC allemand.

Le 5 janvier 1924, le bureau politique décida que Calzan remplacerait Boris Souvarine* à la direction des Éditions et du Bulletin communiste, décision qui devint effective le 13 mars quand Souvarine*fut délégué au Présidium de l’Internationale. Élu au comité central lors du 3e congrès du PC (Lyon, janvier 1924), Calzan entra au comité de rédaction de l’Humanité et durant le Ve congrès de l’IC, en assura la direction. Il fut également délégué par le PC à la conférence de Cologne tenue le 22 juin 1924.

Au début 1925, Calzan contrôlait éditions et presse du Parti. En relation directe avec l’Internationale, il recevait les textes à publier, avant même la direction du Parti. En janvier 1925, à la demande de l’Internationale, il créa et dirigea « un secrétariat d’agitation et de propagande ». Réélu au comité central (CC) lors du 4e congrès (Clichy, janvier 1925), il fut nommé le 2 juin par le bureau politique (BP) directeur des Éditions sociales internationales. Mais peu après, victime de surmenage intellectuel, il fut hospitalisé à Nice ; aussi ne fut-il pas réélu au CC lors du congrès suivant (Lille, juin 1926).

En janvier 1927, il reprit son activité à la tête des éditions du Parti et en mars, il devint gérant de L’Internationale communiste. Toutefois, accusé le 3 février de « travail fractionnel » dans une réunion du BP, il demanda à reprendre sa liberté ; une lettre du Présidium de l’Internationale, le 2 avril, lui maintint sa confiance à la tête des éditions. En juin, lors de la conférence nationale tenue à Saint-Denis, Calzan émit des critiques contre l’orientation de l’IC en Chine, contre la direction du parti français et réclama « pour les minorités le droit de s’exprimer librement ». Aussi vota-t-il contre la résolution politique. Il se proclama par la suite hostile à l’exclusion de Zinoviev* et de Trotsky* mais ne suivit pas Treint* dans son évolution. En raison de ses désaccords, il quitta, on ne sait à quelle date, la direction des éditions et de la presse communiste. De 1927 à 1929, il fut traducteur de la Correspondance syndicale internationale.

Calzan assista au 6e congrès du PC (Saint-Denis, 1929). Arrêté le 14 juillet 1929 sous l’inculpation de provocation de militaires à la désobéissance en tant que gérant de L’Internationale communiste, il fut condamné le 5 août à 2000 F d’amende et deux ans de prison qu’il fit jusqu’en juillet 1931. Pendant son séjour en prison, il travailla au contrôle de la presse régionale du Parti sous la direction d’André Marty.

Début 1932, il fut responsable de la vente de masse de la littérature communiste. Puis d’avril 1932 à août 1933, il fut rattaché au Secrétariat international de la CGTU : de mai 1932 à mars 1933, il fut nommé rédacteur à la Correspondance syndicale internationale à Berlin. Mais, étant considéré comme atteint de dérangement cérébral, il se vit retirer les fonctions qui lui avaient été confiées. De septembre 1933 à novembre 1934, il travailla à Moscou pour le Service des éditions classiques révolutionnaires en langue allemande et demanda alors son adhésion au PC russe. Rentré à Paris en novembre 1934, il n’obtint aucun poste malgré ses demandes auprès des dirigeants du PC et de la CGTU. Par la suite, il n’eut plus de responsabilités politiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50873, notice CALZAN Claude, Joseph [version DBK] par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 18 juillet 2009, dernière modification le 19 octobre 2010.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : RGASPI, 495 270 6586 : questionnaires du 3 septembre 1933 et de janvier 1937, consultés par Cl. Pennetier, reportés par R. Lemarquis. — Notice par J. Girault, J. Maitron et M. Moissonnier, DBMOF, t. 21.

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